‹ La plus belle nuit de la vie; comédie-vaudeville en un acteChapitre 7 sur 28 · LES MÊMES , AUGUSTINE · texte numérisé non relu

LES MÊMES , AUGUSTINE

AUOrSTINK *.

Ail! vous voilà, Monsieur, c'est fort heureux... Vous êtes d'une galanterie charmante! vous savez que je suis là, seule , au milieu d'un monde scrutateur , et je vous trouve à boire du punch.

jjma DUTOUR.

Elle a raison. Mon gendre , c'est fort mal. . .

BLONDEAU

Pardon, mille pardons, Mademuisclle. . .

M"* DUTOUR

Toujours Mademoiselle. . . . On dirait que vous le fuites exprès , Blondeau.

BLONDEAU

C'est plus fort que moi. . . l'autre mol ne me vient pas. Et puis , je ne sais pas si ça ferait plaisir h Âugustine. . . Ça

^ Blondeau, Augustiue, madame Dutour.

ne vous fera-t il rien , Augusline, que je vous appelle ma femme? *

AIGUSTITÎE.-

Mais , Monsieur , pnisqo'il le fant. • BLONDEAU.

Eh bien ! ma femme , ma petite femme , je vais dire pourquoi je prenais un verre de punch.. . J'ignore si c'est l'effet ^u bonheur, mais j'ai lu, un poids sur resloiuac. .

jyjme DUTOrB.

Ça ne m't'lonne pas J*ai remarque' qu'à table, vous

donniez sur tons les mets avec une avidité... surtout sur le pâté qu'on vous a oiivo}é de Strasbourg. . . Un pâté magnifique, qui aurait dû vous faire toute la semaine; et c'est à peine s'il en reste.

BLONDEAU

Vous m'en avez redemandé trois fois, belle-maman.

Bime DUTOrR.

Moi , c'est indiflférent. Un jour comme celui-ci , je mangeais par contenance, pour cacher ida douleur.

BLONDEATJ.

Il paraît que vous avez bien du chagrin?

jjjine DUTODR.

Mais un marié, c'est tr(>s-mauvais genre. .. Surtout du pâle...

AUGUSTINE

Ah ! oui . . . c'est affreux !

BLONDEAU

Chère Augustine !

AUGUSTINE

Laissez-moi , Monsieur ; il me prend des envies de pleurer.

M™* DUTOUR

Calme -foi , mon enfant. . . et prends garde de chiffonner ta robe. . . Est-ce que lu ne t'es pas un peu amusée?

AUGUSTINE

Si fait, maman.... Au contraire, j'ai beaucoup dansé; mais cela ne répond pas h l'idée que je me fiiisnis du mariage. Ah! je \ons l'avoue, je m'attendais à des émotions plus vives.

BLONDEAU

Des émotions , Augustine. . . iMoi , je n'en connais pis de

plus fortes, que celles tjue je puise dans vos rrgnrds, et à moins que les chouans ne viennent nous enlever avec toute

la noce ( On entend sonner de la trompette en dehors. )

Ah ! mon dieu , qu'est-ce que c'est que ça?

M™* DUTOUR , qui n ouvert la fenêtre.

Rassurer- vous , c'est uu régiment de cavalerie. . . On ne Taltendait que demaio , mais il p.iraît qu'on Ta fait venir à marches forcées.

BLONDEAU

De la cavalerie. . . Des dragons ?

M™* DUTODR.

Non , des hussards. *

( Elle referme la fenêtre ^ et vient se placer entre Blondeau et Augustine. ) AUGUSTINE, vitfement.

Des hussards \

BLONDEAl'.

Eli bien! qu'avez- vous?. . . Ne craignez rien, on ne se battra pas dans la ville. . . Vous vouliez des émotions, en

voilà une.

M"* DUTOUR

Elle est si sensible!

BLOyDEAU.

Qualité précieuse, qui relève encore les grâces de la nature.

M™' pUTOUPi.

Mon gendre , est-il Lien tard?

BLONDEAU

Près de minuit , belle-maman.

m"* DUTOUR.

Minuit, il est temps de nous retirer Je vais mener

Augustiue dans sa chambre.

AUGUSTINE

O ciel! que dites-vous?

BLONDBAU.

Vous voyez bien que ça la contrarie Elle voudrait

peut-être encore diinser la boulangère.. . . Laissez-lui danser la boulangère.

M°* DUTOUR

BItmdeau , VOUS êtes un singulier houiuie... Ma fîlle a sufHsamment dansé i profitons du uiouieatoù nous soniiues

seuls; loul-à-l'heure on ne voudra plus la laisser pnrlîr.. .- Avez - vous l'envie que tout ce monile là reste Ici jusqu'au^

jour? Le sirop, les gAfeanx , la lumière, tout y va Je.

vous en préviens. . . Allons, ma fille , sois raisonnable-

AUGTJSTINE.

Qcel affreux moment!

M™* DL'TOUR, la prenant à part.

Tu sais que Blondeau est un garçon très-doux , Irèsr, complaisaot. . .

AtJGUSTINE.

Je suis prête à vous suivre.

jjme DUTOTJR.

Elle y consent , mon gendre. Nous partons î

( Elles se dirigent du côté de la chambre nuptiale. ) BLONDEAU.

Elle y consent! Vous y consentez, Aogustine?

AUGUSTINE

Mais , Monsieur, puisqu'il le f.iut. . .

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