ACTE I, SCÈNE 111 II
cent quatre-vingt-une et demie. Vive la classe!
(11 replace le manuscrit sur la table. Un temps. Regardant Germaine.) Toujours la petite servante du Seigneur, alors ?
GERMAINE
J'aime à travailler pour Jacques.
GOURD
Jacques a de la chance.
GERMAINE
Imaginez combien je suis fière, moi qui ne comprends rien à la politique ni à la philosophie de l'histoire, moi qui sais à peine mettre une phrase sur ses pieds, moi qui fais des fautes d'orthographe... car j'en fais.
GOURD
Comme une vraie femme du monde que vous êtes...
GERMAINE
... Que fai été!... Imaginez si je suis fière de collaborer, ne fût-ce que par mes pattes de mouches, à ces livres lus universellement : Taris sous le Directoire. Histoire d'une T^évolution.
Quatre volumes in-octavo, chez Pellegrin... Sixième édition, grand prix Gobert! Chers livres!... Je me persuade qu'ils sont un peu mes
enfants. (Elle embrasse le manuscrit.) Pourquoi êteS-VOUS
sombre, Gourd?
GOURD
Je pense à moi. Vous permettez que je pense à moi un instant? Moi, je n'ai pas d'amie pour copier mes livres : Histoire d'un Tarlement : i8y2j8y^. Trois volumes également in-octavo, chez Chomel... Première édition... Quatre-vingt-six exemplaires vendus... Pas de prix Gobert.
GERMAINE
Mais ils sont très intéressants, vos livres.
GOURD, avec une rudesse amicale.
Taisez-vous donc! Vous ne ferez pas croire que vous les avez lus !
GERMAINE
Je vous assure que si.
GOURD
Vrai? C'est étonnant! Moi, quand il m'advient d'en ouvrir un, je bâille dessus à me