L. André
rière le cæcum. Il décrit un V à concavité supérieure et est oblitéré dans ses derniers centimètres.
Le testicule gauche présente une légère symphyse de la vaginale.
Examen histologique (). — L'examen histologique du poumon montre un premier détail important :
Le parenchyme pulmonaire,dans une très grande étendue des lobes atteints de pneumonie disséquante, est le siège | d’une sclérose diffuse systématique métapreumonique. En loutre, on trouve, non loin de la plèvre viscérale, quelques. nodules caséeux, relativement récents, très peu tatoués d’anthracose et qui ne semblent avoir aucun rapport direct avec les blocs de sclérose métapneumonique. Cette sclérose offre tous les caractères classiques : conservation assez complète de l’armature élastique des alvéoles pulmonaires et des bronchioles ; réplétion des cavités aériennes par d'énormes bourgeons d’un tissu fibro-vasculaire pauvre en vaisseaux et presque exempt d’anthracose. : |
De place en place, entre les blocs fibreux, quelques alvéoles pulmonaires où quelques infandibula sont restés perméables mais atteints de quelques dilatations emphysémateuses. : |
Sur ce terrain de pneumonie chronique sclérosée, s’est développée une lésion aiguë, diffuse, largement destructive : c'est la pneumonie disséquante. ;
Dans le cas présent, les altérations suraiguës consistent essentiellement en une mortification irrégulière du tissu pulmonaire dont tous les éléments cellulaires semblent frappés
de mort, alors que ce qui reste de l’armature élastique de
1. Nous devons cet examen à l’obligeance de M. le professeur Letulle. Nous le prions de bien vouloir trouver ici hommage de notre vive gratitude.
l'organe apparaît encore bien coloré par l’orcéine. On dirait qu'une substance toxique est venue largement imbiber le parenchyme respiratoire sciérosé. En étudiant la bordure de ces zones ainsi nécrobiotiques, on est frappé de constater qu'il n'y existe pas de réaction inflammatoire leucocytaire. Il semble que l'organisme n'ait eu ni le temps, ni les moyens de s’efforcer de limiter le désastre.
De place en place, dans cette même zone marginale, on découvre de petits placards hémorragiques au niveau desquels les globules rouges sont encore bien colorables. On peut même voir, non loin de cette région, des vaisseaux vei= neux atteints de thromboses aiguës leucocytaires récentes ; souvent méme l'artère ou la veine pulmonaire apparaissent entourées d’une auréole de leucocytes polynucléaires.
Si l’on examine le tissu pulmonaire mortifié, non plus dans les points où il adhère au poumon scléreux, mais sur le bord des excavations produites par la perte de substance, l'im- pression est toute autre.
A ce niveau, sur le bord même de la plaie pulmonaire, on découvre, de place en place, des masses colorées en rose brunâtre par l’éosine et rappelant de tous points la fibrine TL s’agit de nécrose fibrinoïde et non pas d'exsudats fibrinoïdes; dans les interstices qui séparent les blocs fibrinoïdes, de nombreux leucocytes, présque tous en état de karyolyse,
remplissent les intervalles.
De place en place, dans ce tissu, on voit encore des traces de fibres élastiques mortifiées. |
Ces bandes de tissu pulmonaire nécrobiotique, fibrinoïde, se retrouvent souvent détachées et flottent daus la caverne. Elles sont largement engaînées par des amas très épais de
leucocytes mortifiés aa milieu desquels setrouvent des frag-
ments de fibres élastiques.
En étudiant comparativement les lambeaux fibrinifiés qui flottent ainsi dans la caverne, il n’est pas rare d'en trouver, pourvus sur un de leurs bords, de vaisseaux sanguins perméables : ce qui donne à penser que les lambeaux en question étaient encore rattachés par une partie au tissu pulmonaire.
