‹ La poésie bretonne au XIXe siècleChapitre 17 sur 31 · N° du V décembre · texte numérisé non relu

N° du V décembre

2. Voir, dans VUnivers du 11 septembre 1894, des lettres de Leconte de Liste sur la Bretagne, citées par M. Edmond Biré.

lyte-Michel de la Morvonnais (1802-1853). Comme Va dit Sdiinie-BeuYe (Premiers Lundis, t. II, p. 369), le fond de sa poésie « a beau- « coup de richesse et de fertilité; la forme en (( est souvent indéterminée et quelque peu (( inculte. »

11 n'est guère possible de voir une plus belle àme, plus réellement bienveillante et noble. Il était adoré de tous ceux qui l'ont connu. Son tombeau, très simple, élevé près de l'église qu'il a fait bâtir en face des ruines de la forteresse du Guildo, est entouré de la vénération des habitants du pays.

Il fut intimement lié avec Lamennais, son compatriote Malouin et parent de M^^^ Marie Macé de la Villéon, qu'il épousa par amour en 1826, alors qu'elle n'avait que dix-huit ans. Après son mariage, il habita le manoir du Valf sa Thébaïde. C'est là qu'il passa quelques années heureuses, faisant le bien autour de lui, recueillant pendant ses promenades les images qu'il a semées depuis dans ses vers.

Là, il regardait avec délice :

Le courlieu qui se plaint sur les gués de la grève, ou bien,

Dans un fossé tout rempli de glaïeul

La sarcelle au cou d'or et le héron sauvage...

Quand le ciel est grisâtre et que la mer est pleine.

C'était la mouette

Rasant les flots de Faile et cherchant un écueil.

Il prenait « sous son bras » son « Wordsworth tant aimé », et allait s'asseoir

A l'abri d'un moulin antique et ruiné,

dans la bruyère où

Quelques vaches erraient paissant Therbe séchée ;

et il écoutait

Le clocher dont la voix descendait sur les morts, Et la vague des mers battant au loin ses bords.

Il sut attirer auprès de lui Maurice de Guérin et d'autres amis d'élite qui ont rendu célèbres les rives de l'Arguenon.

C'est avec raison qu'il disait, dans son poème les Larmes de Magdeleine :

Vous qui me visitez dans mon désert sauvage, Vous aimerez sans doute à longer ce rivage. Vous irez traversant le taillis du manoir, Gravissant des ravins, vous arrêtant pour voir Le cours de TArguenon, doux fleuve poétique.

J'ai passé quelques jours dans ce charmant pays, où dort, sous un menhir surmonté d'une croix, près de l'ancienne abbaye de Saint-Jacut, le grand historien de la Bretagne, l'austère dom Lobineau, et quand je lis les vers si sincères d'Hippolyte de la Morvonnais, je revois et reconnais tout ce qu'il a décrit :

L'île des Ébihens qui porte sur sa crête Une tour de granit droite sur son écueil,

et la petite terme avec ses figuiers, cachée dans un pli de l'îlot.

Comme un oiseau de mer qui fuit les coups de vent.

Mais la mort de M"^® de la Morvonnais, le 21 janvier 1835, brisa la vie du poète. Il quitta le Val avec sa fille unique, le lendemain de cette mort, et n'y revint habiter que plusieurs années après.

Pour occuper les heures, qui sont si lentes

à couler quand on souffre, il chanta ses douleurs présentes et son bonheur perdu.

La Thébaïde des Grèves, Reflets de Bretagne, parut en 1838 et fut suivie de deux autres volumes de poésie : Un vieux Paysan (1840) et les Larmes de Magdeleine (1844), poème beaucoup trop long et languissant.

Ses romans, le Manoir des Dunes et les Récits du foyer, de même que ses écrits politiques, inspirés par l'amour désintéressé du peuple, n'ont point la valeur de ses vers.

Il mourut de tristesse, le 4 juillet 1853, chez ses sœurs, au village du Baschamp en Pleudihen.

