SCÈNE Xï
BLONDEAU, seul.
M'en voilà débarrassé! Fermons la porte. ( Il ferme la porte du fond. ) Je ne connais personne qui ressemble au pâté de Strasbourg comme ma belle-mère. Quelle créature indigeste' ça ne passera jamais... Je ne sais si c'est la croule qui fait cet effet là; mais ca se promène dans mon intérieur... cnfia c'est égal. Je suis seul. . . je suis libre... entrons! ( // l'a pour entrer dans la chambre. ) C'est singulier! mon cœur biit d'une force. . .
AIR : Comme il m'aimait!
Je n'ose pas ! {Bis.)
Qui peut ainsi troubler inon Ame En ce moment si plein (Jappas?
Je n'ose pas! je n'ose pas!
Non , malgré l'ardeur qui m'enflâme , J'ai beau rae dire. . • c'est raa femme. . . Je n'ose pas ! ( 4 fois. )
Voilà pourtant ce que c'est que d'avoir toujours dlé sage; car j'ai toujours été sage, . . je n'ai pas voulu abuser des avantages que la nature m'a départis. Je ne me suis permis qu'une connaissance , une seule connaissance , la petite Agathe! une jeune ouvrière, chez laquelle j'allais avant mon mariage... c'est elle qui me raccommodait! Augustine n'en sait rien... elle l'ignorera toujours. Oh! c'est que j'étais plus hardi avec Agathe.. . j'étais même audacieux... je lui ai plusieurs fois serré la main... je crois même
3u'un jour je l'ai embrassée. . . sur la joue. J'ai eu le front e l'embrasser sur la joue. Encore elle a prétendu que je la piquais avec ma barbe. O fenirae! femme! tu n es qu'un charmant labyrinthe. . . Mais je vous demande à quoi je vais penser. . . je me laisse entraîner par mes souvenirs... Au fait, puisque je suis ici, je peux toujours commencer... Otons d'abor^ mes bottes, c'est le plus épineux... Oui, mais je n'ai point de tire-botlcs. . . Comment diable sortir de là? Voyons. . . essaj-ous avec une chaise. . . ( Il prend une chaise et essaie à tirer une botte. — On entend frapper. ) 11 me semble qu'on a frappé à la porte de la rue. . . Oh! non. . . qu'est-ce qui viendrait à présent?. . . ( // continue à tirer sa botte. ) Ah! ça vient! ça vienf !. , . En voilà déjà la moitié d'une. . . Ouf! je suis en nage ! . . .