En résumé : les lésions ulcératives dont il s’agit semblent avoir évolué de la façon suivante :
Une infection suraiguë du tissu pulmonaire, d’origine vraisemblablement bronchique, s'est produite en un point eta détruit le parenchyme en l'ulcérant, et en occasionnant, semble:t il d'emblée, une nécrose fibrinoïde suraiguë des régions au contact des colonies infectieuses. Le bord des plaies ainsi produites a donné issue, dans le tissu pulmonaire sous-jacent, à des substances toxiques mortifiantes pour le tissu cojonctivo-vasculaire scléreux qui comblait les cavités aériennes.
Dans le reste du tissu pulmonaire plus ou moins éloigné de la pneumonie disséquante, on découvre des îlots de bronchite suraiguë et des nodules broncho-pneumoniques disséminés, Il est difficile d'établir la chronologie deslésions et de savoir si la broncho-pneumonie suppurée dont on découvre les amas de place en place, est contemporaire des lésions
disséquantes ou si elle leur a saccédé.
OBSERVATION II (résumée) (Hutinel et Proust)
Une femme de trente-cinq ans, malade depuis six jours, mais s’alfaiblissant depuis cinq mois, entre à l'hôpital le 2 juin 1882.
Début par grand frisson, suivi de frissonnements pendant
quarante-huit heures, puis de sueurs prôfuses, de vomisse-
ments et d’un violent point de côté en arrière du mamelon gauche. L'aspect de la malade est celui d’une typhique ; sa face est pâle, ses yeux sont excavés, ses traits tirés, sa langue
sèche, sa respiration courte.
L'examen du poumon gauche dénote un foyer derâles cré-
pitants avec submatité ainsi qu’un souffle doux et lointain ;
la toux est fréquente et pénible; les crachats visqueux et
incolores, sans traits caractéristiques, adhérent au vase.
Les symptômes généraux, très accusés, s’accroissent encore, faisant contraste avec la bénignité des symptômes fonctionnels. Les vomissements persistent, les selles sont fréquentes et fétides ; la malade a de l’inappétence. On note de l’albuminurie. Le pouls bat à 116, la température atteint 38 degrés. La lésion pulmonaire s'étend, les râles deviennent plus nombreux, le souffle tubaire gagne tout le lobeinférieur et devient plus fort. ;
L'expectoration présente quelques stries sanguinolentes,
puis devient franchement sanglante : elle n’est pas fétide.
Le crachoir ne contient bientôt plus qu’une masse visqueuse, grisâtre. Pouls : 100-120 ; température oscillant entre 3595 et 39°4.
13 juin. — Amélioration passagère, diurèse abondante.
À la suite d’une quinte de toux, rejet d’une grande quantité de pus jaunâtre opaque, semblable au pus d’un phlegmon. L'apparition de cette vomique produit des changements importants dans la poitrine : sonorité exagérée, souffle amphorique avec gargouillement, râles caverneux, expectoration continuelle depuis quatre jours.
La malade tombe dans le coma, rejette des crachats purulents à odeur alliacée mais non gangréneuse. Elle meurt Je
1°" juillet, trenté-quatre jours après le début des accidents,
— 26 — £ après avoir présenté une parotidite les derniers jours de sa vie. Ps
A l aulopsie, le poumon droit présente 4 nombreux noyaux de broncho-pneumonie. Au niveau du poumon gauche, il existe des adhérences très étendues, les deux plèvres sont intimement unies. Le lobe supérieur est emphysémateux, la plèvre interlobaire forme la limite d'un vaste foyer purulent, le lobe inférieur est détruit, les bronches et les vaisseaux disséqués forment comme une grappe ou une racine
ramifiée. Quelques lambeaux de parenchyme, gris et ramol-
lis, sont appendus aux extrémités de ces rameaux. Quelques bronches sont libres à leur extrémité et flôttent dans la cavité. Tous les débris du poumon ont une teïnte violacée et, par places, l'aspect gris sale d’ un tissu macéré, ils baignent dans un pus teinté de brun sans odeur spéciale.