Je trouve dans Un vieux Paysan un tableau qui donne une idée exacte de sa façon de sentir et de peindre :

Tes paroles tombaient dans mon âme apaisée Comme tombent au soir les gouttes de rosée Dans les pacages morts oii les troupeaux n'ont pas Une touffe de jonc verdoyant sous leurs pas ; Le vanneau même a fui la plage désolée ; Quelque alouette, errant sur la terre pelée, A peine chante encore, au retour du matin. Et sous l'ardent soleil bientôt sa voix s'éteint. Mais le ciel donne-t-il la pluie au marécage, Alors tout reverdit ; la joie est au bocage

Où chantent les tarins tant que dure le jour.

Le vanneau s'en revient et gémit à Fentour

De la hutte du pâtre où bientôt la fumée

Vient repeupler aussi la bruyère embaumée.

Le pâtre sur le seuil regarde ses troupeaux ;

Il écoute l'abeille, et voyant aux coteaux

Les moissonneurs pousser leur tâche longue et rude,

L'homme s'agenouillant bénit la solitude.

Voici, dans un autre genre et sur un autre rythme, une pièce adressée par le poète à sa fille :

A l'enfant

Enfant, tes jeux sont doux à mon cœur paternel ; Mon chant intérieur monte vers FÉternel,

Quand j'entends tes pas dans les salles, A cette heure où le jour s'éteint mystérieux, Lorsque le vieux château, décrépit glorieux,

Nous cache ses tours colossales.

Le seul bruit de tes pas ravive dans mon cœur Des souvenirs, tout pleins d'une exquise douceur,

De repos et de rêverie.

Marche donc, mon enfant, image du passé, Ranime mon esprit qui, voyageur lassé.

Se traîne vers l'hôtellerie.

L'hôtellerie est loin et le ciel est chargé. Oh! qui m'enseignera le chemin ombragé, Car il fait chaud sous les nuées !

Le chemin ombragé, c'est toi, mon bel enfant, Toi plus doux à mon cœur que le soupir du vent, Ou le bruit des mers refluées.

Tout s'en va, mon cher ange, avec le flot des jours : L'homme voit au tombeau descendre ses amours

Et ses espoirs les plus superbes.

Tu me tombas alors des trésors du Seigneur, Comme un épi doré que trouve le glaneur

Dans un champ dépouillé de gerbes.

Ton fracas me rappelle à de charmants tableaux, Aux jours où je faisais retentir mes sabots

Sur le parquet large et sonore.

J'eus une mère, enfant, un père, comme toi ; J'eus une aïeule aussi qui cultivait ma foi,

Bien-aimés que je pleure encore.

J'éveillais le logis avant le point du jour.

Toute bouche pour moi n'avait que miel d'amour.

Que caressantes gronderies.

De mon humeur farouche on craignait les courroux, Et j'aurais, en jouant, toujours aimé de tous,

Brisé glaces et pierreries.

Sur mon front de cinq ans j'avais toujours des fleurs ; Le temps, comme une plume, emportait les douleurs

Et de mon corps et de mon âme ; Une rose en avril me jetait en transports ; De la vie en mes sens abondaient les trésors ;

Je voltigeais comme une flamme.

Tels qu'un rayon de mai, tous ces trésors ont fui ; Les heures de santé sont rares aujourd'hui ;

Il a neigé sur la montagne ; Mais j'ai, pour me charmer, ma lyre, don du ciel, J'ai l'amitié, ce vase aux flots d'or et de miel,

Mais j'ai la mer et ma Bretagne.

J'ai la vieille Bretagne avec ses bruits si beaux. Ses maisons du Seigneur, au milieu des tombeaux

Comme des mères de familles.

Assises au milieu de leurs enfants aimés, Au soir d'un de ces jours où les cieux allumés

Ont chauffé le fer des faucilles.

