ACTE I, SCÈNE V
GOURD
Tu dis?
JACQUES
Je dis que tu es un bourgeois, foncièrement, malgré tes prétentions de penseur et d'artiste. Germaine est ma femme et je suis son mari, il est inutile de prendre la République française à témoin de ce fait qui ne concerne que nous deux.
GOURD, calme.
Je connais par cœur cette théorie-là! Je t'arrête d'un mot : Germaine pense-t-elle comme toi!
Gertainement.
Elle te l'a dit?
JACQUES
GOURD
JACQUES
Elle n'a pas eu à me le dire. M. de Maucombe est vivant. Tu connais assez les idées religieuses de Germaine pour savoir qu'elle ne consentirait jamais à se remarier après un divorce.
GOURD
En es-tu bien sûr? A ta place, je le lui proposerais tout de même, pour Tacquit de ma conscience... Elle refuserait et tu n'aurais plus rien à te reprocher.
JACQ UES
C'est inutile. Je connais d'avance la réponse qu'elle me ferait.
GOURD
Laisse-moi tout de même tenter l'expérience. Appelons Germaine.
(Il se lève et va à la porte. Jacques le retient vivement.)
Veux-tu te tenir tranquille? De quoi te mêles-tu?
GOURD
Parbleu! J'en étais sûr! Tu crois que je ne lis pas dans ta vraie pensée? Bourgeois toi-même, triple bourgeois, archi-bourgeois, malgré ton talent et tes succès, tout empêtré dans les préjugés et l'égoïsme de Nerval et Nerval, anciens chemisiers en gros, faubourg Saint-Denis! Le