Scène familiere(de Ludwig de Moni).— Une jeune
fille tient un chat dans ses bras près d’un enfant qui Joue avec un oiseau,
Le Maitre d'école (d’Adrien van Ostade). — Il menace de sa férule un enfant qui tient son chapeau et pleure. D’autres enfants occupés à la lecture, etc.
Scène d'intérieur (de Jan Verkolie).— Une femme assise tient sur ses genoux un enfant qui regarde sauter un petit chien.
Les Bulles de savon (de Téniers, École flamande; ou de Willem van Mieris, École hollandaise). — Un enfant souffle des bulles de savon ou en tient une suspendue au bout d'un chalumeau, ete.
La Maitresse d'école (de Crespi, École bolonaise). — Une vieille femme assise apprend à lire à deux garçons. Près d'elle, quatre petites filles dont une. tient un livre, etc.
La Diseuse de bonne aventure (de Manfredi, École romaine). — Une femme se fait dire la bonne aventure par deux Égyptiennes et montre sa main à la plus jeune.
L'accent simple se rencontre fréquemment dans lamusique de chambre, commenous le verrons plus loin, et ce’estun de ceux qui frappent le plus, quand il est bien compris et bien rendu. Baillot donne comme modèles de cet accent :
le menuet en /a du 2° quintette de Boccherini,
LA POÉSIE DE LA MUSIQUE. 41 pour piano, œuvre 46, édition Pleyel; le trio en wt du menuet du 40° quintette du même auteur, pour instruments à cordes; et l’andante en {a mineur du 9° quatuor de Beetho-
ven.
2° Pastoral, champêtre (pastorale). — Toute scène de la vie des champs : prairies, ruisseaux, troupeaux, bergers, etc.
Tityre, tu patulæ recubans sub tegmine fagi, Silvestrem tenui musam meditaris avenä.
Par exemple :
Sujets pastoraux (de Boucher, École française). — Dans l’un, une bergère endormie à l'ombre d'un bouquet d'arbres. Dans l’autre, elle noue des rubans à la musette d’un berger. Dans un troisième, elle tient un agneau attaché par un ruban, ete.
Paysage avec animaux (de Casanova). — Une paysanne garde son troupeau, assise auprès d’un joueur de cornemuse. |
Les Pasteurs (de Chavannes). — Des troupeaux,
1. Je ne pourrais donner ici un extrait de ces morceaux sans excéder les limites qui me sont imposées, On pourra suppléer à cette omission en consultant, si on le désire, les æuvres des auteurs.
gardés par un berger et deux bergères, paissent au bord d’une rivière.
Paysage (de Sylvestre). — Des vaches, des moutons, des chiens, paissent sur une pelouse. Pâtres et autres personnages. ;
Paysage (de van Bloemen, École flamande). — Pâtres gardant leurs troupeaux.
Paysage (de Meel). — Une femme assise garde son troupeau près d’un jeune pâtre quijoue avec son chien. Dans le fond, une cabane en chaume adossée à des rochers.
Paysage (de Rubens).— Divers personnages, dont un berger tenant une flûte. Deux paysans couchés à terre et entourés de moutons, Une rivière, deux ponts et quelques fabriques. Montagnes à l'horizon. Un arc-en-ciel au milieu des nuages.
Vue de Hollande (de van Hagen, École hollandaise). — Des moutons et une vache paissent dans une prairie. Rivière, plaine, collines.
Le Pâturage (de Du Jardin). -— Moutons, brebis, agneaux, ete. Bouquet d'arbres au deuxième plan, au-dessous desquels un pâtre caresse son chien.
Même sujet (de Poelenburg). — Une vache couchée et d’autres éparses dans la campagne.
Les Pâtres (de van Laar). — Une femme trait une chèvre au bord d’une rivière. Près d’elle, un pâtre jouant du chalumeau. Une vache, une chèvre et un chien.
La Prairie (de Potter). — Bœufs et moutons.
Chaumière entourée d'arbres. Un village à l'horizon, se détachant sur un ciel orageux.
Paysage et animaux (de van den Velde). — Deux pâtres, près d’une hutte construite entre des arbres, regardent une paysanne endormie. Moutons, vaches, chèvres, bœuf,
La Vie champêtre (de Féti, École romaine). — Une femme assise et filant au pied d’un arbre. Deux petits enfants près d'elle. Plus loin, un laboureur conduisant une charrue. |
Herminie gardant les troupeaux (de Mola, École bolonaise). — Assise à l'ombre d’un hêtre, une houlette à la main, elle grave sur l’écorce le nom de- Tancrède. Fleuve et montagnes dans le fond.
Les Travaux de la campagne pendant la moisson (de Ponte, École vénitienne), — Un homme cueille des fruits sur un arbre au pied duquel une femme est assise. Moissonneurs et bœufs attelés à une charrette chargée de foin.
Baillot cite comme modèle d’accent pastoral l'allegro en /« de la symphonie pastorale de Beethoven, qui porte la même épithète, et comme modèle d’accent champètre une espèce de danse en trois temps de la même symphonie.
3° Rustique, villageois (rushco). — L'’à-
preté, la rudesse de l’homme des champs, ses mœurs et ses habitudes au village, au hameau, à la ferme; sa bonhomie, et ses formes qui, bien que primitives et sans apprêts, ne manquent pas d’une certaine grâce, en raison même de leur simplicité.
Exemples :
La Ferme (de Oudry, École française). — Bâtiments rustiques. Une femme, assise au pied d'un grand arbre, tenant une petite fille et ayant devant elle une paysanne qui file. Déchargement d'une charrette chargée de foin. Une mare, des canards, des vaches, des moutons. Une femme tirant de l’eau à un puits, etc. |
Danse de paysans (de Peter Breughel, École flamande). — Ronde au milieu d'une rue de village, devant une auberge, etc. |
Intérieur de tabagie (de Heemskerk, École hollandaise). — Un militaire et deux paysans assis autour d’une table, et un homme remplissant un pot de bière.
Paysans buvant à la porte d’une hôtellerie (de Lingelbach). — Une paysanne italienne, un panier au bras et assise à terre, reçoit un verre que lui présente un homme couvert d’une peau de mouton. Devant l'auberge, l'hôte tenant une bouteille, un jeune
garçon emportant un plat, un paysan assis sur une marche et appuyé sur son panier, etc.
Entrée d'auberge (de van der Meer). — Un homme assis devant la porte, une pipe à la main, parle à une servante qui est debout devant lui, tenant un pot d’étain et un verre.
La Halte (de van Ostade). — Un homme monté sur une charrette est arrêté à la porte d’un cabaret et se fait servir à boire, tandis que son cheval flaire l’avoine dans une auge. Des villageois se reposent près de la maison, etc.
La Maison rustique (de van der Poel). — Devant une auberge dont les murs sont tapissés de vignes, trois hommes, dont un debout, va recevoir un pot de l’hôtesse qu'on voit à la fenêtre; le second a le verre en mains, et le troisième cause avec une femme assise à terre et allaitant son enfant. Plus loin, une étable ouverte où un cheval est attaché. — Charrette, attirails de ferme, etc.
La Ferme (de Wyntrack). — Sur un chemin qui mène à des cabanes, un homme, précédé de deux chèvres, marche appuyé sur un bâton. Autres chèvres aux abords du chemin, etc.
Un exemple de l'accent rustique se trouve dans un passage en si bémol de la symphonie pastorale de Beethoven. Baillot indique comme
modèle d’accent villageois un allegretto en so/ mineur du 35° duo de Viotti, édition Janet.
4° Gai (allegro, qaïo, scherzozo). — Cet accent, qui s’harmonise avec un soleil radieux et avec la verdure des campagnes, rappelle les figures enjouées et réjouies, les jeux, les fêtes, les parties de plaisir. C’est celui qu'on peut. faire entendre quand on jouit de la santé et qu'on a l'esprit dégagé de toute préoccupation et de tous soucis.
Exemples :
Fête champêtre (de de Bar, École française). — Un groupe de personnes regardent danser un paysan qui tient d’une main une bouteille et de l’autre un verre. Deux hommes jouent de la musette et de la guitare à l'ombre d’un massif, ete.
La Fête villageoise (de Gellée). — Un homme jouant de la flûte et une femme du tambour de basque, sont assis sur un tronc d'arbre. Un joueur de musette. Un berger el une paysanne dansant. Un cavalier conduisant une paysanne à la danse, etc.
L'Été (de Lancret). — Quatre femmes et deux hommes dansent en rond. Près d'eux, un paysan assis sur des gerbes à côté d’une paysanne, ete.
Une Foire à la porte d'une auberge (de de Marne).
— Dans une cour d’auberge, des buveurs attablés, et plus loin des danseurs. Jeu de bague, etc.
Le Départ pour une noce de village (du même). — Un chariot couvert d’une toile blanche porte des paysans dont l’un joue du violon et un autre du flageolet, ete.
La Foire de Vesoul (de Octavien). — Groupes d'hommes et de femmes couchés sur le gazon. Plus loin, un homme et une femme dansant au son du galoubet sous un quinconce d'arbres élevés. Trois ‘cavaliers se dirigeant au galop vers la fête, etc.
Le Rot boit (de Jordaens, École flamande). — Une famille flamande célèbre la fête des Rois autour d’une table abondamment servie. Le père, .une couronne sur la tête, porte son verre à ses lèvres, ete,
Le Concert après le repas (du même). — Devant une table couverte de mets et de fruits, un vieillard tient un pot d'argent et chante en battant la mesure avec le couverele, Une vieille femme chante aussi en regardant un papier de musique. Devant elle, un enfant souffle dans un petit flageolet, etc.
La Dinée des voyageurs (de Meel). — Des voyageurs, assis à terre, mangent auprès d’une charrette attelée de deux bœufs.Des paysans assisà une table, en dehors de l'auberge, chantent et boivent au son de la cornemuse, etc.
La Kermesse (de Rubens). — Groupes nombreux de buveurs. Des femmes, couchées sur des bottes de
paille, donnent le sein à leurs enfants. Ronde de paysannes et de paysans, ete.
La Fête de village (de Téniers). — Des paysans mangent et boivent dans une cour d’auberge. Quatre couples dansant. Un ménétrier sur un tonneau. Un seigneur et une dame, accompagnés de deux suivantes et d’un page, s'avançent vers la fête. Nombreux convives, etc. |
Danse de paysans à la porte d'un cabaret (du même). — Danse d'un paysan et d’une paysanne. Un joueur de cornemuse. Contre l'hôtellerie, un paysan, assis sur un baquet, tenant une pipe d’une main et un pot de l’autre, ete.
Fête flamande dans l'intérieur d'une auberge (de van Steen, École hollandaise), — Un buveur assis à terre contre un banc sur lequel un homme couché fume sa pipe. Un enfant bat du tambour et une femme chante un papier à la main. Un joueur de violon. Danses de paysans. Nombreux spectateurs, etc.
Les Charlatans italiens (de Du Jardin). -— Devant des toiles à travers lesquelles Polichinelle passe sa tête,un scaramouche fait la parade sur des planches posées sur des tonneaux. Un arlequin, assis sur un escabeau, joue de la guitare. Groupe de spectateurs.
Assemblée de buveurs (de Manfredi, École romaine). | — Quatre hommes, assis autour d’une table de
pierre, boivent et chantent. L'un d'eux tend son verre à un valet, un autre Joue du théorbe, ete.
La Noce de village (de van Steen, École hollandaise. Musée d'Anvers). -— Simplicité, bonhomie, franche et naïve gaieté. Deux paysans dansent en se donnant des grâces. Un autre accroupi sur les marches de la cuisine, dont la pipe est tombée et qui a trop bu.
Comme exemples de l'accent gai, Baillot signale l’allegretto et le presto en ré du 5° quatuor de Boccherini, op. 58, édition Sieber; l’allegro final en so/ de la 3° sonate de Beethoven, pour piano et violon, op. 30, édition Pleyel; l’allegretto final en /a du 5° quintette d'Onslow, édition Plevel.
5° Vif et léger (vivace, legqtere). — La vivacité et la légèreté se révèlent dans la démarche comme daus toute l'expression du visage ; non-seulement elles rappellent la pétulance du jeune âge, mais elles peuvent aussi se rattacher à bien des sujets : une danse sautillante, un cerf lancé à travers bois, des patineurs, une hirondelle qui vole, un poisson qui fend l’eau comme un trait, etc.
Exemples :
Mignonne et Sylvie, levrettes de la meute de Louis XV (de Oudry, École française). — Une levrette noire accroupie. Une autre, de couleur Jaunâtre, court du côté opposé. Fabriques, colline boisée à l'horizon.
Un Canal gelé en Hollande (de van Ostade, École hollandaise), — Quatre enfants jouent avec un traineau arrêté sur le sol. Plus loin, un homme et une femme arrivent en patinant, etc.
La Chasse au cerf (de Wouwermans). — Dans une rivière, le cerf, trois cavaliers qui lui barrent le passage et plusieurs chiens sur la rive, un valet retenant un chien, tandis que deux autres s’élancent à la poursuite du cerf, ete.
L’allegro en rx bémol de la Flûte enchantée de Mozart est cité par Baïllot comme modèle de vivacité et de légèreté. |
Nous verrons que ce caractère se retrouve:
assez souvent dans les quatuors d'Haydn.
6° Doux et gracieux (dolce, graziozo). — Un paysage riant, une scène de ballet, une tète de femme ou d’enfant, ete. La douceur, la grace, la coquetterie, sont exprimées d’ailleurs par une foule de tableaux, parmi lesquels on peut citer les suivants : |
Diane sortant du bain avec une de ses compagnes (de Boucher, École française). — Assise sur un tertre recouvert de draperies, elle tient un collier de perles. Une nymphe assise à terre près d’elle, Attributs de la chasse, etc.
Les Naïades (de Fresnoÿ). — Une naïade, vue de dos, est assise au bord d’un ruisseau appuyée sur son urne. Plus loin, deux autres naïades, une nymphe au milieu des roseaux, une autre qui suspend une guirlande de fleurs à un arbre, etc.
. Daphnis et Chloé (de Gérard). — Chloé dort la tête appuyée sur les genoux du jeune berger qui est assis sur un tronc d'arbre et tresse une couronne de fleurs.
Le Nid d'oiseaux (de Lancret).— Une bergère, appuyée sur une cage, passe son bras autour du cou d’un berger qui lui montre un nid d'oiseaux.
La Vierge à la grappe (de Mignard), — L'Enfant Jésus soulève le voile qui couvre la tête de sa mère et prend une grappe de raisin qu’elle lui présente.
Le Concert (de Poussin). — Des amours, dont trois chantent; un d’eux joue de la basse ef un autre s’avance tenant une couronne de chaque main.
La Naissance de l'Amour (de Le Sueur). — Vénus regarde le jeune Amour qu’une des trois Grâces lui présente. Une des Heures, planant dans le ciel, laisse tomber des fleurs sur l'enfant.
Les Baiïgneuses, paysage (de Joseph Vernet), —
Da. LA POÉSIE DE LA MUSIQUE.
