ACTE m, SCÈNE I I
ANGÉLIQUE
Ce n'est pas mon avis. Jacques était dévoyé;
voilà remis dans l'ordre, rudement. Il va connaître ce que valait une liaison de hasard, imprudemment acceptée comme un faux mariage. Entre sa mère, Pauline et moi, il est revenu à la santé, du bord de la tombe. Il a goûté de nouveau l'air de la famille... Je te dis qu'il est sauvé.
(Un temps.)
LEBRUN
Nous ne remplacerons cependant pas pour lui M'"*' de Maucombe.
ANGÉLIQUE
Eh bien! il se mariera. Il épousera une jeune fille, choisie par nous, qui ne le séparera pas de nous. Sois tranquille, on ne nous le reprendra pas une seconde fois.
LEBRUN
J'admire comme tu arranges l'avenir.
ANGÉLIQUE
L'avenir ne dépend pas de nous, c'est bien clair. Mais, dans le présent, je suis sûre d'avoir
rempli mon devoir. Dès qu'il le faudra, — et peut-être aujourd'hui même, — je m'expliquerai loyalement avec Jacques sur les moyens dont j'ai usé.
LEBRUN
Et il se brouillera définitivement avec nous.
ANGÉLIQUE Je ne crois pas. (Elle aperçoit Jacques qui ouvre la porte
de gauche.) Mais tais-toi.