J'ai les amis venant en automne au manoir. J'ai devant le foyer les lectures du soir

Et l'étude des saintes choses ; J'ai, quand le vent gémit dans le long corridor, La prière dans l'ombre et de beaux songes d'or

Sur la couche où tu te reposes.

Ce qui est exquis chez Hippolyte de la Morvonnais, c'est le son que rend son âme et le sentiment du paysage. Pour lui la poésie était bien « tout ce qu'il y a d'intime dans tout », suivant le mot de Victor Hugo, dans la première préface des Odes et Ballades.

Il négligeait trop souvent la forme. Evariste Boulay-Paty, au contraire, s'en préoccupait

outre mesure. Il choisit de préférence, pour exprimer ses sentiments et sa pensée, le so/i/îe/, « né en France et si cher à l'Italie », disait-il, le sonnet, le plus difficile des moules poétiques. Il en résulte un pénible effort qui se trahit trop fréquemment par le sacrifice du fond à la rime. Sainte-Beuve, dans une très jolie esquisse, a dit de lui (x® volume des Nouveaux Lundis) : « Il a fait de charmants sonnets, dont (( je comparais quelques-uns à des salières « ciselées, d'un art précieux, mais les salières « n'étaient pas toujours remplies ; il avait plus « de sentiment que d'idées. Il appartenait par (( bien des côtés à l'ancienne école poétique, « en même temps qu'il avait un pied dans la « nouvelle. Ce n'est pas pour rien qu'il s'appe- (( lait Evariste; il tenait de Parny, son parrain (( poétique, plus que d'Alfred de Musset. » — « Ame simple et droite, sans un repli, avec les (( instincts les plus loyaux, mais toujours un « peu de chimère, aucun des intérêts, aucune « des ambitions qui d'ordinaire saisissent les c( hommes dans la seconde moitié de leur vie, « n'eurent jamais sur lui action ni prise. Sa « poésie, expression fidèle de sa manière d'être, (( est trop directe ou trop linéaire, si je puis (( dire; elle ne passe point par une création;

<( c'est une poésie qui a du nombre, un cer- « tain éclat, mais qui ne se transforme et ne se (( transfigure jamais à travers l'imagination. »

On ne saurait mieux juger un poète. Quand Sainte-Beuve n'est pas aveuglé par les inimitiés et les préventions, aucun critique n'analyse une œuvre plus finement et dans un style plus pittoresque.

Evariste-Félix-Cyprien Boulay-Paty était né le 19 octobre 1804, sur les bords de la Basse- Loire, au bourg de Donges. Son père, savant jurisconsulte, donna des preuves de courage pendant la Révolution en résistant à Carrier et fut plus iard député au Conseil des Cinq- Cents. Après avoir fait ses études au collège de Rennes et passé par le barreau, il se rendit à Paris pour se livrer à ses goûts littéraires. Ses premières poésies, mêlées de politique libérale, sont faibles. En 1834 il publia une espèce d'autobiographie romantique, Elle Mariaker, où il peint les scènes de sa jeunesse et son bourg natal :

Je n'oubliais jamais les heures du passage. Çuand, s'arrètant au coin du placis du village. Un des bargers avait soufflé pour le départ Dans la corne des mers, sur le petit rempart.

J'allais avec ma sœur, en sautant, voir la barge A flot, hisser la voile et puis voguer au large, Et puis danser, bondir, comme un monstre marin Au roulis du courant quand il venait un grain.

C'est près de ce petit rempart que son corps repose, dans le cimetière ombragé d'ormeaux qui entourait la vieille église, aujourd'hui démolie. Il mourut isolé, à Paris, le 12 juin 1864. David d'Angers nous a conservé ses traits, dans un beau médaillon de bronze. Il n'avait jamais rempli d'autres fonctions que celles de bibliothécaire au Palais- Royal, jusqu'en 1848, puis au Ministère de l'Intérieur.

Il eut un jour de triomphe. L'Académie française, en 1837, couronna son ode sur lArc de Triomphe de lÉtoile, et le ministre de l'Instruction publique doubla le prix décerné.