Des femmes se baignent dans une rivière,près d’une chute d’eau qui s'échappe de hauts rochers. D'autres s’habillent et font un repas sur l'herbe, ete.
Amours jouant avec des fleurs, des cygnes et des colombes (de Vien). — Un amour joue dans l’eau avec deux cygnes et saisit l’un d'eux par une aile. Un autre, couché sur le gazon, tient des tulipes et une branche de jacinthe. Un troisième porte deux colombes attachées par un ruban bleu. Autres amours sur des nuages, jouant avec une guirlande de fleurs.
Vénus dans un paysage (de Cranach, École allemande). — Debout, coiffée d'une large toque rouge, elle porte au cou un riche collier ettient une écharpe de gaze.
Portrait de petite fille (de Flinek, École hollandaise). — Elle porte sur la tête une couronne de fleurs, tient une houlette et s'appuie sur le bord d’une fenêtre.
Femme jouant du luth (de Honthorst). — Elle a la figure souriante et semble accorder l'instrument.
Femme à sa toilette (de Frans van Mieris). — Eile peigne ses cheveux, assise devant un grand miroir.
La Leçon de chant (de Netscher). — Une jeune femme assise tient un papier de musique. Une autre debout l'écoute, tandis que le maître, un luth à la main, indique la mesure.
La Lecon de basse de viole (du même). — Une
femme joue de la basse en regardant la musique que tient son maitre.
Deux Femmes éclairées par la lumière d'une bougie (de Schalken).— Elles sont représentées de face,derrière l’appui d'une fenêtre. L'une d'elles, portant une toque et de longs cheveux, pose la main gauche sur l’épaule de l’autre et tient de la droite une bougie, etc.
Vénus et l'Amour (de Zustris).— La déesse, sur un lit de repos, pose la main sur des colombes que l'Amour, couché sur un coussin, montre avec une flèche. |
La Toilette de Vénus (d'Albani, École bolonaise). — Vénus assise se regarde dans un miroir que l’Amour lui présente.
Concert sur l’eau (d'Annibale Caracci). — Une barque, conduite par deux mariniers, porte un jeune homme et trois femmes qui chantent et jouent de divers instruments.
Les Baigneuses, paysage (de Grimaldi), — Trois femmes sur la rive d’un fleuve ombragé et barré par une cascade.
Les Laveuses, paysage (du même). — Une femme lave sur le bord d’une rivière. Deux autres, accompagnées d’un enfant, portent un panier plein de linge sur leur tête.
Portrait d'une jeune femme à sa toilette et d’un homme tenant deux miroirs (de Vecellio Titiano,
École vénitienne). — Elle tient d’une main ses cheveux et de l’autre une petite fiole de parfum. Connue sous le nom de {a Laura.
L’andantino en /« du 13° quatuor d'Haydn, édition Pleyel, est cité par Baiïllot comme exemple de l’accent doux et gracieux.
7° Tendre et affectueux (| {enere, affettuoso). — Le sentiment affectueux, pris dans son sens le plus général, est susceptible d’interprétations diverses. Il y a, en effet, l’affection d’un père et d’une mère pour leur enfant, celle d’un frère pour sa sœur, celle du mari pour l'épouse. L'affection varie aussi avec l’âge. L'’innocence du bambin qui marche à peine, la candeur et la faiblesse de l’enfance, nous inspirent des sentiments de tendresse qui se modifient ou se transforment plus tard. Il y a aussi les sympathies que nous éprouvons pour telle ou telle personne en raison de ses qualités physiques ou morales, ou de l'intérêt que nous prenons à sa situation. Les larmes de nos semblables nous émeuvent, et nous nous plaisons à les secourir, à adoucir leurs peines, à leur apporter des consolations. Les bienfaits ne
nous laissent pas non plus insensibles. La tendresse, l'amitié, l'attachement, l'amour, la charité, la reconnaissance, sont donc autant de formes sous lesquelles peut se manifester le sentiment affectueux. Nous aimons aussi les animaux, soit parce que nous leur trouvons une certaine grâce, soit parce que nous sommes sensibles à leurs caresses, soit parce que nous recevons d'eux un service quelconque, et nous les aimons souvent assez pour queleur pertenous cause une véritable affliction.
Voici quelques tableaux en rapport avec l'accent affectueux :
La Charité (de Blanchard, École française; ou de Vannucchi, École florentine). — Elle est représentée sous les traits d’une femme allaitant un enfant.
Les Amours de Pris et d'Hélène (de David, École française). — Pâris assis, une lyre à la main, se tourne vers Hélène qui s'appuie sur lui.
Psyché reçoit le premier baiser de l'Amour (de Gérard). — Elle est assise sur un tertre couvert de gazon, pressant les bras sur sa poitrine. Un papillon, symbole de l'âme, voltige au-dessus de sa tête. L'Amour, debout devant elle, embrasse son front.
La Vierge et l'Enfant Jésus (de de La Hire). —'La
Vierge se penche pour embrasser l'Enfant Jésus couché sur un coussin.
Léda (de Landon).— Elle est assise sur un rocher près d’un ruisseau et tient ses deux fils Castor et Pollux.
La Mère heureuse (de M'° Mayer). — Elle est assise dans un bosquet et regarde avec bonheur un enfant endormi sur ses genoux,
La Vierge, l'Enfant Jésus et saint Jean (de Vouet). — La Vierge tient sur ses genoux l'Enfant Jésus que le petit saint Jean caresse.
La Charité romaine (du même). — Une jeune femme assise, les yeux levés au ciel, donne le sein à un vieillard.
Renaud et Armide (de van Dyck, École flamande). — Renaud, couché à terre, a la tête sur les genoux d’Armide qui lui présente un miroir tenu par un amour, etc.
Même sujet (de Zampieri, École bolonaise). — Armide, assise au pied d’un arbre, arrange ses cheveux en se regardant dans le miroir que lui présente Renaud couché à ses pieds, ete.
Le bon Samaritain (de Elsheiner, École allemande). — tire une fiole d’un coffre et s'apprête à panser les plaies d’un voyageur blessé.
La Vierge visitant sainte Élisabeth (de Lievens, École hollandaise). — La Vierge presse Élisabeth dans ses bras, etc.
NE
Sainte Famille (de Raffaello Sanzio, École romaine). — L'Enfant Jésus s’élance de son berceau dans les bras de sa mère, etc.
La Vierge, sainte Élisabeth et l'Enfant Jésus caressant le jeune saint Jean (du même). — L'Enfant Jésus, appuyé sur la Vierge, prend dans ses deux mains la tête du jeune saint Jean que sainte Élisabeth, agenouillée, lui présente.
La Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne (de Léonard de Vinci, École florentine). — La Vierge, assise sur les genoux de sainte Anne, se baisse pour prendre son fils qui est à terre et caresse un agneau.
La Vierge et l'Enfant Jésus (de Tisio, École ferraraise).— La Vierge regarde avec admiration l’enfant endormi dans son berceau.
Baillot donne comme exemples de cet accent :
le menuet en #7 bémol du 19° quintette de Boccherini, édition Janet, et le 14° caprice de Rode, édition Frey, en #4 bémol mineur.
Mozart excellait dans l'expression musicale des sentiments de tendresse et d'affection, qui caractérise la plupart de ses œuvres.
8° Vague, indécis (/antashco, caprizioso).
— L'indécision, l'incertitude, l’hésitation; l’espace, l'obscurité, les formes mal définies; une
nature inculte et sauvage, des forêts impénétrables ; tout ce que l'imagination peut enfanter de capricieux et de fantastique.
En général, ce qui est vague ou indéterminé sans autres caractères ne peut avoir beaucoup d’attrait. On peutranger dans cette catégorie un grand nombre de compositions émanées de musiciens habiles et savants, si l’on veut, mais qui n’ont pu produire que des combinaisons plus ou moins heureuses, quand leur âme n'était émue par aucun sentiment particulier. La plupart du temps, la musique vague et sans dessin mélodique cherche à se faire valoir par des effets d'instrumentation ou des difficultés de mécanisme, qui étonnent plus qu'ils ne charment et qui révèlent souvent un manque d'idées. C’est un peu comme un orateur qui s’efforce de cacher l'absence des raisons sous le luxe des mots ou sous le diapason élevé de sa parole.
Toutefois il est certains morceaux où ce caractère est exprimé d’une manière supérieure, quand il est allié à d’autres idées sombres et sévères, comme on en trouve quelquefois dans Beethoven. Ce n’est plus alors le vague proprement dit, mais bien quelque chose de saisis-
LA POËSIE DE LA MUSIQUE. 59 sant qui appelle l'attention et l'intérêt. Nous en citerons quelques exemples quand nous passerons en revue les œuvres des grands maitres.
Les tableaux correspondants à ce caractère ressortent d’ailleurs suffisamment des termes généraux inscrits en tête de cet article pour que nous croyions pouvoir nous dispenser de spécifier ici ceux qui seraient de nature à le rappeler.
9° Animé (10550, vivace, brioso, spiritoso). — L'activité, tout ce qui respire la vie, le mouvement; l'esprit, la finesse, l'animation, qui se lisent dans l'expression des yeux comme dans l’ensemble de la physionomie.
Sujets correspondants :
L'Arrivée d'une diligence dans la cour des Messa geries (de Boilly, École française). — Mouvement de voyageurs et de bagages. Bonheur de se revoir.
La Chasse au sanglier (de Desportes). — La bête est poursuivie par des chiens.
Officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant (de Géricault). — Le cavalier a le sabre à la main; son cheval.se cabre. Dans le fond, une charge de chasseurs, etc.
La Chasse au loup (de Oudry). — Le loup se dé-
fend contre quatre chiens qui cherchent à l'arrêter.
Marine. Le Matin ou la Pêche (de Joseph Vernet). — Des hommes et des femmes recueillent sur la plage le produit de leur pêche.
Les Joueurs de ballon (de van Delen, École flamande). — Ils sont dans une cour entourée, d’édifices, Un garde debout tenant une hallebarde, et plusieurs personnes regardant les joueurs, |
Cerf poursuivi par une meute (de Snyders). — Il foule aux pieds un chien et en lance un autre en l'air. Deux chiens se jettent à son cou et un troisième le mord à l'épaule, ete.
Marine (de van Goyen, École hollandaise). — La mer est couverte de barques à voiles et de canots.
Le Marché aux herbes d'Amsterdam (de Metsu). — Vie, animation.
Le Marché aux poissons (de van Ostade). — Un marchand, assis devant une table, tient un poisson par la tête, Plus loin, une halle couverte où se pressent des pêcheurs, des marchands, des acheteurs.
La Chasse (d'Annibale Caracci, École bolonaise). — Un cavalier et une dame gravissent un sentier escarpé et se dirigent du côté de la meute, que leur indique un valet de chiens, etc.
Exemple de l'accent animé cité par Baillot :
Finale en nt bémol du 80° quatuor d'Haydn, édition Pleyel.
Les œuvres d'Haydn portent souvent l’empreinte de la finesse d'esprit qui était une des qualités de ce grand maitre.
10° Agité (agitato).— Tout ce qui peut troubler le calme, Le repos, dans les-hommes comme dans les choses. Un sommeil agité, l’inquiétude, la crainte d’un événement funeste, un horizon chargé de nuages, une mer houleuse, un vent violent, etc.
Sujets correspondants :
La Vision de saint Jérôme (de Sigalon, École française). — Trois anges lui apparaissent pendant son sommeil : deux sonnant la trompette du jugement dernier et le troisième lui montrant le ciel.
Marine. Le Midi ou la Tempête (de J. Vernet). — Un bâtiment vient se briser contre les rochers, tandis que des matelots s'efforcent de gagner la terre dans une barque.
Sainte Magdeleine repentante renonce à toutes les vanités de la vie (de Le Brun). — Elle déchire ses vêtements et lève au ciel des yeux pleins de larmes.
Apollon poursuivant Daphné (de Vanloo). — Le fleuve Pénée semble vouloir protéger sa fille poursuivie par Apollon, tandis que celle-ci implore les dieux qui vont la changer en laurier.
L'Inquiétude (de Franquelin'). — Une femme, assise sur un rocher au bord de la mer, avec un enfant sur ses genoux, regarde fixement l'horizon la tête appuyée dans sa main.
Une Tempète sur le bord des diques de la Hollande (de Ruisdaël, École hollandaise). — Plusieurs navires près de la digue. Une petite barque conduite par cinq rameurs, etc.
Adam et Êve après leur péché (de Porta, École vénitienne). — Ils s’éloignent de l’arbre de la science autour duquel s’enroule le serpent.
Le finale en s0/ mineur du 52° quintette de Boccherini, éd. Pleyel, est cité par Baillot comme exemple de l'accent agité que nous aurons occasion de rencontrer fréquemment dans les œuvres de Mendelssohn.
11° Plaintif, suppliant (//ebile). — Peut ètre provoqué par la souffrance comme par un sentiment d'amour. C'est le langage d’un cœur épris devant l'objet de son adoration, comme c’est aussi celui du malheureux torturé par la faim ou le froid, du blessé gisant à terre, du
1. Ce tableau ne fait pas partie du musée du Louvre. Il a été gravé par R. et A. Robert. Nous ignorons où se trouve l'original.
LA POÉSIE DE LA MUSIQUE. 63 voyageur brisé de fatigue, du mourant prêt à succomber au mal qui le dévore. L'accent suppliant peut s'appliquer aussi à celui qui sollicite un bienfait comme à celui qui demande un pardon.
Sujets correspondants :
Le Christ et la Cananéenne (de Drouais, École française). — La pécheresse agenouillée implore le Christ qui paraît repousser sa prière.
. Sacrifice d'Iphigénie (de de La Fosse). — Elle est assise au pied de l’autel et invoque la protection de Diane que l’on voit portée sur des nuages et qui, apaisée par la soumission d’Agamemnon, vient de mettre une biche à la place de la fille du roi.
Andromaque et Pyrrhus (de Guérin). — Andromaque implore la protection de Pyrrhus pour son fils Astyanax qu'Oreste vient réclamer au nom des Grecs, ete.
La Femme adultère (de Poussin). — Elle est en pleurs et à genoux devant le Christ entouré de scribes et de pharisiens.
Saint André (de Rigaud). — Appuyé sur la croix, instrument de son supplice, le saint porte la main droite sur sa poitrine ettourne ses regards suppliants vers le ciel.
Le Serpent d'airain (de Subleyras.)— Des hommes,
des femmes et des enfants entourent et implorent Moïse qui montre aux Israélites le serpent d’airain, dont la vue doit guérir ceux que les reptiles envoyés par le Seigneur avaient mordus, «
Jésus portant sa croix (de Le Sueur). — Simon, le Cyrénéen, vient au secours de Jésus qui succombe sous le poids de la croix, ete.
Les Maraudeurs (de Le Due, École hollandaise).— Une femme est à genoux devant le chef des maraudeurs, etc. |
Le Mendiant (de Meel, École flamande). — 11 demande l’aumône à des paysans qui prennent leur repas à la porte d'une chaumière.
