‹ La Pneumonie disséquanteChapitre 6 sur 11 · L. André · texte numérisé non relu

L. André

ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE

Les causes prédisposantes,que l’on invoque comme étant à l’origine de la plupart des affections pulmonaires, ne semblent pas jouer un bien grand rôle en - ce qui concerne la pneumonie disséquante.

On rencontre néanmoins, dans les antécédents de certains malades atteints de cette affection, diverses causes qui peuvent être invoquées comme favorisant son évolution. É

Elles ressortissent principalement au terrain, au traumatisme et au froid.

Toutefois, si l’on retrouve dans un grand nombre d'observations leur influence, notamment celle du terrain, il est certain que dans beaucoup d’autres cas, la pneumonie disséquante est survenue chez des individus qui n’avaient jamais été malades, dans les

antécédents desquels on ne trouvait aucune infection et qui n'étaient ni surmenés, ni épuisés par un travail pénible. |

Influence du terrain. — Les causes habituelles d’affaiblissement de résistance de l’organisme ont une influence incontestable dans l’évolution de certaines pneumonies disséquantes. Le surmenage et la misère

physiologique auxquels on peut joindre l’alcoolisme, se retrouvent dans les antécédents de quelques malades. Cette affection survient chez des individus mal où insuffisamment nourris, et, d’une façon générale, chez des individus en état d'infériorité physique. C’est d’ailleurs sur ce terrain défectueux qu’agissent les deux autres causes.

Influence du traumatisme. — Il peut également - Jouer un certain rôle s’il agit sur un individu débilité. Son action reste néanmoins douteuse, notamment dans le cas d'Hayem, où il n'y avait plus aucune trace de la contusion thoracique lorsque débuta l’affection pulmonaire.

Influence du froid. — Le froid enfin, invoqué comme jouant un rôle dans l’étiologie d’un certain nombre d’affections pulmonaires, semble avoir une certaine action ici. Toutefois Hutinel invoque, non le refroidissement léger, mais «une réfrigération - profonde et prolongée, telle que peut la subir un individu baigné de sueur qui est exposé tout à coup à une pluie battante ».

L'influence de ces causes prédisposantes n’est que tout à fait secondaire. Dans la plupart des cas, on ne retrouve aucune d'elles.

Par contre, il semble que si la pleurésie purulente est le plus souvent consécutive au phlegmon diffus sous pleural, elle peut, dans quelques cas, être primilive.

Pour Netter, la pleurésie à streptocoques peut être la cause et non la conséquence des lymphangites

sous pleurales, situées sous la plèvre viscérale. Autourde ces lymphangites qui s'accompagnent de réaction plus ou moins vive du tissu cellulaire, peuvent se développer des fusées purulentes qui produisent dans le poumon des élats analogues à la pneumonie disséquante, inflammation à allure phlegmoneuse et à évolution rapide.

Il en est de même dans les pleurésies putrides où l'infection peut se propager au poumon, dont le tissu

interstitiel cède à l’action destructive du processus gangréneux.

Les parties résistantes, bronche et tissu élastique, subsistent seules et flottent dans une sanie putride. La iésion aboutit à la pneumonie disséquante.

D'une façon générale, d’ailleurs, l'intensité de l'infection semble jouer un rôle dans l’étiologie de la pneumonie disséquante. Toute pleurésie grave éveille un certain degré de lymphangite et celle-ci s'accompagne de réaction plus ou moins vive du tissu cellulaire revêtant l’aspect d'inflammation à

allure quasi phlegmoneuse à migration rapide. La pneumonie disséquante est conslitnée.

Les agents pathogènes qui peuvent être rencontrés dans la lésion sont multiples :

L'hémoculture, dans le cas d’Hutinel et Proust, a provoqué l'apparition, dans le bouillon de culture, d’un nuage léger. L’examen bactériologique a montré « des organismes arrondis, mobiles, isolés pour

la plupart, ou groupés deux par deux, mais ne for-

ce À

mant point d’amas et ne présentant ni aréole,ni irrégularité de forme ».

Le cas de Quinquaud,où la pneumonie disséquante “est survenue consécutivement. à une infection puerpérale, fait incriminer le streplocoque. Le pus aurait déterminé sur la peau voisine une inflammation érisypélateuse se terminant par la gangrène.

Le malade de Bezançon et Ravaut avait une séroréaclion au pneumocoque négative ; le microbe isolé dans ce cas se rapprochait du Streptococcus mucosus. |

Nous avons observé récemment dans le service de M. le professeur Bezançon, une femme qui succomba à une pleurésie purulente à streptocoques, chez laquelle l’autopsie nontra des lésions de pneumonie disséquante.

Nous verrons si le bacille de Friedlaender;qui a été trouvé dans le cas que nous avons relaté, peut être considéré comme la cause de la pneumonie disséquante. Les lésions qu’il détermine dans le poumon semblent pouvoir être rapprochées de celles de cette affection. |

Il est, en tous cas, probable que de nombreux agents pathogènes,évoluant sur un terrain favorable, peuvent déterminer dans le parenchyme pulmonaire les lésions de la pneumonie disséquante.

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