‹ La poésie de Jean AicardChapitre 43 sur 112 · SONNERIE HOLLANDAISE · texte numérisé non relu

SONNERIE HOLLANDAISE

La Hollande parfois s'ennuie en plein hiver, Quand la cigogne a fui vers les chaudes patries, A voir, près des moulins, à travers les prairies, Les voiles des bateaux passer, rêvant la mer!

Et les villes, sur l'eau, sous le ciel gris de fer, Sont mornes, et les cœurs pleins de choses flétries. Quand soudain l'heure éclate en vives sonneries, Fleurs joyeuses du son qui s'effeuillent dans l'air.

Et le temps, qui naguère était lourd et morose. S'épanouit en bruit léger, couleur de rose, Et chante comme avril, le beau mois souriant...

Oh! voyez donc là-haut flotter, haut dans l'espace. Dentelle voltigeante au gré du vent qui passe, Les carillons brodés d'un éclat d'Orient!

Couronné par l'Académie Française (Prix Vitet)

A Paris.

Q,uand mourut Charles Trois, qui vint après René, Son testament donna la Provence à la France, Mais notre esprit chantant, du Var à la Durance, Quand parla-t-il ta langue ? et qui te l'a donné ?

J'ai traduit en français cette âme provençale, L'âme de nos patois, morts qu'on aime toujours, Et c'est le testament des anciens troubadours Qiie je mets à tes pieds, ô notre capitale !

(Dcdicace de M'iexte ei Norè.)

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