Agar dans le désert (de Mola, École bolonaise). — L'ange apparaît à Agar agenouillée devant son fils expirant de soif, et lui montre une source cachée au milieu des rochers.
Baillot cite, comme exemple de l'accent plaintif et suppliant, la 10° sonate de Tartini en sol mineur, appelée la Didone abandonnata.
12° Retenu (r#tenuto, rallentando). — Rappelle la timidité, la déférence, la soumission. La contenance du subordonné près de sonsupérieur, de l’esclave devant le maître, du vassal en face de ses juges, du mortel en présence de la Divi-
nité, sont autant de sujets en rapport avec cet accent qui s'exprime en musique par des phrases entrecoupées de fréquents soupirs, et dont la fin semble se faire attendre, comme dans l'andantino en ré mineur du 34° trio de Boccherini, ou comme dans l’andante en /a du 2° quatuor de Mozart, cités tous deux par Baillot.
13° Passionné (appassionnato, furioso, disperato). — L'amour passionné, la Jalousie, la haine, le désir de la vengeance, la colère, la fureur, la rage, la folie, le désespoir; la passion du vin, du jeu, etc.
Sujets correspondants :
L'Enlèvement de Proserpine (de de La Fosse, École française). — Pluton, monté sur un char, s’enfuit tenant dans ses bras Proserpine qu'il vient de ravir à ses compagnes. |
Phèdre et Hippolyte (de Guérin). — Phèdre, assise sur le même siége que Thésée, persiste, sur les conseils d'OEnone, à accuser Hippolyte d’avoir voulu la séduire. Thésée regarde Hippolyte avec colère. Ce dernier, les yeux baissés, repousse l'accusation calomnieuse de sa belle-mère.
Clytemnestre (du même). — Elle est armée d'un
poignard, près du lit sur lequel repose Agamemnon son époux. Égisthe,son amant et son complice, l’excite à accomplir son dessein en lui montrant le roi endormi.
Les Remords d'Oreste (de Hennequin). — Les Furies s’attachent à Oreste, le déchirent, et l’une d'elles lui montre à ses pieds sa mère poignardée. Sa sœur Électre le soutient dans ses bras, J Pylade, son ami, se cache le visage.
L'Enlèvement de Déjanire (de Lagrenée). — Hercule l'avait mise sur le dos du centaure Nessus pour lui faire passer le fleuve Évène. Parvenu de l’autre côté, le centaure voulut essayer de fuir, mais Hercule lui lança une flèche qui le perca de part en part.
Cassandre implorant la vengeance de Minerve contre Ajax qui l'a outragée (de Langlois). — Cassandre, prêtresse de Minerve, les mains attachées derrière le dos, est à terre appuyée contre l'autel où elle vient d'offrir un sacrifice, etc.
Hercule assommant Cacus (de Le Moine). — Il le saisit dans sa caverne, le terrasse et l’assomme de sa massue. à
Thomyris, reine des Scythes, fait plonger la tête de Cyrus dans un vase rempli de sang (de Rubens, École flamande). — Elle est assise sur son trône, le sceptre à la main, et, sur son ordre, un soldat va plonger la tête de Cyrus dans un bassin plein de sang. D’après Hérodote, elle aurait voulu venger la mort de son
LA POÉSIE DE LA MUSIQUE. 67 fils que Cyrus avait fait périr : « Rassasie-toi, auraitelle dit, de ce sang dont tu fus si altéré. »
Chasse au sanglier (de Snyders). — Le sanglier, après avoir mis hors de combat trois chiens qui hurlent de douleur, en découd deux autres, tandis qu'un chien le tient par l'oreille et qu'un autre s’élance sur son dos.
Chasse au héron (de Téniers). — Un héron s’apprête à percer d'un coup de bec un faucon renversé qui se défend avec ses serres, tandis qu'un autre faucon est accroché sur le dos du héron et le déchire, etc.
Antiochus et Stratonice (de Werff, École hollandaise). — Antiochus, se soulevant sur son lit, les mains sur son cœur, contemple avec amour la princesse Stratonice que son père Séleucus lui amène. Derrière celle-ci, le médecin Trasistrate qui a découvert la cause de la maladie d’Antiochus, etc.
Apollon et Daphné (d’Albani, École bolonaise). — Apollon, son are à la main, poursuit Daphné qui fuit armée d’un javelot,
Vénus.et Vulcain (de Pippi, École romaine). — Vénus, assise près de Vulcain qui tient sur son épaule un faisceau de traits, prend d’une main des fleurs dans une vasque, et de l’autre dépose une flèche dans le carquois de l'Amour qui tend son are.
Combat de l'Amour et de la Chasteté (de Vannucci, dit #{ Perugino, École florentine).— Des amours,
armés d’arcs d’or, tirent des nymphes par les cheveux ou avec des cordons de soie. La Chasteté brise leurs traits et leurs arcs, et les frappe avec leurs flambeaux, etc.
Enlèvement d'Hélène (de Guido Reni, École bolonaise). — Pâris, précédé de l'Amour, entraîne Hélène vers le vaisseau qui l'attend près du rivage.
Exemple de l'accent passionné donné par:
Baillot : l’agitato en /a mineur du 16° duo de Viotti, éd. Naderman.
Nous verrons que l'accent passionné prédomine dans la plupart des œuvres de Mendelssohn.
11° De Mélancolie (malinconico). — Tout ce qui prédispose à la rêverie, comme l'abandon, la solitude, l’ennui, un état maladif, la monotonie de l’existence, l'habitation de heux déserts, le défaut de mouvement ou de distraction, un terrain nu, un paysage sans variété, un horizon rectiligne et uniforme dépourvu de perspective, un temps brumeux, etc.
Sujets correspondants :
La Mélancolie (de Lagrenée, École française), sous les traits d’une jeune fille assise la tête ap-
LA POÉSIE DE LA MUSIQUE. 69 puyée sur sa main droite, et plongée dans la rêverie. Même sujet (de Feti, École romaine), — Une femme à genoux, le bras droit appuyé sur un massif de pierre, soutient sa tête de la main gauche et considère attentivement une tête de mort.
L'Évangéliste saint Marc (de Penez, École allemande). — Dans l'attitude de la méditation, la tête dans sa main gauche et le coude appuyé sur un livre placé sur une table, il montre de la main droite une feuille de papier à moitié déroulée. Un sablier, une tête de mort, etc.
Exemples cités par Baillot :
La sonate de Tartini, op. 3, en ré maneur;
L'adagio du 6° quatuor de Beethoven en se bémol.
Les compositions de Fesca, dont la santé était si délicate, ont généralement un caractère de douceur et de profonde mélancolie.
15° De Tristesse (#es{o).— C'est l'accent qu'expriment les pleurs, les sanglots, les soupirs, l'abattement, les regrets, le remords ; un visage morne et absorbé, aux yeux fixes et rougis par les larmes, trahissant une âme en proie à la souffrance. De même que le sourire de la nature est en harmonie avec l'accent de
gaieté, de même la neige, la pluie, le froid, sont en rapport avec l'accent de tristesse.
Sujets correspondants :
La Descente de croix (de Bourdon, Jouvenet, Le Sueur, École française : de Matsys, École flamande ; de Rubens, Musée d'Anvers), — Scène de tristesse et de deuil.
Atala au tombeau (de Girodet, École française). — Le père Aubry, soutenant le corps d’Atala, s’apprête avec Chactas, qui tient ses genoux embrassés, à le déposer dans une fosse creusée à l'entrée d'une grotte. Le rocher porte cette inscription : J'ai passé comme la fleur, j'ai séché comme l'herbe des champs.
Le Christ mort sur les genoux de la Vierge (de Le Brun). — La Vierge, assise au bord du tombeau, soutient sur ses genoux la tête du Christ et soulève un coin de son linceul.
Le Christ au tombeau (d’Annibale Carracci, École bolonaise), —- Le corps du Christ est soutenu d’un côté par la Vierge qui, abattue par la douleur, laisse tomber sa tête sur l’épaule de son Fils, etc.
Même sujet (de Tiziano Vecellio, École vénitienne). — Le corps du Christ, soutenu par Joseph d’Arimathie, Nicodème et un troisième disciple, va être déposé dans le sépulcre. Saint Jean soutient la Vierge accablée de douleur.
Même sujet (de van Dyck. Musée d’Anvers).—Dou-
LA POÉSIE DE LA MUSIQUE. 14 leur poignante et abattement de la Vierge qui a les bras ouverts et les yeux rouges de larmes levés vers le ciel, avec son Fils étendu sans vie sur ses genoux. Saint Jean montre la main percée et sanglante du Christ à deux anges surpris et éplorés.
Le Fils puni (de Greuze, École française). — Un vieillard vient d’expirer entouré de ses enfants en proie à la douleur. La mère montre le lit de mort à son fils qui rentre à la maison paternelle et exprime son repentir.
Le Retour de Marcus Sextus (de Guérin). — Il est assis sur le bord du lit où sa femme vient d’expirer ayant une de ses mains dans les siennes, tandis que son fils lui tient les genoux embrassés.
La Vierge en pleurs (de Mignard). — La Vierge 4 les yeux levés vers le ciel et les mains croisées sur la poitrine.
La Magdeleine (de Nattier). — Elle est assise dans une grotte et tient sur ses genoux les psaumes de la pénitence.
Les Funérailles de Miltiade (de Peyron). — Deux hommes emportent sur une civière le corps de Miltiade qui vient de mourir dans sa prison. Son fils les suit accablé de douleur, etc.
Le Christ sur la croix (de Prudhon). — La Magdeleine agenouillée tient la croix embrassée. La Vierge évanouie est soutenue par une sainte femme.
Le Christ pleuré par la Vierge et par les anges (de
van Dyck, École flamande). — Le corps du Christ soutenu par la Vierge est adoré par trois anges dans l'attitude de la douleur. |
La Femme hydropique (de Gérard Dow, École hollandaise). — Elle est assise dans un fauteuil en face d'une large fenêtre. Sa fille en larmes est à, ses genoux et lui tient la main, etc.
Vénus pleurant Adonis métamorphosé en anémone (de Netscher). — Vénus, assise sur un tertre, la poitrine nue et entourée d’une écharpe flottante, joint les mains et contemple avec tristesse l’anémone qui a remplacé le corps d’Adonis.
La Mort de la Vierge (de Amerighi, École lomsarde).— La Vierge est étendue sur son lit de mort. Les apôtres et leurs disciples sont plongés dans la douleur, Une femme assise essuie ses larmes.
Exemples de l'accent de tristesse cités par Baillot :
L'allegro moderato en /a mineur du 58° quintette de Boccherini ;
Le 1* morceau en /a nuneur du 35° quatuor d'Haydn.
16° Bénétrant (ezpressivo, con intimissimo sentimento). — Qui électrise et va jusqu’au fond de l'âme en faisant vibrer toutes les cordes de
la sensibilité. C’est celui que peut inspirer le charme, le ravissement, l’extase ; la reconnaissance d’un grand bienfait, etc.
Sujets correspondants :
Orphée redemandant son Eurydice a Pluton (de Perrier, École française). — Orphée, la figure inspirée, joue du luth devant Pluton. Son instrument est soutenu par un amour.
Le Ravissement de saint Paul (de Poussin, École française; ou de Zampieri, École bolonaise). — Säint Paul en extase, les bras étendus vers le ciel, est enlevé par trois anges.
Apparition de sainte Scolastique à saint Benoît (de Le Sueur, École française).— Saint Benoît contemple avec extase l'ascension de sainte Scolastique soutenue par des anges, etc.
L'Espérance (de Mignard). — Assise sur une ancre, elle tourne les yeux vers le ciel. Un enfant porte une palme et lui présente la couronne de l'Éternité, etc.
Sainte Cécile chante les louanges du Seigneur (du même). — Elle est assise, les yeux levés au ciel, et chante en s’accompagnant de la harpe.
Méme sujet (de Zampieri, École bolonaise), — Sainte Cécile debout chante les louanges du Très- Haut en s’accompagnant de la basse.
La Sahuation angélique (de Bartholomeo, École
florentine ; ou de Le Sueur, Ecole française). — La Vierge contemple l’ange Gabriel qui paraît dans les airs portant une branche de lis.
Apparition de la Vierge et de l'enfant Jésus à saint Hyacinthe (de Ludovico Carracci, École bolonaise). — Le saint, à genoux dans un temple orné de colonnes, est en oraison devant une table de marbre soutenue par un ange, etc.
Vision de saint Bruno dans le désert (de Mola, École bolonaise). — Le saint, appuyé sur une pierre au pied de deux arbres, reste en extase à la vue de trois chérubins qui lui apparaissent dans le ciel.
Saint Augustin en extase (de de Crayer, École flamande). — Le saint en costume d’évêque, à genoux et soutenu par deux anges, reçoit les rayons divins qui percent les nuages, etc.
Exemples de l'accent pénétrant cités par Baillot :
Une phrase commençant en st bémol et modulant en ré dans le presto final en so/ du 1° trio de Beethoven pour violon, alto et basse;
L'adagio du 22° concerto de Viotti en mi.
17° De Douleur (con dolore).— Celui qu’expriment les gémissements, les cris de douleur dus aux souffrances physiques que nous pouvons
éprouver par suite d'accidents, de blessures, de maladies.
Cuirassier blessé quittant le feu (de Géricault, École française). — Il descend avec peine un terrain en pente, conduisant d'une main son cheval par la bride et de l’autre tenant son sabre.
Saint Sébastien secouru par les anges (de van Dyck, École flamande). — Le saint est étendu contre un arbre auquel un de ses bras est encore attaché. Deux anges sont auprès de lui. L'un d’eux retire la dernière flèche dont il a été percé. L'autre s’apitoie sur ses souffrances.
Martyre de sainte Irène (de Vanni, École florentine). — Un bourreau attache les mains de la sainte agenouillée dont le sein est percé d’une flèche.
Le Christ en croix (de Rubens, Musée d’Anvers).— La sérénité de l’âme avec l’expression de la souffrance.
Exemple de l’accent de douleur cité par Baillot :
Le menuet en uwf mineur du 15° quintette d’Onslow.
M. Onslow avait été blessé à la chasse, etil a voulu exprimer dans le langage musical toutes
les péripéties de cet accident. Nous reparlerons de ce quintette quand nous passerons ses œuvres en revue.
18° Voilé, concentré, mystérieux (con sordinr, sotto voce, che a pena si sente).— Se traduit par une voix qui se fait à peine entendre, comme celle qui craindrait de troubler un sommeil ou qui rechercherait le mystère. Un bois touffu, un site ombragé et solitaire, prêtent d’ailleurs, comme le déclin du jour et les ombres de la nuit, à ce genre d'expression.
Sujets correspondants :
Le Sommeil de l'enfant Jésus (de Le Brun, École française ; ou d’Annibale Caracci, École bolonaise), — L'Enfant est sur les genoux de la Vierge, qui fait signe au jeune saint Jean de ne point troubler son sommeil, etc.
Le Sommeil d'Endymion (de Girodet, École française). — Il est couché sur son manteau et sur une peau de tigre à l'ombre d'un platane. L'amour écarte le feuillage pour que les rayons de la lune viennent frapper le jeune chasseur, Près de lui, son are, son carquois et son chien endormi.
