SCÈNE XIII
BLONDEAU, seul.
J'ai cru qu'ils ne s'en iraient jamais... C'est bien fait, pourquoi ai-je eu peur? pourquoi n'ai-je pas ose?.. . Mais c'est bon pour une fois. . . maintenant je me sens une re'— solution ... ( // fouille dans la poche de son habit. ) Je suis si troublé. . . ( Une lettre tombe de sa poche.) Qu'est-ce (jui tombe de ma poche?. . . Ah! c'est la lettre que Durand m'a remise... (7/ la ramasse.) Très - pressé... Sans doute quelque créancier. . . {Il Foudre et Ut.) « Mon cher ami...» ( Cherchant des yeux. ) Point de signature. . . C'est un iimi anonyme. ( Il lit.) a Mon cher ami, s'il en est temps en- » core , je t'invite à rompre le fatal hymen qui va l'unir à » mademoiselle Dutonr ! ... » Que signifie ce langage dubi-
tîtlîf? « J'ai entendu parler d'nne intrlgne antérieure. . . Il » paraît que pendant son séjour à Nantes, un ieune ofTi- » cier , qu'on nomme , je crois , Yalbert , , . Enfin , tu dois
» me comprendre Si ton mari.ige est terminé, brûle
» ma lettre , et sois philosophe. » Qu'ai-je lu?... Le feu me monte au visage... Je sens mes veines se gonfler de jalousie.. . ( // inarclw avec agitation. ) Elle en a connu un autre antérieurement... Tout s'explique... L'arrivée de ce hussard. . ^ l'évanouissement d'Augusfine. . . ce billet de logement. . . C'est une affreuse trahison ! El la belle-mère qui me vantait rinnocence de sa fille! Vieille furie! vieille Proserpine!.. . Ils conspiraient tous contre moi. Et ce Val-
bert, cet infâme Yalbert, 'lui vient jusques chez moi
avec la permission de M. le maire. . . Mariez- vous donc à la Mairie.. . Le désespoir me rend stupide. . . il me semble que j'ai envie de rire. . . Que vois -je?. . . Augustine ! . . . Quel calme daus son attitude ! . , . Odieuse vipère ! . . .