L'examen Fo dénote une inflammation interstitielle aiguë à point de départ au pourtour des bronthes, étendue jusqu'aux lobules, pénétrant avec la bronche dans le 1obule et s'étendant d’autre part à sa périphérie. ‘ ‘°°
OBSERVATION HI (Résumée).
(Robert).
Une femme de cinquante-sept ans présente les symptômes d'une pneumonie grave avec frisson, dyspnée et expectoration sanguinolente. Au dixième jour de sa maladie, elle rejette une assez grande quantitié de sang mêlé à une mucosité très visqueuse : le vingt-huitième jour, lexpectoration, très abondante, ‘est' constituée ‘par des crachats globuleux, d’une matière rougeñtte, puriformé, mêlée à‘ du : mucus. Les accès de toux continuent. avec intensité, les forcés-de la malade s'épuisent : elle succombe au SA cinquième jour de safmaladie: 4522 utero) Jaline
Pa
2) Las
-L'autopsie révèle à la partie supérieure du poumon gauche
un foyer de la grosseur du poing rempli de pns d’un blanc
crémeux, ämodore, phlegmoneux, dans lequel flotte un Corps ‘blanchâtre, vaste lambeau d’une substance molle, infiltrée de pus, d’odeur fadé, maïs non fétide, résidu de parenchyme qui avait résisté à la suppuration et à la macération. DER OBSERVATION IV (Résumée).
(Pitres in Thèse Massonié).
Une vieïlle femme succombe en quinze jours à une pneu-
monie de la base droite.
Le poumon droit, à l’autopsie, est volamineux, lourd, lisse
: et tendu: laplèvre est épaissie,adhérente à la plèvre costale;
dans l'espace interlobaire; on trouve une certaine quantité d'un Hiquide brunâtre non fétide.Tont le poumon, plus ferme qu’à l'état normal,ne crépite plus sous le doigt et est presque partout lrès friable. La coune présente un ‘aspect marbré et comme bariolé de taches grises et rougeâtres. De loin en loin existent des cavernes anfractueuses et irrégulières ; les plus volumineusés tapissées par une membrane pyogénique, les plus petites paraissant creusées directement dans le tissu pulmonaire hépatisé. On trouve au:moins douze ou quinze de ces cavernes. RE neue ke Dans le lobe moyen, une d'elles PP un fragment de poumon du volume d’une amande, pédiculé et flottant
dans l’intérieur de la cavité pathologique.
OBSERVATION V (Résumée).
(Stokes, citée par Grisolle).
Un jeune homme entre à l'hôpital de Dublin avec les
. symptômes d’une pneumonie aiguë datant de trois jours.
SRRORIESSS
On diagnostique une hépatisation du lobe inférieur du poumon gauche,
A l’autopsie, le lobe inférieur du poumon gauche représentait une sorte de sac rénfermant une matière dont la couleur jaune était très visible à travers la plèvre pulmonaire ; on trouva un tissu pulmonaire disséqué et séparé de son feuillet pleural par la suppuration. Le tissu cellulaire interlobulaire et intervésiculaire était, comme le tissu cellulaire sous-pleural, également suppuré, et le pus avait opéré une dissection si complète des lobules et des vésicules que tout ce lobe était converti en un faisceau de pétites grappes for -mées par les lobules et suspendues par leur pédicule bron-
*chique dans la matière purulente.
Ces différentes observations peuvent rentrer dans le cadre de la pneumonie disséquante d’origine centrale décrite par Hutinel et Proust. Nous ne ferons que mentionner les autres cas de cette affection dont les observations sont résumées soit dans le mémoire d’'Hutinel et Proust, soit dans la Thèse de Boutry.
Nous allons résumer maintenant quelques observations de pneumonie disséquante superficielle ou phlegmon diffus sous-pleural d’'Hayem et Graux.