‹ La plus faible; comédie en quatre actes, en proseChapitre 102 sur 112 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les Mêmes, GOURD

GOURD, entrant. Il jette une clé sur le bureau de Jacques.

Tiens, voilà ta clé que le concierge m'a confiée. Ça le fatiguait de monter tes trois étages, et il me considère toujours comme de la maison,

lui. (Il va à madame Nerval.) BonjOUF, madame. (HUe lui

tend la main.) Vous n'hésitez pas à Serrer cette main

déloyale ? (Madame Nerval sourit. Gourd se tourne vers Jacques.)

Et toi? Tu n'as pas l'air bien brillant, mais tout de même, je suppose, ta cervelle est moins détraquée qu'il y a trois semaines... Est-ce que tu vas me faire la mine encore? Je te préviens que, cette fois, si je m'en vais, ce sera pour tout à fait et que tu auras beau m'envoyer un billet

d'une allure digne, comme aujourd'hui, je ne viendrai plus.

(Instant de silence.)

MADAME NERVAL Allons, Jacques. (Les deux hommes se serrent la main assez froidement, par-dessus la table.) VouS VOUS rappelez

quand vous étiez gamins tous les deux et que vous vous étiez bien battus... c'était moi qui vous réconciliais. Vous vous aimez bien, au fond. Expliquez-vous... Moi, je vous laisse... et je suis contente de vous laisser ensemble. (A Jacques.) A tantôt, Jacquot, n'est-ce pas?

JACQUES, la reconduisant.

Oh! oui, mère.

(Il l'embrasse.)

MADAME NERVAL, à Jacques, montrant Gourd.

C'est un bon ami, va, j'en suis sûre.

(Elle sort.)

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