‹ La poésie de Jean AicardChapitre 30 sur 112 · A LA CIGALE · texte numérisé non relu

A LA CIGALE

Homère a comparé !e charme de ta voix, Quand tu vibres posée au faîte des grands bois, A l'éloquence auguste et pleine de sagesse Des vieillards discourant entre eux; toute la Grèce T'aimait: Anacréon te dit semblable aux dieux, Et Socrate et Platon trouvaient mélodieux, Aux bords de l'Ilyssus et sous les lauriers-roses, Tes chants, écho du bruit universel des choses. Virgile en un beau vers fixa ton nombre d'or, Et le tendre Chénier modulait hier encor, Pour toi, son vers pareil au noble vers antique. Cependant, citadin ou travailleur rustique. Par les grands jours d'été, plus d'un dit aujourd'hui Que ta voix monotone exhale un long ennui... Cigale, plaignons-les. L'Hymette, à leurs oreilles. Est plein d'un importun bourdonnement d'abeilles: Plaignons-les. Ils n'ont pas ce luth intérieur Qu'un soupir même anime et fait trembler au cœur, Et jamais le seul bruit d'une voix cadencée N'éveille en eux l'écho divin de la pensée.

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