‹ La Pneumonie du NourrissonChapitre 24 sur 28 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

Conséquence des troubles digestifs pour la thérapeutique de la pneumonie du nourrisson

Toute constatation dans le domaine de la pathologie ou de la biologie amène avec elle un changement dans l’orientation de ia thérapeutique.

Si l’on veut bien admettre que dans tous les cas de preumonie du nourrissoii, il y a un certain degré d'insuffisance gastro-intestinale, on comprendra aisément la coñséquence thérapeutique de cette nouvelle conception. Tout dépend du degré de cette insuffisance. C'est au médecin de la déceler; la réaction de Triboulet lui en fournit le moyen.

Dans toute affection, la thérapeutique est fonction d'un facteur, le facteur gravité.

Jusqu'à ces dernières années, le traitement de la pneumonie du tout jeune enfant s’est inspiré du caractère de bénignité qu’on a accordé à celle-ci.

Peu ou pas de médication, tel est le principe habituel. De Larozières, en 1911, résumant dans sa thèse

MOTS Ce

l'opinion des pédiatres modernes, recommande une thérapeutique symptomatique et peu agressive.

Milhit, dans un article « Pédiatrie pratique, du 15 juillet 19143 », oppose la médication de Ia bronchopneumonie et de la pneumonie. La première réclame des soins incessants; la seconde ne demande guère que des précautions hygiéniques. )

Voici le traitement habituel. Une large place est faite à l'hygiène générale. On maintiendra la température de la chambre à 18° L'air ne devra pas être sec; on fera bouillir dans la pièce de l'eau où Pon aura mis quelques feuilles d’eucalyptuüs. Toilette quotidienne. |

La symplomatologie commande les indications

Hyperthermie. — Elle sera combattue par la quinine, 0 gr. 15 par année ou la balnéation, bains chauds à 38°. Le collargol est d’un précieux con- COUrS.

Dyspnée. — Elle est justiciable des inhalations d'oxygène. De Larozière ordonne la potion suivante :

Extrait mou de quinquina, 0 gr. 10 par année.

Benzoate de soude, 1 gr.

Julep gommeux, 40 à 80 gr. suivant l’âge.

Coryza. — La désinfection des cavités nasales s’impose. On évitera les préparations contenant du menthol qui, chez le tout jeune enfant a pu produire de graves accidents. L'huile résorcinée sera d’un emploi moins dangereux.

. Certains auteurs pratiquent la révulsion thoracique, soit par des sinapismes, soit par des enveloppements sinapisés. Nous ne conseillons pas cette prati-

yo

que chez le tout jeune enfant; elle est justiciable des mêmes critiques que le menthol.

Tel est, en général, le traitement d'une pneumonie à forme normale et de moyenne intensité. La nécessité d’une surveillance attentive des troubles cardia- “ques est connue de tous. Le traitement variera suivant les formes cliniques de la pneumonie, chaque Cas Commandant une thérapeutique adéquate.

Il est des cas où la thérapeutique ne sera que peu. modifiée par cette notion nouvelle que nous avons développée dans notre chapitre troisième. Ge sont ces cas où l'insuffisance gastro-iutestinale se résume à quelques troubles de Ja fonction biliaire, où un liquide plus clair que normalement traduit dans la réaction-du sublimé acétique une légere alleinte du tractus digestif; ces troubles sont le plus souvent passagers, et, en quelques jours, tout rentre dans l’ordre.

Mais comme toute entérite est un danger en raison de ses complicalions variées, si l'on songe que tout trouble gastro intestinal constitue pour cell:-ei une fréquente voie d'appel, la conelusion s'impose. Il faut, de bonne heure, dès qu'ils sont reconnus, entreprendre la lutte contre eux, et un traitement précoce est nécessaire.

A quelques nuances près, tous ces troubles sont justiciables d'une même thérapeutique; elle variera seulement suivant la gravité des troubles. Elle répond à un triple but :

4° Atténuer la toxi-infection intestinale.

Dans les cas graves, la diète hydrique est nécessaire.

20 Eliminer les poisons déjà formés.

L'arsenal thérapeutique est varié.

a) Par la purgation. — On emploie de préférence le calomel en doses fractionnées, chez le tout jeune enfant, (0 gr 05 par année d'âge). Il est facilement accepté par les enfants.

Il a une heureuse influence sur la sécrétion biliaire ; antiseptique des voies intestinales, la bile constitue un milieu défavorable au pneumocoque. :

b) Par les lavages intestinaux.

c) Par quelques antiseptiques, l'acide lactique de préférence. à 3° Combattre certains symptômes prédominants.

Dans les cas d'acholie, l'hépatine peut rendre de grands services.

L'oxygène, les bains, sont utilement employés ; nous avons précisé leur emploi au début de ce chapitre.

Bien entendu dans tous les cas bénins ou graves, la réglementation de la tétée chez l'enfant nourri au sein est la base primordiale de tout traitement.

Chez l'enfant nourri au lait artificiel, cette réglementation s'impose plus encore. Nous ne croyons pas utile de préciser ici toutes les précautions qu'elle suscite.

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