‹ La plus faible; comédie en quatre actes, en proseChapitre 103 sur 112 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

JACQUES, GOURD, puis GERMAINE.

GOURD

La brave femme! S'il n'y en avait pas quelques-unes comme ça dans la bourgeoisie, ce serait à dynamiter la rue du Sentier. (A Jacques.) Maintenant, je t'écoute. Qu'y a-t-il pour ton service ?

JACQUES, froid, embarrassé.

Voilà. D'abord je te remercie d'être venu. Il s'agit de Germaine.

GOURD, ironique.

Vraiment !

JACQUES

Nous nous sommes séparés, toi et moi, dans des termes si hostiles, il y a trois semaines, que j'ai dû attendre pour qu'il me fût possible de reprendre la conversation. (Silence de Gourd.) Mais je te prie de croire que, dès la première heure, je n'ai pas négligé le souci d'assurer la situation d'une femme qui, en somme, a perdu la sienne

pour moi. (Gourd hausse les épaules et s'en va à la fenêtre.)

Eh bien ?

GOURD, redescendant.

C'est étonnant ce que tu te donnes du mal pour ressembler à ta sœur, quand, en somme,

tu as le cœur de ta mère. (Avec une affectueuse autorité.)

Allons, Jacques... Pas de parade de mots avec moi. Tu ne m'as pas fait venir pour régler des affaires d'intérêts. Tu m'as fait venir pour entendre parler de Germaine, pour être rassuré sur la vie, sur la santé, sur les sentiments de Germaine... Ne dis pas non! c'est comme cela que j'ai compris ton billet, sous ses apparences guindées : sans cela je ne serais pas venu ! Il n'y a qu'à te voir pour comprendre que la séparation te consume, pauvre garçon... Eh bien! Germaine

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