ACTE 1, SCÈNE III
GERMAINE, lui tendant la main.
Gourd, vous êtes un brave cœur.
GOURD, un peu attendri.
Brave ou non, chère amie, ce cœur vous aime bien. (Un temps.) Il pense à vous souvent... Et il vous voudrait heureuse... très heureuse.
GERMAINE
Je suis très heureuse.
GOURD
Bien sûr?
GERMAINE
Biei> sûr. Pourquoi me demandez- vous cela?
GOURD
Parce que de temps en temps je crois vous voir songeuse et triste.
Qui ne l'est jamais?
GOURD
Vous Têtes souvent, surtout hors de la vue de Jacques, lequel est d'ailleurs bien trop égoïste
l6 LA PLUS FAIBLE
pour s'en apercevoir... Alors, je me dis : Il y a du brouillard sur le bonheur de ma grande amie... Comment le dissiper?
GERMAINE, gaieté forcée.
Eh bien, ami Gourd, vous vous trompez. Il n'y a pas de brouillard... (Un temps.) Ou du moins il n'y en a plus...
GOURD
Ah! Voici le commencement d'un aveu.
GERMAINE
Nullement. Ce que je veux dire, vous le savez de reste, vous qui êtes notre seul ami intime. Il y a eu un temps où Jacques me regardait sans plus, comme une agréable aventure. Jusqu'au jour où sa tendresse est devenue sincère et stable, j'ai un peu souffert. Je crois ce jour venu, je ne souffre plus. Voilà toute ma ce psychologie )), si toutefois le mot n'est pas trop compliqué pour un sentiment aussi simple.
GOURD
En sorte que vous ne regrettez rien, jamais?