‹ La plus faible; comédie en quatre actes, en proseChapitre 51 sur 112 · ACTE II, SCÈNE III lOf · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III lOf

supposes et comme c'est probable, qui te dit qu'elle n'a pas obtenu de Jacques que l'appartement ou tout au moins le mobilier figure en son nom?

ANGÉLIQUE

Elle saura bien nous le dire et, dans ce cas, elle reprendra ce qui est à elle. Je n'en veux nullement à son bien. Je conseillerai moi-même à maman, au besoin, un sacrifice pour éviter un scandale. . . Mon souci est de la séparer de Jacques ; cela je le veux, je le veux... Le reste n'a qu'un intérêt secondaire.

LEBRUN

Pourtant, si Jacques a fait un testament en sa faveur... et qu'il nous soit enlevé?

MADAME NERVAL

Lebrun! Mais vous me brisez le cœur à parler comme vous le faites!

LEBRUN

Ma chère maman, ce que je dis ne cause aucun mal à Jacques... Nous envisageons des hypothèses.

NERVAL

Lebrun a raison. Il serait immoral que cette femme, qui l'a accaparé pendant sa vie, fît main basse sur ses biens. (Madame Nerval se lève.) Eh bien! Louise, tu t'en vas?

MADAME NERVAL, se dirigeant vers la porte de gauche.

Vraiment, Nerval, je ne peux pas... Du reste je n'ai pas ma tête à moi... Tandis que vous discutez, moi, je ne pense qu'à la blessure... et à la pauvre figure, si pâle, de Jacques.

ANGÉLIQUE, bas à son père.

Laisse-la aller, cela vaut mieux.

MADAME NERVAL

Je ne ferai pas de bruit. Je ne le troublerai pas.

(Elle sort.)

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