La Jeune courtisane (de Sigalon). — Elle prend avec mystère un billet portant ces mots : A7/ édolo del mio cuore, etc.
Intérieur d’une forêt (de Huysmans, École fla-
mande). — Terrain couvert de broussailles. Pâtres gardant leurs troupeaux. Solitude et mystère.
Baillot cite comme exemple de l'accent voilé l’adagio en mx bémol du 8° quintette de Mozart.
19° Brillant (brillante). — Tout ce qui a rapport à l'ornementation ou à la décoration, comme la richesse et la variété des couleurs, le luxe des costumes, les bouquets et les guirlandes de fleurs, les tapisseries, les tentures, les drapeaux, les oriflammes, les illuminations, les flammes du Bengale, les feux d'artifice ; tout ce qui rappelle la pompe des grandes réceptions, des fêtes, des cérémonies ; une belle salle de théâtre; la richesse et l'ordonnance des grands.parces et les arbres séculaires qui en font l’ornement ; un lever ou un coucher de soleil; et, dans un autre ordre d'idées, la parole vibrante et harmonieuse d’un grand orateur, etc.
Sujets correspondants :
Vase d'or et quirlandes de fleurs (de Fontenay, École française).— Un vase d’or, décoré de têtes de béliers et portant son couvercle, est placé sur une
table ornée de ciselures en or. Une guirlande de fleurs composée de roses, de pavots, d’anémones, d’œillets, ete., passe sur le vase et retombe de chaque côté.
Trophée d'armes et corbeille de fleurs (du même).— Un casque et une cuirasse entourée d’une écharpe, avec des ornements d’or; un glaive doré enrichi de pierreries; une hache et différentes pièces d’armure sont placés sur un piédestal de pierre près d'une corbeille de jonc contenant des lis, des narcisses, des pavots, etc.
Un Carabinier (de Géricault). — I1 porte la cuirasse dorée sur son uniforme blanc et pose la main droite sur la hanche.
Portrait d'un jeune militaire (de Grimou). — La tête est couverte d’une toque de velours rouge ornée d’une chaîne d’or et de deux plumes jaune et blanche. Il porte une perle à l'oreille, une écharpe jaune au cou et une cuirasse sur le dos.
Louis XV à la chasse au cerf dans les. rochers d'Avon & Fontainebleau (de Martin). — Louis XV, monté sur un cheval blanc, est accompagné de ses officiers. Plus loin passe le cerf poursuivi par la meute, etc.
La Magnificence royale (de Mosnier). — Assise sur une terrasse, elle tient un caducée et s'appuie sur une corne d’abondance d’où sortent des couronnes et des branches de laurier réunies par une chaîne d’or,
ef
Allégorie à la richesse (de Vouët). — Une femme ailée, couronnée de lauriers et enveloppée d’une draperie Jaune, est assise, tenant dans ses bras un enfant qui porte un cordon bleu. Elle tourne la tête vers un autre enfant qui lui montre des bracelets, des pierreries et un collier de perles. Par terre, des bijoux et des vases d’or et d’argent. |
Aiguière d'argent (de Gérard Dow, École hollandaise). — L’aiguière et le plat d’argent richement ornés sont posés dans une niche pratiquée dans un mur.
Le Trompette (du même). — Richement vêtu et la tête couverte d’une toque à plumes, il sonne de la trompette devant une fenêtre fermée à moitié par un rideau bleu à dessins d'argent. Sur l’appui de la fenôtre, une aiguière dans son bassin et un riche tapis, etc.
Concert (de Honthorst). — Une femme vêtue de jaune, portant des plumes dans les cheveux, est assise sur un appui de hois et chante en s’accompagnant du luth. Derrière cet appui, une autre femme, vêtue d’une robe à raies bleues et jaunes, chante également en s'accompagnant du même instrument.
Une troisième regarde un papier de musique. Deux autres femmes, dont une tient un livre, chantent aussi. Deux amours à la partie supérieure, dont l’un tient une couronne et l’autre une palme.
Corbeille de fleurs sur une table de marbre (de van
Huysum). — Roses, pieds-d’alouette, anémones, oreilles-d’ours, etc.
Le Départ pour la chasse (de Moucheron). — Un seigneur et une dame descendent les marches d’un escalier terminé par deux piédestaux ornés de sculptures, et vont monter sur des chevaux tenus par un piqueur, etc.
Fête donnée à l'occasion de la trêve conclue en 1609 entre larchiduc Albert d'Autriche, souverain des Pays-Bas, et les Hollandais (de van der Venne). — Précédé par un amour auprès duquel se trouvent deux colombes, un homme s’avance en donnant la main à une femme richement parée. Derrière eux, un nain vêtu de rouge, puis un groupe nombreux de seigneurs tous nu-tête à l'exception de l’archidue qui tient sa femme par la main. Le cortége est terminé par des soldats. À droite, neuf musiciens, la plupart assis à terre, ete.
Visite d'un prince dans le trésor d’une église (de Franck, École flamande). — Un prince polonais, coiffé d’un turban à aigrette, et accompagné d’une suite nombreuse, visite le trésor d’une église. Un des serviteurs tient une croix enrichie de pierreries. Des prêtres en surplis montrent une armoire ouverte et remplie de pièces d’orfévrerie, etc.
Entrée de Louis XIV et de la reine Marie-Thérèse a Douai en août 1667 (de van der Meulen). — La reine, dans son carrosse, recoit les hommages des
LA POËSIE DE LA MUSIQUE. sl
magistrats agenouillés. Près du carrosse, Louis XIV à cheval, entouré de ses gardes. |
Entrée de Louis XIV et de la reine à Arras (du même). — La reine, dans un carrosse attelé de six chevaux blancs, accompagnée des dames de sa suite et entourée de ses pages ; Louis XIV et Monsieur à cheval, suivis d’un brillant cortége, etc.
Éducation de Marie de Médicis (de Rubens). — Minerve préside à l'éducation de la jeune princesse qu'elle fait écrire sur ses genoux. Les Grâces lui offrent une couronne. Apollon jouant de la basse lui inspire le goût de la musique, et Mercure lui apporte le don de l’éloquence, etc.
Henri IV reçoit le portrait de Marie de Médicis (du même). — Le portrait est présenté par l'Amour et l’'Hymen. La France, placée près du roi, l’engage à contracter cette alliance agréable à Jupiter et à Junon. Deux amours s'emparent du casque et du bouclier d'Henri IV, etindiquent la longue paix qui doit résulter de ce mariage.
Mariage de Marie de Médicis avec Henri IV le à octobre 1600 (du même). — L’Hymen, tenant un flambeau, porte le manteau de la jeune reine que le grand duc Ferdinand, son oncle, épouse au nom du roi. Le cardinal Pierre Aldobrandini donne la bénédiction dans l’église de Santa-Maria-del-Fiore, etc.
Débarquement de Marie de Médicis au port de Marseille le 3 novembre 4600 (du même), — La France
la ville de Marseille et son clergé vont au-devant de la nouvelle reine et lui présentent le dais. La duchesse de Mantoue et la grande-duchesse de Toscane suivent Marie de Médicis dont la Renommée annonce dans les airs l’heureuse arrivée, etc.
Les Noces de Cana (de Caliari ou de Ponte, dit 4 Bassano, École vénitienne).— Le Christ et la Vierge sont assis au centre d’une grande table en fer à cheval, autour de laquelle se pressent de nombreux convives. Les époux sont à gauche à l'extrémité de la table. Concert de musiciens, etc.
Vue de Venise (de Guardi, École vénitienne). — Le Doge sur le Bucentaure, sortant du port de l’île de Lido, le jour de l’Ascension. La mer est couverte de gondoles et d'embarcations pavoisées.
Concert donné dans l’intérieur d’une galerie cireulaire d'ordre dorique (de Panini, École romaine). — Les musiciens sont assis autour d’une table. On voit à gauche, dans une tribune, un vieillard assis, une femme et trois hommes debout. À droite, plusieurs personnages, deux vases d'argent à terre, et dans le fond une statue d’Apollon tenant une lyre. |
Rubens se rendant à une fête d’arquebusiers (de Henri Leys, École flamande, Musée d'Anvers). — Cérémonie brillante. Luxe de costumes et de décorations. :
Exemple cité par Baillot :
L’allegro en {a du 13° concerto de Viotti.
On peut y ajouter tous les morceaux de musique ornés de fioritures et de traits brillants, comme la plupart de ceux de Mayseder et de Spobr.
20° Énergique (energico). — Get accent trouve son expression dans la force, la hardiesse, la volonté, la fermeté, la persévérance. Sujets correspondants :
Mucius Seævola devant Porsenna(de Le Brun, École française). — Mucius Scævola met le poing sur le brasier comme pour le punir de sa méprise. Il se tourne vers Porsenna, assis sur un trône entouré de ses gardes, et dit au roi des Étrusques que trois cents jeunes Romains, déterminés comme lui, doivent pénétrer dans son camp, décidés à le tuer et à mourir. Un groupe d'hommes se disposent à placer sur un bûcher le secrétaire de Porsenna que Mucius vient d’assassiner.
Le Serment des Horaces (de David). — Les trois frères, les bras étendus devant leur père, reçoivent leurs armes de ses mains. Leur sœur Camille, promise à l’un des Curiaces, s'appuie avec douleur sur Sabine, femme de l’aîné des Horaces, dont la mère tient embrassés ses deux petits enfants,
Baillot cite comme exemple de l'accent éner-
gique un passage en /a de l'ouverture de Don Juan de Mozart.
21° Véhément (s#racchato). — Gelui de la fougue, de l’impétuosité, de l’emportement. Il rappelle aussi la furie des éléments déchainés. Sujets correspondants :
Le Torrent, paysage (de Joseph Vernet, École française). — Le torrent coule dans une gorge de rochers escarpés et finit par former une chute, etc.
Marine. Le Soir ou la Tempête (du même). — Une barque échouée contre des rochers où des matelots déposent des ballots et des tonneaux qu'ils retirent de la mer. Plus loin, un homme sur des brisants et une grande barque battue par les vagues. D'un autre côté, un vaisseau frappé de la foudre, ete.
Choc de cavalerie (de Wouwermans, École hollandaise). — Une troupe de fantassins, soutenue par un détachement de cavalerie, met en déroute un parti de cavaliers ennemis qui fuient en emportant leur drapeau, etc.
Une bataille (de Salvator Rosa, École napolitaine). — Des guerriers, vêtus à l’antique, combattent près des ruines d'un temple. On aperçoit au loin un corps de cavalerie poursuivant des fuyards. Au pied d'un massif de rochers, des vaisseaux embrasés. Tout est harmonie dans ce fableau. À côté de la lufte des
LA POÉSIE DE LA MUSIQUE. 85 combattants, des rochers dont les couches ont été bouleversées par les révolutions du globe, des ruines dues aux ravages du temps et des hommes, des vais-
seaux en feu : en un mot, la destruction sous toutes ses formes,
L'allegro en ut mineur du 1° quatuor de Boccherini, éd. Naderman, est donné par Baillot comme exemple de l'accent véhément. Un grand nombre de compositions d’Onslow sont empreintes du même caractère.
22° Sombre et sévère. — Cet accent pourrait se rattacher à la rigueur à ceux de mélancolie et de tristesse, et c’est sans doute pour cette raison que Baillot n’en a pas fait mention. Néanmoins nous croyons devoir le signaler d'une manière spéciale, parce qu'il est susceptible d’une expression propre et distincte de ceux que nous venons de rappeler. Il peut, en effet, s'appliquer à un ciel chargé de nuages, à une nature sauvage ou montagneuse, à un Monastère, à un personnage à physionomie grave et taciturne, absorbé par la méditation.
Intérieur du péristyle d’un monastère (de Forbin,
École française). — Ce monument du xti° ou du x1v® siècle, sur le bord de la Méditerranée à quelques lieues de Carrare, a été envahi par la mer qui l’entoure aujourd’hui et en fait une île distante du rivage d’une demi-lieue. Deux moines l’habitent seuls et donnent des soins aux naufragés qui sont Jetés sur cette côte dangereuse.
Portrait de Nicolas Kratzer, astronome du rot d'Angleterre Henri V, né à Munich vers 1488 (de Holbein, École allemande). — Assis devant une table où l’on voit une table, des équerres, un marteau, etc., iltient un compas d’une main et de l’autre un polyèdre en buis, etc.
Portrait d'un mathématicien (de Bol, École hollandaise). — Vêtu de noir, il s'appuie sur un socle et montre une figure de géométrie tracée sur le mur.
Le Philosophe en méditation (de Bol ou de Rembrandt). — Un vieillard à barbe blanche et au visage sévère, absorbé dans la méditation. ;
Paysage (de Hobbema). — Intérieur de forêt.
Groupe de grands arbres. Un chêne creux étêté à moitié dépouillé de son écorce, etc.
Un Savant dans son cabinet (de Staveren). — Il est debout derrière une table, prenant une mesure sur un globe avec un compas.
Assemblée d'ecclésiastiques (de Terburg). — Ils sont réunis dans une grande salle et assis sur des banes
en face du président qui occupe, avec ses assesseurs, des siéges plus élevés.
Saint Paul en méditation (de Ferrari, École lombarde). — 11 est assis dans sa cellule devant une table et touche de la main droite un livre ouvert sur un pupitre, etc.
Le caractère sombre et sévère se retrouve souvent dans les œuvres de Beethoven.
23° Dramatique ( drammatico, tragico ). — Toute scène d’effroi, de terreur, de luttes, de violences; un orage, une tempête, un naufrage, une inondation, un incendie; un combat corps à corps ; le choc de deux armées; l'attente et les angoisses d’un condamné ; une exécution, etc.
Il est assez difficile de distinguer entre eux les sujets dramatiques et passionnés qui rentrent souvent les uns dans les autres; car les passions ne sont guère exprimées en peinture sans s'appliquer en même temps à une scène dramatique.
Voici ceux que nous croyons pouvoir citer comme se rapportant plus particulièrement à ce caractère :
Courage des femmes de Sparte (de Le Barbier, École française). — Attaquées par les Messéniens conduits par leur chef Aristomène, au moment où elles célèbrent la fête de Cérès, elles se défendent avec des couteaux ou avec les instruments préparés pour le sacrifice des victimes et forcent leurs agresseurs à se retirer.
Hercule combat les centaures (de Boulogne). — Hercule, à la poursuite du sanglier d'Érymanthe, est attaqué.par les centaures. Il décharge sa massue sur l'un d'eux, lui arrache une peau de bouc pleine de vin, en tientun second sous ses pieds, et s'apprête à résister à deux autres, armés d’un arbre de pin et d'un flambeau, pendant que le centaure Phobus qui l'avait reçu chez lui est aux prises avec un de ses adversaires qu'il veut égorger avec un couteau de table, etc. À
Décollation de saint Protais (de Bourdon). — A côté d’une statue de Jupiter, le consul Astasius est assis sur son char. Un bourreau tient la tête du saint dont le corps est à ses pieds.