Voici quelques fragments de cette ode :

Salut, ô piédestal de notre renommée !

Salut, représentant de notre vieille armée ! La foudre tomberait sans ébranler ton front ! Ta masse indestructible, édifice sublime, Fatiguera du Temps l'infatigable lime ; Sur toi les siècles s'useront î...

Boulay-Paty

Le passé sur toi brille en lettres colossales ; Mieux qu'aux feuillets écrits de toutes nos annales, Chacun de nos exploits se lit sur ton granit. Aux avides regards ouvre toi, page immense. Page immortelle oi^i gloire est le mot qui commence, Où gloire est le mot qui finit.

Les vastes monuments sont les grandes reliques Des peuples qui par eux semblent jessusciter ! Les doigts du Temps, posés sur les cités antiques. Sentent sous leurs débris leur grand cœur palpiter. Atliène existe encore et Rome n'est pas morte ! Car toute nation qui régna grande et forte Dans la postérité vit par ses monuments; On mesure sa taille à cette ombre fidèle, On voit ce qu'elle fut par ce qui reste d'elle ; On reconnaît sa force à ses grands ossements.

Après cette ode éloquente, Boulay-Paty publia plusieurs recueils de poésies, dont le plus saillant est celui des Sonnets de la vie humaine.

Son parent et ami Eugène Lambert a rassemblé, après sa mort, ses œuvres inédites, sous le titre de Poésies de la dernière saison. Il s'y trouve des pièces de grand mérite. Celle sur le Câble transatlantique a des strophes superbes de pensée et d'expression.

Le poète y dit à Thomme :

O Prométhée ! en vain tu relieras les mondes ; De ce globe, à travers et les monts et les ondes, Ta ceinture électrique en vain fera le tour ; Nulle part le bonheur que tu poursuis en rêve N'est pour toi sur la terre, et tu seras, — sans trêve, Rongé vivant par le vautour...

Un jour, au bord du golfe où New-York est en fête, Un pêcheur trouvera, roulé par la tempête. De ce câble éloquent un débris mutilé ; Et, prenant ce débris d'un immense naufrage Pour un câble d'esquif englouti par l'orage. Ne saura pas qu'il a parlé.

Evariste Boulay-Paty est aujourd'hui bien oublié, et pourtant il disait, dans son volume de Sonnets, imprimé à Paris en 1851 :

Vivant, déjà marcher dans son éternité, Écraser sous ses pas la jalouse vipère, à

Ce sort, par les travaux dont le génie est père. Plusieurs de mes amis l'ont déjà mérité.

Tous les échos sont pleins de leur célébrité. Je n'ai point tant d'éclat, un destin si prospère, " Cependant après eux, moi modeste, j'espère Un peu de souvenir et d'immortalité.

Muse, dans tes jardins, pour ton front blanc et rose, Aussi bien que le lis, aussi bien que la rose, Tu cueilles la pervenche et même le souci.

Muse, au cercle odorant dont ton front s'environne, Après les plus grands noms que le mien brille aussi ! Il faut plus d'une fleur pour faire une couronne.

Hippolyte de la Morvonnais était un catholique républicain ; Boulay-Paty, un orléaniste ardent, très mondain dans sa jeunesse, mais qui, en vieillissant, devint sincèrement religieux; Edouard Turquety fut essentiellement un poète orthodoxe et conservateur.

c( J'ai voulu, écrivait-il à Lamennais, le (( l^^ décembre 1832, en abordant des sujets a de religion, resserrer ma poésie dans un <( catholicisme rigoureux. »

Lamennais, touché de sa lettre, l'invita à venir le voir à la Chênaie, et Turquety s'y rendit avec empressement.

« C'était, dit-il, au mois de décembre 1832. « Le ciel était voilé, la campagne aride et « dénudée. Ce deuil me plaisait ; n'étais-je « pas en deuil moi-même ? Je laissai la voiture « à la hauteur de Saint-Pierre de Plesguen et « m'enfonçai dans des sentiers abandonnés.

