LE BON TRAVAIL
Songe, ô rêveur lassé de vivre,
Que le travail sacré délivre
L'homme de tous les maux humains!
En vie, en force salutaire.
Il rend aux cœurs, — c'est un mystère
Plus que ne lui donnent les mains!
Laisse le rêve, prends la plume, Lève le marteau sur l'enclume.
Prends la truelle des maçons:
Tu sentiras ta délivrance!
Et sur ta lèvre une espérance Voudra s'échapper en chansons.
L'homme qui rêve seul ramène Trop souvent sa pensée humaine Sur lui-même qui souffre en lui !
La pensée est peu généreuse; C'est pour elle qu'elle se creuse.
Et son dégoût fait son ennui !
Ah! l'homme, avec tout son génie, Perd, au fond de l'âme infinie, Le fil cassé de sa raison ; Puis, cherchant sa raison perdue, Il s'effraie à voir l'étendue, Tout seul devant trop d'horizon!
D'où vient donc la vertu secrète Du bon travail? C'est qu'il arrête Sur un point fixe l'œil content!
C'est qu'il limite la pensée...
Toute besogne est cadencée, Et s'harmonise au cœur battant!
Tout travailleur fait de la vie, Et c'est l'humanité servie Qui, par un charme intérieur.
Paie en gaîté le bon ouvrage!
Et tous les cœurs font le courage Mystérieux du travailleur!
Qui rêve est toujours solitaire; L'action, par toute la terre.
Pousse la foule aux grands chemins; Le travail n'est jamais la haine...
Tous les travailleurs font la chaîne Et sentent leur cœur dans leurs mains
Laisse-donc là ce qui t'attriste!
Sois le dieu qui dans l'homme existe... Homme, travaille et sois joyeux!
L'erreur se sent aux tristes fièvres.
Le vrai seul met la joie aux lèvres, Au fond du cœur et dans les yeuxl
LE DIEU DANS l'hOiMME 18^
Sois la volonté, l'énergie,
Et tu sentiras, par magie,
Mille cœurs dans ton cœur content;
Tu seras de la grande ronde
Qui se déroule par le monde
Les mains 'dans les mains en chantant!