‹ La Pneumonie du NourrissonChapitre 7 sur 28 · TOR ES · texte numérisé non relu

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fant ne crie pas, mais si on prend soin d'observer sa face, on voit se produire une certaine réaction bien légère et qui peut, chez un esprit non prévenu, passer inaperçue: quelquefois, l'enfant exécute avec la jambe certain petit mouvement.

Nous insistons sur ces petits signes dont il faut teniv un grand compte dans le diagnostic différentiel de l’appendicite.

Toux. — (C’est un signe inconstant sur lequel il fait bon de né pas compter; quand elle existe, c'es une toux brêve, sèche. ,

Dans la broncho-pneumonie, ce signe acquiert une grande valeur, elle est constante dans toute la durée de l’affection, c’est une toux quinteuse. Quand on entend respirer le petit malade, il semble se plaindre et et geindre. |

Expectoration. — N’existe pas chez l'enfant, celuici déglutit en effet ses crachats. Néanmoins on peul les recueillir par certains procédés.

On peut vider l'estomac, mais c’est une pratique dangereuse qui à peu de partisans. Netter conseille les vomilifs. On peut provoquer une toux violente, en faisant entrer dans le vestibule du larynx une sonde de Nélaton, dans laquelle pénètrent des parcelles de sécrétion, qui peuvent être examinées. Variot, en provoquant des quintes, recueille directement sur un tampon de ouate: monté sur une pince, le crachat dès qu'il apparaît derrière l’épiglotte. On peut aussi recueillir les crachats dans les selles et dans les vomissements naturels. La constatation du pneuniocoque éclaire précieusement le diagnostic.

L'examen des différents organes nous amène aux . constatations suivantes

Appareil digestif. — La langue est sèche, légèrement sabburale,; la soif est vive, l'appétit n’est pas diminué, nous avons toujours vu nos petits malades téter avidement.

Foie. — Il est augmenté de volume, parfois dès le début de la maladie, souvent douloureux à la pression.

Rate. — Pour certains auteurs, Weill en particulier, l'hypertrophie de la rate serait un fait constant, pour d'autres, Armand Delille, par exemple, elle n'augmenlerait pas de volume; aucun de nos petits malades n’avait de rate grosse.

Selles. — Cette étude fera l’objet de notre troisième chapitre.

Appareil urinaire. — Les urines sont rares, foncées et contiennent parfois de l’albumine.

Cette albumine peut se montrer dès le début de lPinfection ou pendant la crise. Sa signification varie avec le moment de son apparition.

Au début, elle serait un indice de gravité. Pendant la crise, au contraire, il n’est pas rare de la constater sans que le pronostic en soit de ce fait agravé.

Système nerveux. — Le sommeil ne disparaît pas toujours, il est souvent pénible.

On à noté dans le tiers des cas environ, l'abolition des réflexes rotuliens.

Etat général. — T1 paraît bon, l'enfant ne diminue

pas de poids, c’est ce qui paraît résulter de nos constatations à ce sujet. Mais il est bon, dans l’apprécia-

tion du poids, de tenir compte de la rétention chlorurée.

Le plus souvent, les signes en restent là; la pneu- . Mmonit ne se manifeste pas toujours par des signes stéthoscopiques:; ceux-ci font complètement défaut, c'est un fait sur lequel tous les auteurs ont insisté; on conçoit que, dans ces cas, le diagnostic soit particulèrement difficile. Il est certains cas cependant, dans la forme dite « pneumonie à signes stéthoscopiques » où ceux-ei apparaissent vers le cinquième jour: voici alors ce qu’on peut constater

Pneumonie à forme stéthoscopique

Inspection. — Elle révèle peu de chose, cependant dans une série d'articles parus dans quelques périodiques « signes précoces de la pneumonie infantile, Semaine médicale 1901, p. 179 », M. Weill insiste sur le défaut d'expansion de la région claviculaire du côté malade, ce signe est délicat à chercher; nous lavons trouvé dans la moitié de nos cas.

Palpation. — Elle est inutile, car l'exagération des vibrations vocales est toujours impossible à rechercher,

Percussion. — La percussion méthodique, soigneuse, permet de dépister, une légère différence de tonalité. Il y a tantôt du skodisme, tantôt de la submatité, mais jamais de la matité franche.

Auscultation. — On peut saisir une diminution du murmure vésiculaire, le souffle tubaire s'entend parfois, il prend quelquefois le caractère de souffle amphorique.

Les râles s'entendent rarement, ce sont de gros râles humides.

Evolution. —— La maladie dure de 7 à 9 jours; à ce moment Ja température tombe brusquement en lvsis, le malade à une véritable crise urinaire el de sueur. |

La matité et le souffle persistent parfois longtemps après toute guérison.

Pour éclairer notre diagnostic, nous disposons d'un certain nombre de procédés de laboratoire.

Procédés de laboratoire

Is se divisent en deux grands groupes.

a) Ceux qui nous servent à différencier la pneumonie des autres infections pouvant simuler la pneumonie, sur lesquels nous n'insisterons pas.

Ponction lombaire Séro-diagnostic de Widal

b) Ceux propres à la pneumonie.

‘1° Fibrino-réaction de Hayem, dont la technique est aujourd'hui classique.

Mais ce procédé est inconstant. En effet, cette réaction existe dans la broncho-pneumonie et manque dans la pneumonie à forme tvphoïde.

2° La radioscopie fera l'objet d'un chapitre spécial, dans notre fravail.

3° L'hémoculture est un procédé nouveau dont nous dirons quelques mots. Bien étudiée par Lemierre « thèse de Paris 1904, ensemencement du sang pendant la vie », par Joltrain et Cotoni, elle est d’un précieux secours.

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L'exiguité des veines chez le nourrisson rend la prise de sang aseptique très délicate et souvent irréalisable. Le procédé dit «de la sangsue » permet d'obtenir un sang non coagulé ni coagulable, nous l'avons employé une fois.

Tout récemment M. Brunau vient d'inventer un appareil pour prise de sang chez le nourrisson. C'est en somme une ventouse spéciale ef paraissant très pratique.

A quel moment l’hémoculture permet-elle de découvrir le pneumocoque? Les opinions des auteurs varient à ce sujet. Weïll indique comme. moyenne les cinq premiers jours de l'infection.

4° L’inoculation à la souris peut rendre de grands services, mais elle ne constitue pas un procédé infaillible (Courmont).

Pneumonie de la deuxième année

La symptomatologie est la même, mais ce qui la distingue de la précédente c’est la valeur que prennent ici les troubles subjectifs.

Le frisson est moins rare: la toux a des caractères plus nets; la douleur surtout est mieux localisée; l'enfant se plaint, analyse ses sensations, les indique de la main ou par un cri. Enfin lPherpès est fréquent.

PronosTIG. — Il est classique depuis Cadet de Gassicourt d'attribuer chez le nourrisson un pronostic bénin. Voici quelques chiffres à l'appui de cette affirmation :

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