Le Martyre de saint Pierre (de Bourdon ou de Subleyras). — Le saint, qui se jugeait indigne de mourir de la même manière que son divin maître, est crucifié la tête en bas, etc.
Le Martyre de saint Étienne (de Le Brun, École française, ou d'Annibale Caracci, École bolonaise) — Le saint est lapidé par les Juifs.
LA POÉSIE DE LA MUSIQUE. El
Le Passage du Granique (de Le Brun, École française). — Alexandre à cheval, l’épée à la main, vient de frapper Rœsaces, capitaine perse. Derrière lui, Clytus, armé d’une hache, pare le coup que Spitridates, autre officier perse, va asséner sur le casque d'Alexandre, etc.
La Mort de Caton (du même). — Caton vient de se frapper d’une épée. Il est étendu sur son lit tenant encore d’une main le dialogue de Platon sur l’immortalité de l’âme.
Des Cuirassiers aux prises avec un gros de cavalerie turque (de Courtois). — Un soldat est renversé avec son cheval, et un cavalier vêtu d’une casaque rouge va le percer de sa pique. Plus loin, un cuirassier tire un coup de pistolet sur un autre cavalier, etc.
Les Sabines (de David). — Romulus va lancer son javelot sur Tatius, qui s'apprête à parer le coup. Hersilie, femme de Romulus, se précipite, les cheveux épars, entre les deux combattants, etc.
Le Radeau de la Méduse (de Géricault). — Scène de désolation et de désespoir. L'Argus, qui devait recueillir quinze mourants, paraît à l'horizon (juillet 1816).
Scène du déluge (de Girodet).— Toute une famille, suspendue à une branche d’arbre qui se rompt, va être précipitée dans l'abîime. Scène d’effroi.
La Malédiction paternelle (de Greuze). — Un jeune homme qui à voulu s'engager est en butte à la
colère de son père que les autres enfants cherchent à calmer. Sa mère le tient embrassé, eton voit sur le seuil un racoleur indifférent devant cette scène.
La Mort de Virginie (de Lethière). — Virginius vient de plonger un couteau dans le sein de sa fille pour la soustraire aux convoitises d’Appius Claudius, chef des décemvirs, qui voulait en faire son esclave.
Brutus condamne ses fils a mort (du même). — Brutus, ayant à sa droite son collègue Collatin qui se couvre le visage, est placé sur une estrade dominant le lieu de l’exécution.Derrière eux, les sénateurs assis sur un double rang. Deux licteurs enlèvent le corps d’un des fils décapité pour avoir conspiré contre la République. Le second, prêt à subir le même sort, est entouré d'amis qui cherchent à vaincre l’inflexibilité de Brutus.
Le Naufrage (de Manglard). — Un navire s’est brisé sur une côte hérissée de rochers. Sur la plage, des femmes au désespoir. Un débris du vaisseau, auquel des naufragés se sont accrochés, est attiré vers le rivage au moyen d’un câble.
L'Orage (du même). — Plusieurs personnes se réfugient ou sont renversées près d’un arbre sur lequel tombe la foudre. La pluie tombe à. torrents. Des hommes et des femmes cherchent à se cacher la tête sous leurs vêtements, etc.
L'Enlèvement des Sabines (de Poussin). — Romulus, accompagné de deux sénateurs, donne le signal
en levant son manteau. Une femme âgée, à genoux devant lui, implore en vain sa clémence. Scène de luttes et d'effroi.
Le jeune Pyrrhus sauvé (du même). — Chassé de son royaume par des rebelles, Éacide, roi des Molosses, s’est échappé avec son jeune fils Pyrrhus et quelques amis. Parvenus à une rivière débordée qu'ils ne peuvent traverser, ils font connaitre leur situation aux Mégariens placés sur la rive opposée, en traçant quelques lignes sur deux morceaux d’écorce de chêne qu'ils lancent à l’autre bord au moyen d’une lance ou d’une pierre. Le fleuve est représenté par une figure allégorique couchée. Un soldat tient le jeune Pyrrhus et un autre le montre aux Mégariens dont il invoque le secours.Près de l'enfant, des femmes, dont une agenouillée, se retournant avec effroi vers les serviteurs fidèles qui repoussent l'ennemi.
L'Hiver ou le Déluge (du même). — Le flot qui monte sans cesse ne laisse plus apercevoir que le faite de quelques habitations. L’arche apparaît au loin et vogue paisiblement. Dans un point où les eaux se précipitent en cascade, une barque à moitié submergée, montée par quatre personnes, se dresse et se brise. Plus loin, une autre barque où une femme tend son enfant à son époux parvenu sur le rocher voisin. Un homme qui se noie cherche à s’accrocher à cette barque, et deux autres, dont
un à cheval, luttent péniblement contre le fléau.
Le Martyre de saint Hippolyte (de Subleyras). — Il est attaché par les pieds à la queue d’un cheval en liberté qu’ün cavalier excite à coups de fouet. Dans le fond, l’empereur Valérien assis et entouré de ses conseillers, etc.
Martyre de saint Laurent (de Le Sueur). — Le saint, dépouillé de ses vêtements, est étendu sur le gril instrument de son supplice par deux bourreaux et un soldat. Un homme courbé verse des charbons sous le gril ; un autre attise le feu; d’autres apportent du combustible. L'empereur Valérien, accompagné de ses conseillers et de deux licteurs, presse le saint de sacrifier à ses dieux. Un personnage debout montre au martyr la statue qu'il refuse d’adorer.
LE ffroi (de Franquelin) !.— Une mère, tenant son enfant dans ses bras, se lève saisie d’effroi à la vue d’un serpent qui vient de sortir d’une touffe d’herbes et la menace de son dard. |
E ffroi maternel(de Devéria)?.—Scène des Vêpres siciliennes. Une mère au pied de l’autel, son enfant dans ses bras, regarde avec effroi les soldats qu’on aperçoit derrière une grille fermée.
4. Nous avons à faire la même observation pour ce tableau que pour celui intitulé : l’Inquiétude, du même auteur, rappelé à l'accent agité.
2. Ce tableau et le suivant ne se trouvent pas au Louvre. Is ont été gravés tous deux par Jazet.
Dévouement fraternel (du même). — Scène de la Saint-Barthélemy. Un jeune homme, tenant une épée à la main, vient de recevoir un coup de feu et tombe près de sa sœur qu’il veut protéger.
Le Festin de Balthazar ‘ (de Martin). — Une lumière éblouissante apparaît sur les murs du palais où Balthazar vient de profaner les vases sacrés du temple de Jérusalem, entouré de ses femmes et de ses courtisans. Le prophète Danie}, appelé par ce prince, annonce à tous que c’est le présage de la vengeance céleste. Scène de terreur. - Destruction de Babylone (du même). — L'éclair sillonne la nue et va frapper la tour de Babel ainsi que les splendides monuments qui l'entourent. La ville est envahie par les troupes de Cyrus. Scène de terreur, de carnage et de dévastation.
Bataille à l'entrée d’une forêt (de van der Meulen, École flamande). — Des cavaliers démontés et des chevaux blessés sont renversés à terre. Un soldat menace de percer de son épée un ennemi qu'il saisit à la gorge. Plus loin, un autre combat dans une des gorges de la forêt.
Bataille près d’un pont (du même). — Un engagement de cavalerie a lieu près d’un ruisseau traversé par uu pontcouvert de combattants. Dansle fond,des charrettes dételées dont les défenseurs s’enfuient.
1. Les deux tableaux qui suivent n’appartiennent pas au Musée du Louvre. Ils ont été gravés par Jazet.
Le Sacrifice d'Abraham (d'Annibale Carracci). — L'ange arrête le bras d'Abraham prêt à immoler son fils Isaac agenouillé sur le sommet d’une montagne escarpée. Au-dessous de lui, un bélier dont les cornes sont prises dans un buisson, etc.
* La Mort d’'Absalon (du même). — Il est retenu par sa longue chevelure aux branches d’un arbre et Joab le perce de sa lance,
Hercule tuant l'hydre de Lerne (de Guido Reni, École bolonaise). — Il frappe de sa massue le monstre dont les têtes se dressent près d’un rocher.
Martyre de saint Christophe (de Spada). — Cananéen d’une taille gigantesque, il est agenouillé et dépouillé de ses vêtements; ses bras sont attachés derrière le dos ; le bourreau, la tête couverte d’une toque, va le frapper de son épée. Un soldat romain assiste au supplice, etc.
David tuant Goliath (de Ricciarelli, École florentine). — Le genou appuyé sur le géant terrassé, David va le frapper de son cimeterre.
Jupiter foudroyant les crimes (de Caliari, École vénitienne). — Scène de terreur et de désespoir.
La Mort de Cléopâtre (de Turchi). — Marc- Antoine vient d’être transporté expirant près de la reine qui, soutenue par sès femmes, se fait mordre par un aspic. Al
Le Déluge (du même). — Les habitants de ia terre
LA POÉSIE DE LA MUSIQUE. . 95 cherchent à échapper à l’inondation en se réfugiant sur les hauteurs. Un homme fait entrer sa femme et son enfant sous une tente. Un autre retire une femme des flots. Plus loin, deux hommes s’accrochent aux branches d’un arbre. Dans le fond, l’arche portée sur les eaux.
Mort de Pharaon (de Jordaens, Musée d'Anvers). — Expression dramatique. Cris d’effroi et de désespoir. |
La Furie espagnole (de Brackeleer, Musée d’Anvers). —- Effroi des bourgeois d'Anvers en voyant tomber leur chef qui se défend encore le sabre levé sur celui qui veut le frapper de sa hallebarde. Son fils a saisi le fer et s’efforce de le détourner de son père terrassé, etc.
Exemples cités par Baillot :
Allegro agitato en #22 bémol du 1° quatuor de Cherubini (inédit);
L’adagio en /a du 2° quatuor de Mendelssohn ;
L’allegro en fa mineur de l'ouverture de Démophon, par Vogel.
Nous aurons occasion de signaler plusieurs morceaux dramatiques, notamment dans Beethoven, Mozart et Mendelssohn.
24° Martial, triomphal (”#/itare, tempo di marcià).— Une marche militaire guerrière ou
funèbre, un chant de victoire, le départ d'une armée ou son retour du combat, une entrée triomphale, un défilé de troupes après une revue, etc.
Sujets correspondants :
Marche de troupes (de Courtois, École française). — Un corps de cavalerie, précédé d’un trompette et d’un timbalier, se met en marche; il est commandé par deux chefs, dont l’un indique le lieu du combat et l’autre se retourne pour donner un ordre, etc.
Le Pas-de-Suze forcé par Louis XIII en 1629 (de Gellée). — Au pied d’une forteresse située sur un rocher, près d’une rivière, des régiments d’infanterie. Sur l’autre rive, de la cavalerie, de l'infanterie, et des trompettes à cheval sonnant la marche, etc.
Entrée de Henri IV à Paris le 22 mars 1594 (de Gérard). — Une foule se précipite au devant du cortége annoncé par des trompettes qui se répandent dans les divers quartiers de la ville, ete.
Arrivée de Louis XIV devant Douar qu'il fait investir par sa cavalerie en 667 (de van der Meulen, École flamande). — Au premier plan figure un équipage aux livrées du roi avec des mulets chargés de bagages. Plus loin, la route est encombrée de cavaliers, de carrosses et de chariots. Des escadrons de cavalerie prennent position dans la plaine, etc.
Le Triomphe de David (de Rosselli, École floren-
LA POÉSIE DE LA MUSIQUE. 97 tine). — David, vainqueur de Goliath, tient la tête et l'épée du géant. Plusieurs femmes l’accompagnent en jouant de divers instruments.
Exemples cités par Baillot :
L’allegretto en wf de la symphonie militaire de Haydn ;
L’allegretto con moto en ré mineur du 14° quatuor de Boccherini, œuvre 10;
La marche guerrière en ré de Sémiramis, opéra de Catel, éd. Ozi (accent triomphal) ; La marche en uw bémol de Beethoven pour la mort d’un héros (accent funèbre).
25° Résolu, fier (riso/uto, imperioso). -— Comme celui qui peut s'appliquer à un athlète ou à un guerrier ayant la conscience de sa force et de sa valeur.
Sujets correspondants :
Léonidas aux Thermopyles (de David, École française).— Léonidas, tenant ses armes, est assis sur un rocher près de l’autel d'Hercule. A côté de lui, son beau-frère Agis va mettre son casque et deux jeunes gens saisissent leurs armes suspendues aux branches d'un arbre. L’aveugle Euritus, conduit par un esclave, brandit une lance. Une troupe de Spartiates
s’avance au son des trompettes. Un guerrier grave sur le rocher ces paroles avec le pommeau de son épée : « Étranger, va dire aux Lacédémoniens que nous sommes morts ici en obéissant à leurs ordres, » etc.
Portrait de Henri IV, roi de France, mort en 1610 (de Porbus, École flamande). — Debout, couvert d'une armure et portant une écharpe blanche sur le cordon de l’ordre du Saint-Esprit, il appuie la main droite sur son casque et a la gauche sur la garde de son épée.
Tournot près des fossés d’un château (de Rubens). — Six cavaliers armés de toutes pièces combattent deux à deux à la lance devant les fossés d’un château. Deux hérauts à cheval, sonnant de la trom-
pette, etc.
Saint Michel terrassant le démon ‘de Raphaello Sanzio, École romaine). — Au milieu d’un désert
hérissé de rochers dont les crevasses laissent échapper les flammes de l’enfer, l’archange saint Michel, couvert d’une armure de fer et d’or, vient de renverser Satan et s'apprête à le percer de sa lance.
Baillot cite, comme exemple de l'accent résolu et fier, l’allegro en so! du 1” trio de Beethoven pour violon, alto et basse.
26° Noble, grandiose (robrle, grandioso).
— Tout ce qui en impose par la noblesse et la grandeur, comme une tête au front large et élevé reflétant de mäles vertus, celle, par exemple, d’un haut dignitaire, d'un prince ou d’un roi. La noblesse se rencontre d’ailleurs dans toutes les classes; aucune d'elles n’est privilégiée sous ce rapport. Certains animaux, comme le cheval et le lion, portent aussi sur leurs traits ou dans leur ensemble le même caractère. Le grandiose s'applique plus particulièrement aux grands spectacles, à une solennité imposante, à une apothéose, ou bien à l’architecture monumentale des châteaux, des palais, des belles cathédrales. Il s'applique aussi aux grandes scènes de la nature, à un panorama étendu vu d’un point élevé, aux splendeurs féeriques d’un soleil couchant comme celui qu'on peut admirer du sommet de hautes montagnes, à l’éruption d’un volcan, etc.
Sujets correspondants :
Courtoisie de Bayard (de Brenet, École française). — Le chevalier Bayard, qui avait sauvé l’honneur d’une famille à la prise de Brescia, ne voulut accepter un don de 2,500 ducats que pour doter les enfants de la maison qu’il venait de protéger. Il est
debout, présentant une bourse aux deux jeunes filles dont l’une est agenouillée, etc.