142 LA POÉSIE BRETONNE AU Xl\'' SIÈCLE

« Je marchai au bruit d'un vent mélancolique ; « ma tête s'exaltait déplus en plus... J'arrivai (( en face de la Chênaie. Je trouvai une (( maison modeste et dont la solitude faisait <( tout le charme.

« M. de la Mennais m'ouvrit les bras ; je m'y « précipitai... Je vis un vieillard, d'une taille « au-dessous de la moyenne : figure maigre et « ridée, front austère et jauni comme le front « d'un trappiste. Mais ce qui me frappa le plus, « c'étaient ses yeux, luisants comme des escar- « boucles. Il était vêtu d'une méchante redin- « gote, et pendant qu'il me faisait asseoir, il (( s'asseyait lui-même sur un vieux fauteuil « usé. . . Je contemplais curieusement ce visage « pâle, je l'interrogeais avec une anxiété na- « vrante, avec un doute plein de terreur. « Qu'était cet homme que je voyais là devant « moi? Etait-ce Bossuet? Etait-ce Luther? »

Je rencontre ce vivant portrait dans la biographie consacrée à Turquety par son disciple, M. Frédéric Saulnier, conseiller à la Gourde Rennes, biographie qui est un modèle de goût et de sentiment. M. Saulnier a voué à la mémoire de son maître et ami un dévouement rare, et c'est à lui surtout qu'est dû l'élégant mausolée du poète élevé à l'aide d'une sous-

Edouard Turquety

cription publique, dans le cimetière de Rennes, sa ville natale.

Edouard Turquety* était fils d'un notaire, qui fut adjoint de M. de Lorgeril, maire de Rennes sous la Restauration. Il a joui d'une véritable popularité depuis 1833, date de son volume Amour e/ T^oz, jusqu'en 1850. « Il est « du très petit nombre des poètes qui se « vendent, » disait Sainte-Beuve [Premiers Lundis, t. ii, p. 374.)

Quelques-unes de ses Hymnes sacrées (1838) furent mises en musique par Berlioz. Sa poésie est harmonieuse ; comme l'a remarqué M. Saulnier, il y «. laissait volontiers la pensée (( un peu enveloppée et voilée, indiquant les (( contours plus qu'il ne les dessinait. » (Edouard Turquety, p. 197.) Il a de l'ampleur et de la noblesse, mais peu d'originalité.

J'emprunte à ses Hymnes sacrées une pièce très gracieuse, Y Annonciation:

Il est à Nazareth, ville de Galilée,

Une demeure simple, une maison voilée,

Que l'étranger qui passe embrasse d'un coup d'œil ;

Maison qui semble fuir tous les bruits de la terre,

1. Né à Rennes le 21 mai 1807, mort à Passy-Paris le 18 novembre 1867.

Sous les rameaux charmants du palmier solitaire Qui croît doucement sur le seuil.

Et dans cette maison, chère à la rêverie, Il est une humble vierge, une femme qui prie : Son visage est empreint d'un calme solennel ; Elle baisse à moitié sa modeste paupière, On lit sur son beau front que sa pure prière Est un écho même du ciel.

Elle n'a pas cherché de volupté profane. Elle vit loin d'un monde où tout parfum se fane, Où le cèdre est frappé comme l'obscur roseau ; Elle y reste semblable à la rose ignorée Qui croît loin de la foule et qui n'est effleurée Que par la brise ou par l'oiseau.

Et pourtant cette femme est la prédestinée, L'Eve qui doit sauver la terre condamnée Et rayer de nos fronts le sceau réprobateur. Cette Vierge sans nom, mais aussi sans souillure, (0 siècles, courbez-vous,) c'est la mère future De l'immortel libérateur.

Dans une des pièces de son recueil Primavera, Turquety a rencontré la véritable éloquence en exprimant avec simplicité un sentiment sincère et profond :

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