ACTE IV, SCÈNE IT 2I
souhaitait qu'on la respecte, il n'avait qu'à la faire divorcer et à Fépouser, puisque son mari l'a abandonnée... » Et que veux-tu, mon pauvre enfant?... Angélique a raison...
JACQUES
C'est vrai... je suis un malheureux. Je n'ai pas su défendre la femme que j'aimais. Ce qui est arrivé est arrivé par ma faute... Maintenant j'ai bien peur qu'il soit trop tard pour réparer le mal. Ni Germaine ni Gourd ne me pardonneront.
MADAME NERVAL
M'""" de Maucombe te pardonnera dès qu'elle te reverra, cela ne fait pas de doute. Gourd, c'est moins sûr. Il est bon, mais il est têtu. Ne peux-tu te rencontrer, t'expliquer avec lui?
JACQUES
Mais je ne suis venu à Paris que pour cela! Je lui ai écrit hier en même temps qu'à toi. Là-bas je ne vivais plus. Je sentais ma raison m'échapper par moments. Alors, brusquement, j'ai pris un parti; j'ai avisé Gourd que je serais chez moi
2l8 LA PLUS FAIBLE
ce matin. Je veux lui parler. Il demeure trop de choses inexplicables dans sa conduite avec Germaine et avec moi...
(Gourd est entré sur ces derniers mots et s'arrête sur le seuil de la po;te. Madame Nerval le voit, et, sur le signe qu'elle fait, Jacques se retourne ; il aperçoit Gourd à son tour. — Instant de silence.)