ÉVOLUTION ET PRONOSTIC
L'évolution de la pneumonie disséquante d’origine centrale vers la guérison est rare. La marche de l’affection est irrégulière ; on assiste à l’évolution d’une maladie insidieuse à rechutes et à exacerbations dont les symplômes s’aggravent de jour en jour. La durée est relativement longue, elle varie de vingt à soixante jours. Les malades meurent du fait des progrès de la cachexie.
La plus grande étendue des lésions, l’absorption des toxines sur une plus grande surface semblent conditionner le mauvais pronostic.
La pneumonie disséquante d’origine corticale se complique fréquemment de pleurésie purulente ; elle évolue alors plus lentement et se termine souvent par la guérison.Cette évolution favorable semble bien être en rapport avec l'élimination de fragments de poumon nécrosé qui, chaque fois qu’elle se produit, est suivie d’un amendement des symptômes.
Si l’inflammation du tissu cellulaire sous pleural, premier stade de la pneumonie disséquante, n’aboutit pas’ à la formation d’excavation dans le parenchyme pulmonaire, et tend à guérir, il peut.y avoir formation de sclérose périlobulaire.
interlobulaires » (Marfan).
Cette sclérose s'oriente autour des lymphatiques pulmonaires et « ces lésions laissent après elles une cicatrice sous forme de tissu fibroïde rétractile. Cette sclérose suit naturellement les travées conjontives
Il semble donc que la pneumonie disséquante et la sclérose pulmonaire aient même origine et même siège. Des causes multiples et variables, dépendant de l’état général du sujet, de l’étendue des lésions et, surtout des agents pathogènes quicausent ces lésions, influent sur l'orientation de l’affection vers la pneumonie disséquante ou vers la sclérose.
Les liens qui existent entre ces deux lésions se retrouvent en ce qui concerne la gangrène.
La pneumonie disséquante et la gangrène peuvent survenir,dans les mêmes conditions,sous l'influence des mêmes causes (sujets affaiblis, traumatisme, refroidissement). D’après Hutinel et Proust,il semble que, dans un certain nombre de cas, un seul symptôme sépare les deux affections : c’est l’expectora-
tion, fétide dans la gangrène, inodore dans la pneu-
monie disséquante ou ne devenant que tardivement fétide dans cette dernière affection.
Dans deux observations rapportées par ces auteurs, le malade succombe à une gangrène pulmonaire,mais l’autopsie montre «une inflammation aiguë péribronchique intralobulaire et sous-pleurale aveclésions des lymphatiques », lésions que l’on retrouve dans la pneumonie disséquante. |
Il semble bien qu’il n’y ait entre les deux affections
Chr
qu'une différence dé degré. Pour les uns (Hutinel)
l'inflammation interstitielle phlegmoneuse diffuse aboutirait suivant les cas à lapneumonie disséquante, ou à la gangrène ; pour les autres (Netter) la pneumonie disséquante pourrait être considérée comme l’origine de certaines gangrènes et en serait même la cause la plus fréquente (Mosny).
Le pronostic dépend donc surtout de la variété de
pneumonie. :
+ Quand la lésion est d’origine centrale, le pronostic est très grave ; il est meilleur dans la forme corticale, grâce à la coexistence d'une pleurésie pururente. - :
Le pronostic est lié à l'agent microbien qui est ce? cause.
Nous avons vu qu’un très grand nombre de m‘crobes pouvaient provoquer de telles lésions. Leur gravité semble liée à la nature du terrain sur lequel l’affection évolue.
Il faut donc tenir compte, dans l'établissement du pronostic :
De l'étendue des lésions pulmonaires produites par la pneumonie disséquante ;
De la pleurésie purulente qui l'accompagne ;
De l'agent pathogène qui la produit :
De l’âge et de la résistance du sujet.
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