ACTE IV, SCÈNE 11 2 I f
MADAME NERVAL
Oui. J'ai entendu Lebrun, Nerval, faire un crime à M""" de Maucombe de ce séjour chez ton ami... Je suis sans doute sotte... ou trop vieux jeu... Mais parce qu'une femme abandonnée, désolée, s'abrite chez un honnête homme... je ne conclus pas nécessairement au mal... Du reste... elle n'y habite plus. (Mouvement de Jacques.) Tu ne le savais pas? Tu vois, tu me fais trop parler! Angélique sera mécontente.
JACQUES, pressant.
Mais tu ne comprends donc pas, mère, que ces quelques mots que tu as laissé échapper déjà, ils me raniment, ils me redonnent un peu d'espoir... Ils sont ma seule chance de vie... entends-tu? de vie!...
MADAME NERVAL
Tais-toi... Tais-toi! Je ne veux que ta guérison, que ta santé. Tout le reste m'est égal... Ah! reprends ton existence irrégulière, séparée de moi, comme avant; mais sois bien portant, heureux... Oh! mon petit chéri... Qu'est-ce que
2l6 LA PLUS FAIBLE
j'étais en train de te dire, qui te faisait du bien? Ah! que M'"° de Maucombe n'habite plus chez Gourd... Écoute : Angélique, en partant pour la Chevrière, avait chargé ton père de surveiller un peu cette dame... Elle craignait qu'elle ne fît quelque scandale... Eh bien! il paraît qu'elle vit convenablement dans une petite pension de famille d'Auteuil.
JACQUES
Et Gourd?
MADAME NERVAL
Gourd va lui rendre visite deux ou trois fois par semaine. Mais ils ne se voient que dans le salon de la pension. Nerval s'est même renseigné là-dessus! Tu sais comme il est curieux!
JACQUES, après un silence.
Mère, toi qui as la conscience droite, toi qui as un bon cœur, comment juges-tu la conduite d'Angélique ?
MADAME NERVAL, geste d'indécision.
Angélique me dit : « Je ne suppose pas que tu prétendes défendre cette femme ? Si Jacques