Portrait de François 1°", roi de France, né en 1494, mort en 1547 (de Clouet). — La tête est couverte d’une toque de velours noir ornée de perles avec une plume blanche, etc.
Bélisaire demandant l'aumûône (de David). — Le général romain, aveugle, est reconnu par un de ses anciens soldats au moment où une femme dépose une obole dans le casque tenu par son jeune compagnon.
Marius à Minturnes {de Drouais). — Marius, assis dans sa prison, se retourne vers le soldat cimbre envoyé par Sylla pour l’assassiner. Celui-ci, l'épée à la main, se cache la figure avec son manteau et recule à l’aspect imposant du guerrier.
David sacré rot par Samuel (de Gellée). — Le grand-prêtre Samuel, debout sous le péristyle d’un temple, sacre le jeune David appuyé sur un bâton de pasteur, etc.
François L' et Charles-Quint visitant les tombeaux des souverains & Saint-Denis (de Gros). — Les deux monarques sont arrivés au bas de l’escalier qui conduit aux caveaux où un chapelain, muni de deux flambeaux, se tient prêt à les guider. François Ier montre à Charles-Quint le tombeau de Louis XII surmonté de deux drapeaux vénitiens rappelant la brillante victoire d’A gnadel, etc.
L' Étude arrête le Temps (de Ménageot). — L'Étude, sous la figure d’une femme assise avec un livre ouvert devant elle et au milieu des attributs des sciences; arrête le Temps dans sa course, etc.
Portrait de Louis XIV, né en 1638, mort en 1715 (de Rigaud).— Debout, tête nue, il porte le manteau royal ets’appuie sur son sceptre.
Phaëton demande à Apollon la conduite du char du Soleil (de Le Sueur). — Apollon, sur des nuages, couronne son fils agenouillé. Le char du dieu est attelé, conduit par les Heures qui retiennent avec peine les coursiers impatients. Au-dessus de Phaéton, l’Aurore tenant un flambeau et des roses, etc.
Abraham renvoie Agar et son fils Ismaël (de van Dyck; École hollandaise). — Le patriarche a la main gauche posée sur l'épaule d’Agar et lui indique de la droite le chemin qu’elle doit suivre.
Vue de la maison de ville d'Amsterdam (de van der Heyden). — Édifice imposant, grandiose.
L'Institution de l'Eucharistie (de Gérard de Lairesse). — Scène imposante et solennelle.
Vestibule d'un palais (de van Nickelle). — De
. chaque côté du vestibule, un portique avec quatre
colonnes de marbre soutenant une riche galerie formée par une balustrade, etc.
Jésus célébrant la Pâque avec ses disciples (de Champaigne, École flamande). — Le Christ, assis devant une table, entouré de ses disciples, lève
les yeux au ciel et tient le pain qu’il va consacrer. |
Jésus chassant les vendeurs du temple (de Jordaens). — Dignité, grandeur et noblesse du Christ.
Passage du Rhin (de van der Meulen).— Louis XIV, monté sur un cheval pie et entouré de ses généraux, donne des ordres à un officier, ete.
Vue intérieure d'une cathédrale (de Neefs).— Grandiose, monumental.
Apothéose de Henri IV. Régence de Marie de Médicis (de Rubens). — Henri IV, enlevé par le Temps, est reçu dans l’Olympe par Jupiter. Bellone et la Victoire expriment leur douleur, tandis que l’'Hydre de la rébellion lève encore sa tête menaçante. La reine, vêtue de deuil, est assise sur son trône, accompagnée de Minerve et de la Prudence et reçoit les attributs du gouvernement.
Le Triomphe de la Vérité (du même). — La Vérité, soutenue par le Temps, s’élance vers le ciel où la reine Marie de Médicis et son fils Louis XIII se réconcilient.
Le Triomphe de la Religion (du même). — Deux anges ailés traînent un char qui porte la Religion agenouillée et la Foi. En avant volent deux petits anges tenant la couronne d’épines et les clous. Deux autres sont derrière le char et le poussent, etc.
La Cène (de Léonard de Vinci, École florentine). — Noblesse et grandeur,
Baiïllot cite comme exemple de l'accent noble et grandiose l’andante en /a du 16° duo de Viotti, éd. Naderman.
27° Calme, tranquille (moderato, tranquillo). — Celui qui succède à l’âge des passions dans le monde vivant comme celui qui, dans la nature, succède à l'orage ou à la tempête. Opposé à l'accent passionné et agité, il est en harmonie avec le repos du corps et de l'esprit et exclusif de tout souci et de toute préoccupation.
Le Repos en Égypte (de Corneille, École française). — La Vierge, assise au pied d'un arbre, tient par la main l'Enfant Jésus qui s'appuie sur les genoux de sa mère et lui montre le ciel. Près de lui, le jeune saint Jean en adoration et saint Joseph appuyé sur l’âne. Dans le ciel, des anges dont deux apportent une corbeille de fruits, etc.
Même sujet (d'Albani, École bolonaise). — Des anges agenouillés offrent des fruits et des fleurs à l'Enfant Jésus, assis sur les genoux de sa mère. Un autre abaisse la branche d’un arbre pour que la Vierge puisse en cueillir le fruit. Saint Joseph conduit l’âne vers une rivière. Dans les airs, des anges avec des Corbeilles de fruits.
Diane et Endymion (de J.-B. Vanloo, École française). — Endymion est couché au sommet d’une montagne avec un chien à côté de lui. Diane portée sur des nuages, et près d’elle un amour lui montrant du doigt le jeune berger.
Le Sommeil de Morphée (de Marot). — Il est représenté sous la forme d’un enfant couché les ailes déployées sur des nuages et sur des pavots dont il porte une couronne. A la partie supérieure, le char de la Nuit. |
Marine. La Nuit ou le Clair de lune (de J. Vernet). — Des matelots viennent puiser de l’eau à une fontaine sur le bord de la mer et bivouaquent près d'un feu allumé. Sur des rochers, un pêcheur et une femme avec un panier; derrière eux un homme couché. Plus loin, deux vaisseaux à l’ancre et des barques.
Le Repos de la Sainte Famille (de van Limborch, École hollandaise), — La Vierge, assise sur un tertre, tient un rouleau de parchemin. Saint Joseph est couché derrière elle. Devant la Vierge, l'Enfant Jésus couvert d’un voile blanc que sainte Anne relève en même temps que le petit saint Jean pose une couronne de fleurs sur sa tête.
Même sujet (de Cantarini, École bolonaise). — La Vierge assise soutient l'Enfant Jésus qui lui tend les bras. Près d'elle, saint Joseph au pied d’un arbre.
Même sujet (de Mola). — La Vierge, assise au milieu de divers fragments d'architecture, tient l'Enfant Jésus sur ses genoux. Saint Joseph, appuyé sur une pierre décorée d’un bas-relief, a un livre à la main.
Même sujet (de Lomi, École florentine). — La Vierge assise donne le sein à l’enfant Jésus. Près d'elle, saint Joseph endormi.
Un Enfant endormi (de Creti, École bolonaise), — Un jeune garçon, couché sur un lit, tient un fruit que le sommeil n’a pu lui faire abandonner.
La Vierge et l'enfant Jésus (de Guido Reni). — La Vierge assise tient sur ses genoux l'Enfant Jésus endormi et soulève le linge qui le couvre.
Le Sommeil de Jésus (de Luini, École lombarde). — La Vierge porte dans ses bras l'Enfant Jésus endormi ; elle est servie par des anges.
Méme sujet (de Maratta, École romaine). — La Vierge s'apprête à couvrir Jésus d'un voile de gaze, etc.
Baillot donne comme exemple de l'accent calme l’adagio en ré bémol du 17° quatuor de Beethoven.
28° Majestueux (maestoso). — Celui qui peut s'appliquer à un souverain ou à un guer-
rier qui s'est illustré par de hauts faits. Plusieurs sujets sacrés sont aussi rappelés par ce caractère.
Sujets correspondants :
Entrée d'Alexandre dans Babylone (de Le Brun, École française). — Debout sur un char enrichi d’or et d'ivoire, traîiné par deux éléphants richement caparaçonnés, il tient d’une main un sceptre d'or surmonté de la figure de la Victoire et de l’autre son épée. Sur le devant, un cavalier donne des ordres à deux eselaves qui portent un vase d’or ciselé sur un brancard.
La Victoire et la Renommée (de Gérard). — La Victoire, la tête couverte d’un casque à cimier, tient une palme et une couronne. Au-dessus, la Renommée, un rouleau de papier dans la main.
Institution de l’ordre du Saint-Esprit par Henri 111 dans l'église du couvent des Grands-Augustins à Paris, le 31 décembre 1578 (de J.-B. Vanloo). — Henri II, assis sur son trône, donne sa main à baiser au duc de Nevers agenouillé. Le roi est entouré des grands dignitaires de l’ordre du Saint- Esprit et de plusieurs chevaliers en manteau de cérémonie.
Neptune offrant ses richesses à la France ; allégorie à Louis XIV (de Mignard). — Debout sur un char trainé par deux chevaux marins, Neptune est en-
touré de tritons et de néréïdes. Il tient d’une main son trident et de l’autre des couronnes qu'il semble offrir à deux victoires ailées dont une porte des trompettes et l’autre une bannière blanche sur laquelle on voit un soleil et la devise de Louis XIV, etc.
L'Assomption de la Vierge (de Poussin). — La Vierge debout, les bras étendus, s'élève dans les airs soutenue par des anges.
Même sujet (de Salvi da Sassoferrato, École romaine). — La Vierge est debout au milieu d'une gloire, les mains jointes. A la partie inférieure, des têtes de chérubins.
Même sujet (de Rubens, École flamande. Au-dessus du maître-autel de la cathédrale d'Anvers). — La Vierge, entourée d’anges, est toute resplendissante de gloire et de majesté.
Louis XIII couronné par la Victoire (de Champaigne, École flamande). — Louis XIII debout, portant une cuirasse, des cuissards, des brassards et une écharpe blanche par-dessus le cordon de l’ordre du Saint-Esprit, a la main droite posée sur la hanche et s'appuie de la gauche sur une canne. La Victoire ailée tient une palme et pose une couronne de lauriers sur la tête du roi.
La Vierge entourée des saints Innocents(de Rubens). — La Vierge, tenant l'Enfant Jésus dans ses bras, est soutenue sur des nuages par des groupes de petits anges. Deux d’entre eux suspendent sur sa
tête une couronne. D’autres tiennent des palmes.
L'Éternel envoie l'ange Gabriel vers Marie (d’Albani, École bolonaise). — L'Éternel, un sceptre à la main et porté par des anges, s'appuie sur le globe du monde. Il ordonne à l’archange Gabriel d'annoncer à Marie qu’elle deviendra mère du Sauveur. D'un côté, la Paix et la Justice avec la palme et l’épée. De l’autre, la Foi et l'Espérance se tenant embrassées. À la partie supérieure, les cieux entr'ouverts laissent voir la Cour céleste. |
Le Couronnement de la Vierge (de Garbo, École florentine). — La Vierge, assise les mains jointes au milieu d’une gloire, reçoit de son fils la couronne de l’immortalité. Des anges font entendre de célestes concerts. Dans le bas du tableau, plusieurs saints ou évêques.
Même sujet (de Lanfranchi, École lombarde). — La Vierge sur un nuage est couronnée par son fils entouré d’anges. Deux saints à genoux BIO leur protection, etc.
Cowronnement du doge sur le haut de Liu des Géants du palais ducal, à Venise (de Guardi, École vénitienne). — Un sénateur pose le bonnet ducal sur la tête du doge. Des soldats sont placés de chaque côté sur les marches de l'escalier. Nombreux spectateurs.
La Conception immaculée de la Vierge (de Murillo, École espagnole). — Au milieu d’ une gloire et en-
en
‘LA POÉSIE DE LA MUSIQUE. 109 tourée de groupes d’anges, la Vierge, les cheveux flottants et les mains croisées sur la poitrine, s'élève, portée sur des nuages, dans l’immensité des cieux.
Baïllot cite comme exemple de l'accent majestueux le motif en /4 du 3° concerto de Viotti, éd. Sieber.
29° Religieux (e/igioso). — L'accent du recueillement et de la prière, celui qui s'applique à toutes les cérémonies célébrées dans nos églises et qui se manifeste dans l'attitude respectueuse et pleine d’onction des fidèles agenouillés devant les autels.
Sujets correspondants :
L'Annonciation de la Vierge (de Boulogne, École française). — La Vierge est à genoux devant un prie-Dieu et l’ange Gabriel lui présente une branche de lis. L'Éternel assis sur des nuages, entouré d’anges, et le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe.
Méme sujet (de de La Fosse). — La Vierge à genoux, retenant son manteau d’une main et posant l'autre sur sa poitrine, écoute la parole de l'ange placé sur un nuage. Des chérubins planent au-dessus de sa tête.
Même sujet (d'Albani, Écôle bolonaise), — La Vierge, à genoux devant un prie-Dieu, se tourne vers
l'ange Gabriel qui s’avance porté sur un nuage et tenant une branche de lis. Le Saint-Esprit descend du ciel accompagné d’anges.
L'Adoration des bergers (de Bourdon, École française). — La Vierge est assise, tenant sur ses genoux l'Enfant Jésus. Derrière elle, saint Joseph debout. Des bergers, dont l’un dépose à ses pieds un chevreau, sont en adoration. Dans le haut, un groupe d’anges avec une banderolle sur laquelle on lit : Gloria in excelsis Deo.
Même sujet (de Le Brun). — La Vierge, assise près d’un feu de chaume, tient sur ses genoux l'Enfant Jésus enveloppé dans des langes. Saint Joseph, les mains jointes, lève les yeux au ciel. Des bergers agenouillés adorent le Sauveur.
Même sujet (de Ponte, École vénitienne). — La Vierge, à genoux près de l'Enfant Jésus couché dans la crèche, lève le lange qui le couvre pour l'offrir à l’adoration des bergers, tandis que saint Joseph le
contemple.
Méme sujet (de Ribéra, École espagnole). - LL Vierge, les mains Jointes, est prosternée devant l’Enfant Jésus couché dans une crèche de bois remplie de paille. Des bergers et une femme sont en adora-
tion, etc.
Le Mariage de la Vierge (de de LA Fosse, Ecole française). — Marie et Joseph à genoux reçoivent
la bénédiction du grand-prêtre Zacharie, ete.
Même sujet(de Carle Vanloo). — La Vierge, ceinte d'une couronne de roses blanches, est agenouillée sur les marches de l'autel devant le grand-prêtre qui, une main posée sur le livre porté par un enfant, soutient de l’autre celle de la Vierge. L’anneau nuptial est présenté par saint Joseph, etc.
Méme sujet (de van Orley, École flamande). — Le
grand-prêtre unit saint Joseph et la Vierge accompagnés d'une suite nombreuse, ete.
. La Foi (de Mignard, École française). -- Elle est assise auprès d'un autel et tient une croix et un livre sur ses genoux. Un enfant lui présente un calice et deux autres tiennent les tables de la loi.
