‹ La plus belle nuit de la vie; comédie-vaudeville en un acteChapitre 22 sur 28 · SCENE XVII · texte numérisé non relu

SCENE XVII

AUGUSTINE , U^" DUTOUR , DURAND , portant un bougeoir *.

Hjiue DXTTOUR.

Ail ! te voilà, tu es levée; tu as bien fait. . . J*ai entendu le tapage, il y a du trouble dans la ville, et j'accours pour te rassurer. . . Blondean est parti , je m'en doutais , et c'est ce qui me donne de l'inquiétude j je le connais , il est capable de faire rafr.iîchir toute la compagnie.

■DURAND

Le fidt est. Madame, que quand on ne peut pas dormir, on n'est pas fâché d'avoir on petit verre de quette chose...

jjnie DUTOUR.

Taisez-vous , Durand ; vous dites cela , parce que je viens de vous trouver à boire à la cuisine. . . Aujourd'hui la maison est au pillage... Et maintenant, voilà que vous dormez tout de bout.

DURAND

C'est plus fort que moi. . . je suis impuissant à me reteuir. . .

( // baille , et va se jeter dans un fauteuil , oh il s'endort. )

Mme DUTOtTR , à Augustine.

Allons, ne te tourmente pas, ma fille; je vais te tenir compagnie jusqu'au retoar de ton mari.

AUOUSTINB, à part.

Quel embarras !

M™* DUTOUR

Il ne faut pas te gêner pour moi , tu peux te coucher ; je travaillerai prcs de ton lit.

* Durand, madame Dulour, Augustin^.

AUGUSTINE , vivement.

Non, maman, c'est inutile * cela vous fatiguera.

jjmo DXJTOUR.

Mais qu'as -tu donc, Augustine, lu as l'air inquiet... agite' ?

AUGUSTINK.

Non , maman , non; Je n'ai rien , je vous assure.

M™^ DUTOUR

Tu me trompes. . . Je parierais que tu as de'jà à te plaindre de mon mari?

AUGUSTINE

Eh bien ! oui , maman ; je ne voulais pas vous le dire. . . mais je crois que c'est cela. Ah' si vous connaissiez sa conduite; ses proce'de's sont affreux.. . C'est au point que j'avais l'intention de ne pas l'attendre , et d'aller chercher un refuge auprès de vous , cette nuit. {J part. ) H n'y a que ce moyen pour m'en débarrasser.

l/UTOUR.

Comme tu voudras, mon enfant; tu seras toujours la bien-venue. . . Pauvre Augustine ! si j'allais être oblige'e de te reprendre avec moi; par exemple ton mari te ferait une pension... on pourrait l'y contraindre devant les tribunaux... Mais viens toujours chez moi jusqu'à demain... Je parlerai à Blondeau,et si tout sentiment d'honneur n'est pas éteint dans son âme^ . .

AUGUSTINE

Partons , maman, partons tout de suite.. . ( À pa»-!. ) Je saurai bien lui échapper tout-à-l'heure , et revenir délivrer Valbert.

jjme DUTOUR , qui a vris le flambeau qui était sur la table.

£h bien! vieus-tur

( Elle souffle le bougeoir de Durand. )

AUGUSTINE

Oui, maman Est ce que vous le laissez sans lumière ?

jltne DUTOUR.

Il n'en a pas besoin pour dormir. . . d'ailleurs il connaît Jes êtres.

( Elles sortent par le fond, en fermant la porte un peu fort.)

( 4o ) SCEIVE XVIll.

DURAND , se rc'ueillant. — Il fait nuit.

Qu'est-ce (ju'il y a pour voire service?... Ali! que je suis bête, c'est le bruit de la porte; ces daines sont rentre'es.. . th bieu! elles m'ont soufflé mon luminaire, à pre'sent.. . Je reconnais bien là cette veuve Dulour. . . une femme sans instruction, qui n'a p<is la moindre égard pour un bonnne comme moi. . . . Dieu ! que je suis Ins d'être aux ordres de tout un chacun; je sens que j'étais né pour avoir onze mille livres de rentes. . . J'ai tous les goûts de la fortune, et que je saurais m'en fiiire honneur , encore.

Air du Verte,

Je resterais long-teraps au lit ,

Jk frais la grasse matinée!

Après avoir dormi la nuit ,

Je me r'pos'rais tout' la journé»!.

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