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entérites que se sont bornées tout d'abord les observalions des premiers auteurs, sans chercher à établir leur nature, ni à préciser leur conséquence pronostique. Puis on s'est intéressé à leur signification et à leur formule microbienne. Roger assimilait ces diarrhées aux diarrhées toxi-infectieuses; c'était une voie de dérivation naturelle aux produits toxiques élaborés par le pneumocoque; c'était, en un mot une réaction de défense de l'organisme sans intervention des germes ou de ses toxines.
Pour d’autres, au contraire, Combes en particulier, ces troubles ne sont que les résultats de la pénétration du mierobe dans l'intestin; en un mot, il s’agit d'une véritable entérite, et non de simples désordres dyspeptiques.
L'idée de rattacher les affections pulmonair?s aux troubles digestifs n’est pas si neuve qu'on pourrait le croire au premier abord. Déjà en 1887, Sevestr, dans un article de la « Société Médicale des Hôpitaux », étudie les broncho-pneumonies infectieuses d’origine intestinale. Renard, en 1892, édifie sa thèse sur les broncho-pneumonies des gastro-entérites. Il n'entre pas dans le cadre de cette thèse de citer tous les travaux qui ont paru sur la question; nous n’en reliendrons que ceux qui ont en quelque sorte orienté la direction de ce chapitre. |
Il a paru intéressant à Joltrain de rechercher, par la méthode des inoculations, le pneumocoque dans les selles des malades. On sait, en effet, avec quelle facilité, au cours des septicémies, la bile infectée est déversée pendant longtemps dans l'intestin, l’inoculation d'une dilution des selles à la souris nous permet de retrouver le pneumocoque dans le sang du
eœur de l'animal. Il existe donc dans les selles plus souvent qu'on ne le croit. Dans aucun de ces cas, le pheumocoque n'avait été décelé dans le sang par l’hémoculture qui, sans doute, avait été trop tardive ».
À quel moment le pneumocoque apparaît il dans les selles? C’est là une question qui n’est pas encore résolue et qui appelle de nouvelles recherches. Joltrain estime qu'il n'a pu être déversé par les canaux biliaires, pancréatiques ou glandulaires. Il se base sur les propriétés bactéricides du suc gastrique pour ce microbe et sur la fréquence des angiocholites au cours des seplicémies. Mais on est en droit de se demander si la voie intestinale ne constitue pas la porte d'entrée du microbe dans l'organisme, en «autres termes, si sa présence dans les selles n’est pas antérieure à toute manifestation pulmonaire.
On a beaucoup discuté dans ces derniers temps, à la suite des remarquables travaux de Calmette, sur l’origine intestinale de la tuberculose pulmonaire. On connaît les travaux de Calmette, Vanstenberghe et Grysez, sur l’origine intestinale de la pneumonie. Ils se sont servis d’un pneumocoque virulent pour la souris, isolé de l’expectoration d'un malade au deuxième jour de sa maladie. À l’aide d'une sonde œæsophagienne, ils ont introduit les cultures dans l’estomac de cobayes. En sacrifiant ceux-ci, 24 heures après, ils ont retrouvé le pneumocoque dans les poumons. Dans aucun cas cependant il n’ont pu observer, même chez les cobayes mis dans des conditions défectueuses, les lésions histologiques si caractéristiques de la pneumonie lobaire chez l'homme. I] semble done, à la suite de ces expériences, que le pneumocoque introduit dans le tube digestif peut passer
à travers la muqueuse intestinale; mais les expériences de Roger et Garnier, de Caussade, de Joltrain, paraissent démontrer que les microbes et les toxines éprouvent une certaine difficulté à traverser les parois intestinales, même lorsqu'on se place dans des conditions pathologiques.
Le travail de Sevestre ne resta pas un fait isolé dans la littérature médicale. Les chirurgiens connaissent bien les pneumonies conséeulives aux opérations de la hernie.
A la suite de ces premiers travaux, un grand nombre d’expérimentateurs étudièrent le rôle des poisons du tube digestif dans l'organisme et précisèrent les conditions d'absorption du tube intestinal.
Les médecins pédiatres, les premiers, eurent l'attention dirigée sur le syndrome abdominal. Nous ne reviendrons pas ici sur le point de côté appendiculaire. |
On à tendance aujourd'hui, à la suite de remarquables expériences de Calmette sur l’origine digestive de la tuberculose, à reconnaître une origine intestinale aux affections pulmonaires.
Basset et Carré, en 1907, dans un article de la Presse médicale, reconnaissent nettement une origine intestinale à la pneumonie. En 1908, Lande écrit que l’état de réceptivité du poumon est proportionnel à l’auto-intoxication digestive. Daussv, dans sa thèse 1913, étudie nettement les rapports de lappendieite et de la pneumonie. À côté des cas nombreux où ces affections coexistent, il existe des cas non douteux où. la pneumonie est fonction de l’appendicite. La même année Triboulet montre que le tractus conjonctif est souvent congestionné au cours de la pneu-
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monie du jeune enfant, et il indique le caractère de gravité que comporte une telle constatation.
D’autres auteurs, Mironescu en particulier, s’élèvent contre cette prétendue origine digestive. Il ne nous appartient pas de départager les avis à ce sujet.
Quand il s’agit d'identifier un état du tube digestif, la confusion est grande; c’est qu’en effet les auteurs ne s'entendent pas sur la définition des termes qu'ils emploient; et dans le même auteur, la multiplicité des termes qui désignent le même syndrome, jette le trouble dans l'esprit du lecteur.
