Né à Châteaubriant en 1812, mort à Rennes en
Quelques années après, en 1837, un nouveau groupe de poètes, au nombre desquels était encore Armand de la Durantais, créa à Rennes le journal Le Foyer. « Ce fut, dit M. (( Adolphe Orain (Revue de Bretagne et de « Vendée, 1881, t. ii), dans cette feuille que (( parurent les sonnets brûlants de Boulay- (( Paty, les poésies de Turquety, les satires de « Langlois*, les iambes de Louis de Léon et « de Letourneux, les élégies de Kerambrun « et de la Durantais. » Leconte de Liste, alors étudiant à Rennes, y fît ses premières armes. Le grand artiste qui devait écrire le Manchy et le Sommeil du Condor, essayait ses forces dans des vers médiocres, mais qui contiennent déjà les germes de son talent. A titre de curiosité, voici une strophe d'une pièce intitulée Fleur du Gange et adressée à une jeune Indienne :
Le colibri, diamant du feuillage, Ainsi que toi chante, étincelle et dort ; Ta rose aimée où Taube a son mirage.
Ainsi que toi pleure des larmes d'or;
1. Emile Langlois, né à Rennes en 1813, mort à Paris en 1860, écrivain très spirituel, qui rédigea en 1841, à Châteaubriant, un petit journal littéraire, V Espiègle, dont la collection est curieuse.
Mais comme lui ne sois pas un prestige, Un doux éclair qui vient, s'envole et meurt... Comme elle aussi ne quitte pas ta tige, Frêle âme éclose aux lèvres du Seigneur * !
Ne sent-on pas dans ces vers l'effort du poète pour vêtir ses idées de ce coloris éclatant et presque métallique qu'il a su leur donner plus tard?
En 1840, il fonda à Rennes une revue littéraire: La Variété, presque introuvable aujourd'hui, dit M. Louis Tiercelin, (l Hermine du 20 août 1894). Son père, médecin à l'île Bourbon, était originaire de Dinan; mais luimême est né dans cette île, d'une mère créole, et n'a passé à Dinan et à Rennes que quelques années de sa jeunesse ; d'autre part, ses œuvres n'ont rien de commun avec le mysticisme et l'esprit national des Bretons; je ne crois donc pas qu'on puisse le compter au nombre des poètes armoricains ^.
A côté de ce groupe, vivait, retiré dans son manoir du Val, sur les bords de l'Arguenon, un disciple des lakistes d'Angleterre, Hippo-