‹ La poésie de Jean AicardChapitre 69 sur 112 · LE LIVRE DES PETITS · texte numérisé non relu

LE LIVRE DES PETITS

Où des lutins de feu dansaient allègrement,

La bûche de Noël n'est plus qu'un tronc fumant;

La lampe, à mon espoir qui vacille — est pareille...

Long, triste, un chant de cloche arrive à mon oreille...

Minuit sonne, lointain, par la neige voilé...

Où donc est-il, Tami que j'ai tant appelé?

Quelque part, sous le vent de nuit, dans les tourmentes,

Il rêve un tiède abri plein de choses aimantes !

Il meurt, désespéré, peureux et grelottant.

Sans voir un cœur ouvert et vide, — et qui l'attend!

Frutt! un joyeux bruit d'aile, au dernier son de cloche! Tic! il revint!...

Il fut sans peur à mon approche !

Je mis la nuit dehors en fermant les rideaux; Tic ! il lustra d'u bec les plumes de son dos ; Ensuite, il s'étira longtemps, heureux de vivre; Puis, sur ma vaste table, à côté de mon livre, Il fît un grand festin des miettes d'un pâté. Devant mon feu d'amour, beau comme un ciel d'été.

Noël 190"] .

Page 1