Les auteurs allemands « Escherich, Finklstein, Czernick » ont créé toute une série de syndromes en rapport avec la chimie du tube digestif; c'est ainsi qu'ils parlent de dyspepsies par caséine, par matieres grasses, etc...
Mais ces divisions nous paraissent par trop schématiques. C'est le mérite des auteurs français d’avoir montré qu’elles ne sauraient correspondre à la réalité clinique. |
De tous les états cliniques, les pédiatres français, Lesage, Hutinel, etc... ont tracé des tableaux, où il n’y à rien à ajouter. De l’ensemble de leurs travaux, se dégage la notion de dyspepsie, de catarrhe intestinale, de gastro-entérite. [Il nous paraît utile de fixer la définition de ces termes.
La dyspepsie est un trouble dans le fonctionnement du tube digestif; on pourrait la définir « un ensemble de troubles gastro-intestinaux atténués, à évolution chronique, qui ne compromettent pas d’une façon immédiate la nutrition de l'enfant. C'est donc toujours un état chronique ».
-Les gastro-entérites sont toujours à Pétat aigu. On
a parlé de gastro-entérite chronique, mais la signification à donner à ce tenme n'est pas comprise de la même manière par tous les auteurs. C’est qu'en effet, malgré l'identité des tableaux cliniques, on peut à l’autopsie rencontrer des lésions différentes « ulcères folliculaires de l'intestin, infiltration interstitielle de la muqueuse et de la sous-muqueuse, mais ce ne sont en réalité que des diarrhées dues à des ulcéralions tuberculeuses de l'intestin ». Le plus souvent, on ne frouve aucune altération, et la gastro-entérite chronique n'est, en somme, que de la dyspepsie grave.
Sous le nom de gastro-entérite, nous désignerons un état aigu, caractérisé par un ensemble de troubles digestifs accentués, ayant un retentissement rapide sur la nutrition de l'enfant.
Le catarrhe intestinal a sa signature dans une lésion épithéliale de l'intestin. Cliniquement, il est caractérisé par des selles nombreuses, aqueuses, une discordance entre les températures centrale et périphérique. Le facies, la eyanose et l’amaigrissement rapide ne laissent aucun doute sur le diagnostic.
Dans l'entérite au contraire, les selles sont beauplus nombreuses, très fétides, contenant à la fois des glaires et du sang, parfois plus où moins intimement mélangés. La lésion de l'intestin est plus profonde que dans le catarrhe, elle intéresse non seulement l’'épithélium, mais encore la muqueuse.
Telles sont les distinctions que fait le professeur Combes, de Lausanne.
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L'examen coprologique des selles est entré dans la pratique médicale journalière, le jour où Schmitt d’abord, Triboulet ensuite, en ont simplifié la techni-
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que. Parmi ces réactions il en est une dont l'importance est primordiale, c’est la réaction du sublimé acétique. Pour faire cette réaction il suffit d’avoir à sa disposition : |
1° des tubes à essai propres;
2° de l'eau distillée ;
3° une solution de sublimé acétique contenant
acide acétique... 4506; Saber 3 gr. DÙ BAUER SNS 100 cc.
4° des matières fécales fraîches.
Technique. — Dans un tube à essai on met 1 ec. de matières fécales fraîches, la grosseur d’une noisette environ; on ajoute 15 ce, d’eau distillée, on agite le tube plusieurs fois et très vite en le renversant jusqu’à ce que la matière fécale soit complètement dissociée.
Dans le mélange, on fait tomber 5 à 10 gouttes de la solution de sublimé acétique. On agite de nouveau.
On place le tube droit et on le laisse reposer 24 heures; pratiquement, au bout de 8 heures, on peut lire les résultats.
Au bout de ce temps le contenu du tube s’est divisé en trois couches distinctes, le culot, la nappe liquide, le bouchon.
Culot. — T y a lieu de tenir compte dans l'examen du culot, de l’âge du nourrisson.
Normalement, il est vert foncé avant quatre mois, « biliverdine »; après quatre mois, il est rose « stercobiline ».
Pathologiquement, il peut rester vert foncé après les délais habituels ou être vert clair ou blane.
LIQUIDÉ SURNAGEANT. — Normalement, il est trouble, Pathologiquement, limpide.
BoucHON. — Normalement, nul ou constitué par de Ja mousse. Pathologiquement, il est plus où moins épais, verdâtre ou blanchâtre, en forme d’'algüe.
INTERPRÉTATION. —— La coloration rose indique une {ransformation en stercobiline, la coloration verte est celle de bilirubine oxydée ou bHiverdine; la colo- ‘ation blanche indique l'absence de pigments biliaires.
Quand l'intestin fonctionne bien, le liquide surnagéant est trouble. S'il est impide, c’est que lintestin n'intervient pas; il v a donc entérite. On observe tous les degrés dans la limpidité suivant la lésion de l'intestin.
Le bouchon supérieur constitué par de la mousse est l'indice d'un bon fonctionnement de l'intestin.
Quand il est épais il traduit l'insuffisance de l’assimilation graisseuse: la graisse non digérée remonte en effet dans la partie supérieure du tube.
Le bouchon supérieur donnant limpression d’algues tremblottantes est lindice de la présence de mueus dans l'intestin; done il y a catarrhe.
= Cette réaction de Triboulet peut être utilement com-
plétée par la réaction de Mever, pour la recherche du sang dans les selles. La réaction au Gram Lugol peut trouver aussi parfois son utilité.
Dans le courant du mois de septembre 1913, nous avons utilisé ces réactions chez tous nos enfants at-