‹ La plus belle nuit de la vie; comédie-vaudeville en un acteChapitre 14 sur 28 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

BLONDEAU, ensuite DURAND et VALBERT.

DURAND , €71 dehors et frappant à la porte du fond. Monsieur Bloudeau! monsieur Blondenu!

BLONDEAU

Ah! mon dieu! qu'est-ce qu'il y a?

' 07 ) DURAND

Etes-vous couchii?

BLONDEAU

Oui, je dors!

DURAND

C'est qu'il arrive un evënemeut. . .

BLONDEAU

Va t-eu au diable!

DURAND

Ouvrez-moi donc la porte !

Ce Durand m*est odieux ! il saisit toutes les occasions de. me nuire. Cependant je réfléchis qu'il pourra m'aider à ôler mes hottes.

( Tl va lui otiurir en sautant sur une jnmhe. )

DURAND, entrant. »

Monsieur, je vous rimèue un ofiicier qui a un billet de logeuient en votre faveur. ( d lui remet le billet. )

BLONDEAU

En ma faveur?

VALBERT , entrant *, C'est moi , mon cher, me voilîi.

BLONDEAU, à part.

Encore le hussard ! le même hussard ! . . . ^ JJcut , lisant le billet.^ « Le sous-iieutenant Valbert et son hussard. . . »

VALBERT

Pardon, si je vous dérange de nouveau... J'ai Ironvé h la Mairie le maire on l'adjoint, je ne sais pas au juste, un hornme fort complaisuut qui ue >ouluit me loger nulle part; mais quand il a su que j'étais votre ami, u vous a donné la préférence, c'est tout naturel.

BLONDEAU, â part.

Elle est jolie la préférence ! ( ffaut. ) C'est qu'en vérité , Monsieur , je ne sais moi-même oîi vous placer... h moins que Durand ne vous cède sa chambre pour cette nuit.

DURAND

Eh bien î et moi , où voulez-vous que je couchasse ?

* Duruud, Vall ert , Klomlcau.

(23) BLONDEAU

Toi!... Il y a en bas, sous l'escalier, ane espèce de renroncement... C'est fortgenlil!

DURAND

Vous n'y pensez pas, Monsieur. .. Sous votre respect, c'est là que couchait Turc ^ <]iii était votre chien tle son vivant.

BLONDEAU

Tu dois te rappeler qu'il s'y trouvait très-Lien.

DURAND

Monsieur , un homme de ma sorte ne peut pas se nicher dans l'endroit d'un animal.

BLONDEAU

Ponr une nuit seulement.

DURAND

Non, Monsieur, ce serait de'roger. . . ( A Valhert. ) Figurez vous , monsieur l hussard , que je descends d'une nnciennc famille de Normandie, les Durand... Mon bisaïeul s'appelait de Hurand... Moi je n'ai conserve' que l'apostrophe... Enfin, une famille très^cossue qui a été l'objet de la vicissitude . . .

BLONDEAU, (jui s'est assi's sur un fauteuil à gauche. Sois tranquille , Durand , je t'iudemuiserai.

DURAND

C'est difierent. Ma naissance me permet les indemnités.

Ainsi, tu vas conduire Monsieur dans ta chambre... Mais auparavant, aide-moi à ôler le reste de ma botte.

DURAND, allant à iHondeau.

Âh! pour ça, c'est un service d'ami.

( // essaie de tirer les bottes. )

VALBERT

Ma foi , ce nest pas malheureux de vous trouver encore débouta i'iieure qu'il est. Je me disais, ce cher monsieur Blondeau s'est marié au jour J hui ... il se couchera (Je bonne iieure. . . je vais le déranger. . . c'est dommage ! parce que l'hymen... Dieu! l'hymen!... C'est une si belle ciiose que le mariage !

DURAND , tirant toujours la hotte.

C*est fièrement rude î

( // ôte la botte et du chercher , au fond , des panloiifflcs qu*il donne à Blondeau , qui reste avec une botte et une pàn~ toujle. )

VALBERT

Et, franchement, ça ne m'arrangeait pas trop. Quand on a fait quatre à cinq lieues à cheval sans rien prendre ^ vous sentez qu'on est bien aise. . .

BLONDEAU, à part.

Est-ce qu'il va me demander à manger à pre'sent?

VALBERT

Je ne suis pas difficile, ce que vous aurez. . . la moindre chose. . . une aile de poulet, une salade^ une bouteille de vin. . .

BLONDEAU, Se levant *.

Mon officier, ce serait avec plaisir. . . mais voyea-vous , la volaille est très-rare... cependant il reste encore là quelques biscuits à la cuiller. . .

VALBF.RT , allant au buffet.

Que vois-je*^ du punch ! et vous ne me le disiez pas. . . Dieu! du punch! c'est mon clcment. Au régiment nous en taisions tons les jours... le soir pour nous rafraîchir... avec du rhum ou de l'eau de vie, je ne sais pas au juste. ( Il se verse du punch.) Je vous donnerai la recelte.

( Jl boit. ) DURAND , à part.

11 a l'uir d'un drôle de chrétien, l'hussard.

VALBERT , après auoir bu.

"Vou» appelez ça du punch, à Parthenay ?. . . C'est du vrai sirop. . . c'est bon pour les dames. Est-ce que nous ne trinquons pas ensemble, hein, cher ami?

BLONDEAU, à part.

Ce hussard est d'une fauiiliaaité. . . ( Haut. ) Merci , j'ai déjà fait des excès aujourd hui . . . D'ailleurs, il est fort tard , et je crois qu'il vaudrait mieux. . . Ah !.. .

( // baille. )

Vulherl, Blonde lU , Durant

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