La Crèche (des frères Le Nain). — Saint Joseph est debout, appuyé sur un bâton, et la Vierge, agenouillée près de lui, va recouvrir d’un voile l'Enfant Jésus couché dans une crèche. Sainte Élisabeth à genoux, les mains jointes, est en adoration. Sur des nuages, des anges avec une banderolle qui porte l'inscription : £ece agnus Der.
L'Adoration des mages (de Poussin). — La Vierge assise tient sur ses genoux l'Enfant Jésus. Saint Joseph est derrière elle. Les trois rois, accompagnés de serviteurs et de soldats, se prosternent devant le Sauveur et déposent leurs présents à ses pieds, etc.
Méme sujet (de Rubens, École flamande). — La Vierge, debout, tient l'Enfant Jésus qui, assis sur un coussin placé sur de la paille, met la main dans uné
coquille pleine de pièces d'or que lui présente un mage agenouillé. Un autre mage aussi à genoux tient un vase d’or. Le roi nègre, coiffé d’un turban, tient une cassette ouverte. Saint Joseph debout derrière la Vierge, etc.
L'empereur Théodose recevant la bénédiction de saint Ambroise (de Subleyras, École française). — L'empereur est agenouillé devant l'archevêque de Milan, dont il implore le pardon pour avoir fait saccager la ville de Thessalonique. Saint Ambroise, assis sous un dais, lui donne l’absolution, ete.
Saint Bruno en prières dans sa cellule (de Le Sueur). — Le saint, agenouillé devant un crucifix, prie le ciel de protéger le nouvel établissement qu'il vient de fonder en Calabre. Des religieux sont occupés à défricher la terre.
Le Christ en croër (de Rubens, École flamande).
— La Vierge et saint Jean des deux côtés de la croix. La Magdeleine agenouillée ‘baise les pieds du Sauveur, etc.
: Le Calvaire (de Du Jardin, École hollandaise). — Jésus-Christ crucifié entre les deux larrons. La Magdeleine et saint Jean près de la croix. La Vierge assise à terre avec les saintes femmes, ete.
Jésus à Emmaüs (de Rembrandt). — Jésus-Christ, assis devant une table près de ses disciples, bénit le pain, ete.
Mariage mystique de sarnte Catherine d'Alexandrie
(d’Alfani, École romaine), — L'Enfant Jésus, sur les genoux de la Vierge, passe l’anneau nuptial au doigt de sainte Catherine agenouillée qui tient une palme et s'appuie sur un fragment de roue. Derrière elle, saint: Antoine de Padoue portant un cœur et une branche de lis; saint Francois d'Assise avec un livre et un crucifix, etc.
Même sujet (de Mazzola, École lombarde). — - La sainte, qui reçoit l'anneau nuptial des mains de l'Enfant Jésus, s'appuie sur une table près de laquelle est une roue garnie de dents de fer, ete.
La Vierge en prières (de Salvi da Sassoferrato, École romaine). — La Vierge a les yeux baissés, les mains jointes et la tête couverte d’une draperie blanche.
Sainte Famille (d'Andrea Luigi di Assisi, École ombrienne). — La Vierge assise, accompagnée de saint Joseph et d’un autre saint, présente son fils à l’adoration des deux martyrs.
La Vierge et l'Enfant Jésus (de Giotto, École florentine). — La Vierge tient son fils sur ses genoux. Saint Jean-Baptiste et saint Pierre sont en adoration au pied de son trône, etc.
Même sujet (de Rosselli). — La Vierge présente son fils à l’adoration des anges, de sainte Marie-Magdeleine et de saint Bernard.
La Vierge et l'enfant Jésus adoré par saint Jean- Baptiste et saint Étienne (d'Anselmi, École lom-
it LA POÉSIE DE LA MUSIQUE.
barde)., — La Vierge assise, tenant son fils dans ses bras, est portée sur des nuages et environnée d’une gloire d’anges. Saint Jean-Baptiste à genoux, ayant sa croix de roseau devant lui, lève les yeux au ciel. Saint Étienne tient une palme et indique ces paroles inscrites sur un livre qu’un ange lui présente : Z'ece vias, cœlos apertos et Jesum statum a dextris vertutis Der.
Saint Pierre en prières (de Lanfranchi). — Saint Pierre debout, les mains jointes, lève les yeux au ciel, Les clefs de l'Église sont posées près de lui sur un rocher.
L'Adoration du Messie (de Girolamo Mazzoia). — La Vierge, à genoux sur les marches d’un édifice en ruines, présente son fils à l’adoration des bergers et d’un saint évêque, etc.
La Purification de la Vierge (de Guido Reni, École bolonaise). — La Vicrge, agenouillée devant l'autel, vient de remettre son fils à Siméon. Elle écoute avec respect les paroles du saint vieillard qui présente l'Enfant au Seigneur et récite son cantique d'actions de grâces. Près de la Vierge, saint Joseph et sainte Anne avec le reste de la famille. Une jeune fille à genoux fait l’offrande de deux tourterelles ordonnée par la loi, ete.
La Trinité (de Rubens, École flamande. Musée d'Anvers). — Le Père découvre le corps inanimé de son Fils.
L'adagio en so/ du 77° quatuor d'Haydn est cité par Baillot comme exemple de l'accent religieux.
30° Enthousiastique, sublime (con fuoco).
— C'est l'accent que peut faire naître la toutepuissance du Créateur trônant dans les cieux ou la contemplation de la Reine des anges éblouissante de lumière et enveloppée d’une auréole de gloire, dont mille voix célèbrent en chœur la beauté et la grâce infinies. Les scènes miraculeuses rapportées par les saintes Écritures se rattachent au mème accent.
Sujets correspondants :
Saint Pierre ressuscitant Tabithe (de Cazes, École française). — Tabithe dans son lit, entourée de plusieurs femmes, se soulève à la voix de saint Pierre au-dessus duquel plane un ange les bras ouverts. Un apôtre à genoux et plusieurs personnages dans l'attitude de l'admiration, etc.
Saint Pierre quérissant les malades avec son ombre (de de La Hire). — Des malades étendus près de la porte d’un temple attendent que l'ombre de saint Pierre vienne les couvrir et les délivre de leurs infirmités, etc.
La Résurrection de Lazare (de Jouvenet). — Des
hommes soulèvent le linceul qui couvre Lazare. L'un d'eux à genoux paraît frappé d'étonnement et de frayeur. Le Christ debout entouré de ses disciples; Marthe et Marie à ses pieds, ete.
L’Ascension de Jésus-Christ (de Jouvenet). — J6sus-Christ, entre deux anges, s'élève au ciel en présence de la Vierge, de saint Pierre et de trois autres disciples agenouillés.
Les Aveugles de Jéricho: (de Poussin). — Jésus, sortant de Jéricho avec les apôtres Pierre, Jacques et Jean, touche les yeux de deux aveugles agenouillés devant lui. Derrière Jésus, un homme se penche pour examiner de près ce prodige, etc.
Le Christ quérissant le paralytique (de Restout). — Au-dessous d’un ange planant dans les airs, le Christ descend les marches d’un temple suivi de ses disciples et adresse la parole à un paralytique couché à terre. D’autres malades se font apporter sur le passage du Christ, etc.
Jésus-Christ recevant la Vierge dans le ciel, (de Stella). — Le Christ, tenant l’étendard de la foi et porté sur des nuages, prend une main de la Vierge qui appuie l’autre sur la poitrine de son Fils et lève les yeux vers lui, ete.
Saint Benoit ressuscitant un enfant (de Subleyras). — L'enfant est placé sur les marches conduisant à la porte du monastère. Son père est agenouillé près de lui. Saint Benoît approche son visage de celui de
l'enfant et le rappelle à la vie. Plusieurs religieux assistent à ce miracle, etc.
La Messe de saint Martin, évêque de Tours (de Le Sueur). — Un globe de feu apparaît au-dessus de la tête de l'évêque, qui officie à l'autel. Derrière lui, un diacre voit le miracle, et un prêtre placé au bas des marches de l'autel lève la patène, etc.
L'Assomption de la Vierge (de Verdier). — Les apôtres entourent le tombeau de la Vierge qui s'élance vers le ciel soutenue par les anges. Quelquesuns déploient le linceul, dans lequel ils trouvent des roses.
Apparition de saint Gervais et de saint Protais à saint Ambroise (de Champaigne, École flamande). — L’archevêque de Milan, à genoux devant un prie- Dieu, contemple l'apparition lumineuse des deux martyrs que lui présente saint Paul. Derrière une balustrade, le peuple milanais en foule assistant à ce miracle, etc.
La Résurrection du Christ (de Porbus'. — Audessus du tombeau, Jésus-Christ sur un nuage brillant tient une croix de jonc à laquelle est attachée une petite bannière. — Des gardes effrayés se cachent pour ne pas être éblouis par la lumière divine, etc.
Même sujet (de Carracci, École bolonaise). — Jésus-Christ, entouré d’une gloire d'anges, sort du tombeau, Les soldats qui le gardent sont terrifiés,ete,
Mème sujet (de Rubens, École flamande, Chapelle latérale de la cathédrale d'Anvers). — Jésus-Christ tient un flambeau d’une main et de l’autre une lance. Les gardes sont tombés frappés de terreur.
L'ange Raphaël quittant Tobie (de Rembrandt, École hollandaise). — Sara, femme: du Jeune Tobie, joint les mains dans l'attitude de l’étonnement. Près d'elle, sa mère Anne, confuse d’avoir douté de la protection céleste, détourne la tête et laisse tomber sa béquille. Tobie est agenouillé près de son père. Dans la partie supérieure, l'ange Raphaël s’éleve au ciel à travers les nuages.
Le Christ apparaissant à la Vierge (de van Thulden). — Jésus-Christ, après sa résurrection, accompagné de plusieurs saints et d'un ange portant un étendard déployé, apparaît à sa mère agenouillée, près de laquelle sont les instraments de la Passion. Un ange soulève le voile noir qui couvre les traits de la Vierge. Dans les cieux ouver:s, un concert d’esprits célestes. Des anges soutiennent cette légende Regina cœli, lætare, alleluia.
David jouant de la harpe (de Zampieri, École bolonaise). — Le roi-prophète, les yeux levés au ciel, s'accompagne de la harpe en chantant les louanges du Seigneur. Un ange tient ouvert devant lui le livre des saintes Écritures, Un autre transcrit les chants que l'enthousiasme inspire à David et tient le glaive qui lui servit à trancher la tête de Goliath.
Baillot cite comme exemple de l'accent enthousiastique l’allegro en w{ de la Création de Haydn.
Il aurait pu ajouter l’allegro final en wé majeur de la 5° symphonie de Becthoven (en wf mineur). |
Les divers accents musicaux que nous venons de passer en revue affectent souvent toute une page musicale. On en voit de fréquents exemples, notamment dans Haydn et Mozart; mais 1l arrive aussi que ces accents ne sont que passagers ou qu'on en rencontre plusieurs dans un mème morceau, qui peut être en même temps simple et affectueux, noble et passionné, doux et triste, agité et plaintif, etc. Il arrive aussi qu'une phrase exprimant un sentiment d'une nature déterminée est suivie d’une autre empreinte d'un caractère différent. C’est ce qui donne lieu aux oppositions, aux contrastes, qui d’ailleurs existent aussi dans la nature et sont maintes fois exprimés par le pinceau des peintres. Ces accents multiples et ces contrastes résultent du rapprochement des différents caractères énumérés ci-dessus, et 1l ne sera pas sans intérêt de citer quelques tableaux comme exemples :
Jésus élevé en croix (de Le Brun, École française). — Opposition entre la douleur et l'abattement de la Vierge, de saint Jean et de la Magdeleine, et l'éndifférence ou le calme des soldats qui jouent aux dés les vêlements du Sauveur.
Mars et Vénus (du même). — Vénus, debout sur son char, montre à Mars des armes portées par des amours. (La force et la fierté à côté de la grâce.)
Mars et Rihéa Sylvia (de Colombel). — Rhéa Sylvia est endormie près d’une fontaine. Un amour soulève le voile qui la couvre et la montre au dieu Mars. On voit le Tibre couché au bord de l'eau et la louve qui doit être nourrice des deux fils du dieu. (Opposition entre les accents calme, gracieux et passonné.)
Même sujet (de Poussin). — La déesse est couchée sur une draperie semée de fleurs. Mars, couvert de son casque, est également couché et touche la joue de Vénus. Autour d'eux, des groupes d’amours oecupés à divers jeux. (Gracieux et passionné.)
Athalie chassée du temple (de Coypel). — Joas vient d'être proclamé roi par l’armée et par le peuple. La jalouse Athalie, qui était accourue, est entrainée par les soldats. (Contraste entre la simplicité de Joas et la furie de sa grand'mère.)
Suzanne accusée par les vieillards (du même). — La chaste Suzanne, entourée d'hommes ét de femmes, semble prendre le ciel à témoin de son Imno-
cence.(La simpleité et le calme opposés à la passion.) Les Licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils (de David). — (Opposition entre la fermeté et
l'énergie du consul et la douleur de sa femme et de ses filles.)
Le Triomphe de Bacchus (de de La Fosse). — Bacchus, le thyrse à la main, est assis sur un trône porté par un éléphant et accompagné par des satyres, des bacchantes et des enfants qui dansent et jouent de divers instruments. (Gat, brillant, passionné.)
Ce sujet rappelle les vers suivants d’un nommé Boucher, ancien artiste du théâtre de Lyon, que je ne puis résister au désir de citer :
Mes amis, nos coupes sont pleines, L'écume en couronne les bords.
Quel feu circulant dans mes veines M'invite à de nouveaux transports !
Je vois Bacchus, je vois sa gloire, Son ivresse m'élève aux cieux; C'est Hébé qui me verse à boire, Je suis le convive des dieux!
Approche, joyeuse Bacchante, L'œil en feu, les cheveux épars; Viens ranimer l'ardeur brûlante Que je puise dans tes regards!
Verse d'un bras infatigable
Ce doux nectar des immortels:
Je me contente de leur table
Et la préfère à leurs autels.
Vois, dans sa marche vacillante, Silène qui, l'œil égaré, Laisse aller sa tête tremblante - Que couronne un raisin doré.
IL sourit et sa bouche avide,
‘ Où les sons viennent expirer, Appelle encor la coupe humide.
Que sa main ne peut plus porter.
Qui de nous, dans ces jours de fête, Peut compter sur des jours nouveaux ?
Le lierre qui couronne nos têtes Demain croîtra sur nos tombeaux.
Mais loin qu'une sombre tristesse Vienne importuner mon sommeil,
Je veux m'endormir dans l'ivresse
Et chanter encore au réveil.
Prométhée attaché sur le Caucase (de Frontier). — Il est attaché à un rocher par Vuleain, en punition de l'audace qu'il avait eue de ravir le feu céleste. (Dramatique; opposition entre la passion des dieux irrités et la douleur de la victime.)
Hercule rendant Alceste à Admète (de Galléche), = Le roi Admète s'avance vers Alceste les bras ouverts. Hercule soulève le voile qui la couvre. (Force, grâce, affection.)
