‹ La poésie de Jean AicardChapitre 58 sur 112 · A LA MEMOIRE DE MON GRAND-PÊRE JACQUES · texte numérisé non relu

A LA MEMOIRE DE MON GRAND-PÊRE JACQUES

Mon regret sans souffrance évoquera ton ombre, G père de mon père, ô vieil homme indulgent, Que je revois, rasé de frais, cheveux d'argent, Assis dans le foyer sous le haut manteau sombre

A soixante-dix ans, vieux pilote surpris, Tu vis que ton bateau naviguait vers sa perte, Et droit et souriant, et de vieillesse verte. Tu sombras, ruiné jusqu'au dernier débris.

Hier bourgeois visité dans ta maison de ville, Sans asile à présent, tu cherchas dans les bois, Dans les grands bois de pin, dont tu compris la voix. Un désert où cacher ta pauvreté tranquille.

Seul? non; une faiblesse était là, ton soutien, Ta fille au pâle front qui maintenait ta force... Le chêne-liège vieux, bois dur et tendre écorce, Porte un cœur étoile, père, comme le tien.

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