La Nativité (de Gourmont). — Au milieu d'un temple ruiné, la Vierge agenouillée contemple l'Enfant Jésus couché sur une pierre. Derrière elle, saint Joseph à genoux. De nombreux petits anges, dans la partie supérieure, tenant une banderolle et des in-
LA POÉSIE DE LA MUSIQUE. 193 struments de musique, ete.(Simple, calme, religieux.) Même sujet (de Pippi, École romaine), — L'Enfant, couché sur de la paille, est adoré par la Vierge et saint Joseph à genoux. Derrière eux, des bergers s'inclinent devant le Sauveur. D'un côté, saint Jean tient un calice d’où sort un serpent. De l’autre, saint Longin est appuyé sur sa lance. Dans le fond, des bergers gardant leurs troupeaux et l'ange leur annonçant la venue du Messie.(A côté de la gräce et de la naïveté, les prévisions sinistres; opposition des accents simple, religieux et dramatique.)
Le général en chef Bonaparte visite les pestiférés de Jaffa le 44 mars 1799 (de Gros, École française). — Dans l’intérieur d’une riche mosquée convertie en hôpital, Bonaparte, suivi des généraux Berthier et Bessières, de l’ordonnateur Daure et du médecin Desgenettes, touche sans crainte les tumeurs pestilentielles d’un matelot à moitié nu. Un malade succombe sur les genoux du jeune chirurgien Maselet, qui lui-même expire victime de la contagion, etc. (Scène dramatique où le courage ct la fermeté se trouvent en face de la souffrance et de la éristesse.)
Jésus quérissant les malades (de Jouvenet). — Le Christ, suivi de ses disciples, étend la main sur des malades couchés à terre autour de lui, ete. (Dramatique; grandeur et souffrance.)
L’'Extréme-Onction (du même). -— Un moribond, étendu sur un lit, reçoit l’extrême-onction du prêtre
entouré de femmes et d'enfants en pleurs. Au-dessus de la tête du vieillard expirant, la Vierge et l'Enfant Jésus sur des nuages.(Accents de #ristesse et de souffrance; religieux.)
Jésus sur le chemin du Calvaire (de Mignard). — Simon soulage le Christ du poids de sa croix. La Vierge, saint Jean et la Magdeleine, plongés dans la douleur, Plus loin, les deux larrons sont conduits au supplice. (7rrstesse, souffrance ; dramatique.)
Ecce Homo (du même). — Le Christ, couronné d'épines, lève les yeux au ciel. (Souffrance et prière).
Éliézer et Rébecca (de Poussin). — Le serviteur d'Abraham, vêtu à l’orientale et coiffé d'un turban, offre des colliers et des bracelets à Rébecca dont il demande la main pour Isaac. Groupes de femmes et de jeunes filles qui viennent chercher de l’eau. (Woblesse et grâce.)
Sainte Famille (Au même). — L'Enfant Jésus sur les genoux de la Vierge caresse le jeune saint Jean qui est présenté par sainte Élisabeth agenouillée. Derrière ce groupe, saint Joseph les mains jointes. (Semple et affectueux ; religieux.)
Même sujet (d'Albani, École bolonaise). — La Vierge assise soutient l'Enfant Jésus sur son berceau. Le jeune saint Jean fléchit le genou devant lui et reçoit ses caresses. Saint Joseph, un livre à la main et le coude appuyé sur une table, interrempt sa
lecture pour les contempler, ete. (Calme, simple, affectueux.)
Méme sujet (de Mazzola, École lombarde). — La Vierge tient sur ses genoux l'Enfant Jésus qui embrasse le petit saint Jean monté sur le berceau du Sauveur, Derrière, saint Joseph et sainte Élisabeth, (Méêmes caractères.)
Même sujet (de Riccio, École vénitienne). — La Vierge assise tient dans ses bras l'Enfant Jésus à qui sainte Ursule offre une colombe. Derrière elle, saint Joseph. (WMémes caractères.)
Même sujet (de Tisio, École ferraraise). — La Vierge assise tient debout l'Enfant Jésus à qui saint Joseph agenouillé présente un agneau amené par sainte Élisabeth et saint Jean, (Mémes caractères.)
Même sujet (de Zampieri, École bolonaise). — La Vierge, assise à terre près d’une source, reçoit de l’eau dans une coquille ettient dans ses bras l'Enfant Jésus qui prend un fruit offert par le jeune saint Jean. Derrière, l'âne déchargé par saint Joseph. (Mémes caractères.)
Saint François Xavier rappelant à la vie la fille d'un habitant de Cangorima dans le Japon (de Poussin, École française). — Saint François et son compagnon Jean Fernandez prient de chaque côté du lit de la jeune fille, dont la tête est soutenue par une femme placée à son chevet. La mère éplorée se précipite vers elle les bras ouverts. Plusieurs Indiens en
admiration devant ce miracle, etc. (Religieux, dramatique.)
Le Triomphe de Flore (du même). — La déesse, assise sur un char richement orné traîné par deux zéphyrs, est accompagnée d’un nombreux cortége de nymphes et' de jeunes gens portant des fleurs. Deux amours voltigeant au-dessus de sa tête vont la couronner. Un guerrier lui présente des fleurs dans un bouclier, Des hommes, des femmes et des enfants précèdent le char en chantant et en dansant, etc. (Brellant, gracieux, ga.) |
Orphée et Eurydice (du même).— Orphée inspiré, assis sur une pierre, chante en s’accompagnant de la lyre. Eurydice cueillant des fleurs vient d’être piquée par un serpent. La corbeille qu’elletenait s'est échappée de ses mains, ete. (Accent pénétrant des . chants d'Orphée à côté de la souffrance d'Eurydice.)
Vénus présente l'Amour à Jupiter (de Le Sueur). — Vénus, agenouillée et tenant l'Amour dans ses bras, le présente à Jupiter assis sur des nuages avec Junon, Neptune et Diane qui expriment leur surprise et leur admiration. (La gräce en présence de la force et de la grandeur.)
Le Christ à la colonne (du mème). — Le Christ, les mains liées derrière le dos, est attaché à une colonne par deux bourreaux. (Opposition entre la douceur du Christ et le caractère cruel et passionné de ses bouryreaux.)
Mort de l'amiral Coligny (de Suvée). — L'amiral, debout devant la porte de sa demeure, se présente aux assassins, qui à sa vue tombent à genoux. L'un d'eux arrête un de ses compagnons qui tient une torche et une épée. RME noblesse et fermeté.)
La Présentation de Jésus au mine (de Vouet). —
Le grand-prêtre, suivi de quelques lévites, reçoit sur les degrés du temple l'Enfant Jésus que la Vierge agenouillée lui présente, ete. (Æeligieux ; simplicité et grandeur.) |
Passage de troupes dans un village (de Droogsloot, École hollandaise). — Une paysanne agenouillée et un paysan debout près d'elle implorent la clémence de deux cavaliers,ete. (Opposition entre le Les 6: martial et l'accent suppliant.)
Hercule entre le Vice et la Vertu (de de Lairesse). — La Vertu est debout près d’un piédestal où est placé un frein. Le Vice, sous les traits d’une femme élégante et assise, cherche à retenir Hercule par lebras, etc.(Opposition entre la noblesse et la légrreté.)
La Femme adultère (de Metsu). — Le Christ écrit par terre : « Que celui qui est sans péché lui jette la pierre. » Devant lui, la femme adultère en pleurs à qui le grand-prêtre montre le texte de la loi, etc: (Majesté du Christ opposée à la douleur de la femme.)
Saint Jean-Baptiste dans le désert(de Poelenburg). — Saint Jean tient une croix près d'un ange à ge-
noux. Plus loin, un pâtre conduit des bestiaux à un ruisseau, etc. (Simple, religieux, pastoral.)
Vénus et l'Amour (de Rembrandt). — Vénus, richement habillée, est assise et tient sur ses genoux l'Amour enfant dont elle appuie la tête contre sa joue. (Gracieux, brillant, affectueux.)
Le Bœuf gras en Hollande (de Philips Wouwermans). — Le bœuf gras, dont le cou est entouré de feuillage, est précédé d’un tambour et conduit par deux bouchers dont l’un boit dans un grand verre. Un homme à cheval ayant son fils en croupe et une carriole à deux chevaux sont arrêtés près du bœuf,ete. (Gai, brillant.)
Vue de la tour et de la porte de Nesle vers 1664 (de Pieter Wouwermans). — Un carrosse aux armes de France, attelé de six chevaux blanes et dans lequel se trouve une dame masquée, est conduit par un postillon et un cocher. Deux laquais derrière et un domestique à cheval. Plus loin, sur un pont conduisant à la porte de Nesle, un carrosse à quatre chevaux, etc. (Mystérieux et passionné.)
Le Jugement dernier (de Jordaens, École flamande). — Résurrection des morts. D'un côté, les damnés précipités dans le gouffre; de l’autre, les élus emportés au ciel par les anges, ete. (Contraste entre la tranquillité, le calme des uns et la terreur des autres; dramatique.) |
La Vierge avec l'Enfant Jésus (de van Mabuse). —
LA POÉSIE DE LA MUSIQUE. 129 L'Enfant Jésus est dans les bras de sa mère qui a la tête nue etles cheveux flottants.( Simplicité et grâce).
Même sujet (de Fassolo, École lombarde). — La Vierge, assise sur un trône, tient l'Enfant Jésus dans ses bras, etc, (Simple et majestueux.) | … David et Bethsabée (de Matsys, École flamande). — Bethsabée presque nue, portant un collier de perles et des bracelets, est assise sur la terrasse de son jardin. Devant elle, l’envoyé du roi avec un Jeune nègre tenant en laisse un lévrier. Plus loin, David accompagné de plusieurs personnages. (Grâce et grandeur.)
Descente de croix (de Mol). — Saint Jean soutient le corps du Christ, que la Vierge agenouillée touche avec douleur. Marie-Magdeleine embrasse une main du Christ, ete. (A ffectueux et triste.)
Saint Charles Borromée communiant les pestiférés à Milan en 1576 (de van Oost). — Scène de mort au milieu de laquelle le saint, tenant un calice, donne la communion à quatre personnes agenouillées. (Dramatique et religieux.)
Naissance de Marie de Médicis le 26 avril 1575 (de Rubens). — La déesse qui préside aux naissances, tenant le flambeau de la vie, remet la petite princesse dans les mains de la ville de Florence assise devant la porte d’un édifice. Le fleuve Arno, sur lequel un lion s'appuie, se repose près d’une touffe de roseaux. Les Heures fortunées répandent des fleurs sur Marie
et son bon génie, portant une corne d’abondance, vole pour annoncer sa naissance, ete.(La s'mplicité à côté du brillant et de la majesté.)
Couronnement de Marie de Médicis à Saint-Denis le 143 mai 1610 (du même). — La reine est à genoux, couronnée par le cardinal de Joyeuse assisté de deux autres cardinaux. Elle est accompagnée de Marguerite de Valois, première femme de Henri IV. Le roi, dans une tribune, regarde la cérémonie, ete. (/eligieux, brillant, imposant, majestueux.)
Tentation de saint Antoine (de Téniers).— Le saint est agenouillé dans une grotte, les mains jointes devant un livre placé contre une tête de mort qui repose sur un fragment de rocher avec un crucifix. Un sablier et une cruche sur laquelle est perché un oiseau. Un démon coiffé d’un chapeau met sa griffe sur le capuchon du saint et lui présente un verre de vin, Un animal à tête décharnée porte une chouette sur son dos. Près de l'ouverture de la grotte, des animaux monstrueux, etc. (Opposition entre les accents religieux, passionné et fantastique.)
Jésus-Christ amené devant Pilate (de Wohlgemuth, École allemande). — Le Christ, une corde au cou, est amené devant Pilate par des soldats, ete. (L'innocence et la sëmplicité en opposition avec la force et la violence.) |
Apparition de Jésus à la Magdeleine (d'Albani, École bolonaise). — La Magdeleine, les cheveux
épars et un vase de parfums à la main, s’agenouille devant le Christ appuyé sur une bêche. Deux anges sont assis à l'entrée de la grotte, sur les bords du sépulcre. (Aeligieux, dramatique.)
Même sujet (d’Albertinelli, École florentine). — La Magdeleine à genoux étend les bras vers le Christ
appuyé sur un instrument de jardinage. Dans le
fond, Jésus sortant du sépulere et les gardes renversés. (Mémes caractères.)
La Vierge aux anges (de Cimabuë). — La Vierge, assise sur un trône, tient sur ses genoux l'Enfant Jésus qui donne sa bénédiction. Trois anges de chaque côté du trône. (Grâce, noblesse, majesté.)
Le Sauveur du monde (de Dolci). — Jésus, assis devant une table sur laquelle est posé un calice, tient le pain et semble prononcer les paroles de la consécration. (Majestueux, religieux.)
Le Couronnement de la Vierge (de Giovanni). — Le Christ, revêtu d’habits royaux, est assis sur un trône et tient des deux mains une couronne qu'il va déposer doucement sur la tête de la Vierge agenouillée. Concert d'anges. Saints et saintes. (Majestueux, solennel.)
Le Repos de Vénus et de Vulcain (d'Albani, École bolonaise). — Vénus est couchée sur un lit de repos et Vulcain, étendu à ses pieds, s'appuie sur son marteau, Des amours forgent des traits et façonnent des arcs, (Opposition dela force et de la grâce; passionné.)
Les Amours désarmés (du même). — Au milieu d'une forêt, les amours, couchés sur des coussins, sommeillent. Les nymphes de Diane les surprennent et les désarment.(Calme, gracieux.)
David vainqueur de Goliath (de Guido Reni).— Debout et coiffé d'une toque ornée d’une plume, David, appuyé sur le fût d’une colonne, tient sa fronde d'une main et de l’autre la tête de Goliath (Simplicité et énergie.) |
Le Sommeil d'Antiope (d'Allegri, École lombarde). — Antiope, couchée sur une draperie, a la tête appuyée sur un bras et tient un arc. A ses pieds, l'Amour endormi sur une peau de lion. Jupiter, sous la forme d’un satyre, soulève la draperie qui couvre Antiope. (Opposition des caractères calme et passtonné.)
Séparation de saint Pierre et de saint Paul (de Lanfranchi). — Saint Pierre, escorté par des soldats et tiré avec violence par un bourreau, fait ses derniers adieux à saint Paul qui est entraîné vers le lieu du supplice. (Contraste entre les accents passionné et a/ffectueux.)
La Prière au Jardin des Oliviers (d’Alunno, École ombrienne, ou de Mecharino, École florentine). — Jésus à genoux auquel un ange présente le calice. D'un côté, les apôtres endormis; de l’autre, Judas montrant le Christ aux soldats, (Opposition des accents religieux et passionné.)
Même sujet (de Guido Reni, École bolonaise). — Un ange porté sur un nuage tient d’une main le calice et de l’autre la croix. Le Christ est à genoux, les mains jointes. Au-dessus de sa tête, d’autres anges apportent les instruments de la passion. Dans le fond, les apôtres endormis et Judas conduisant les soldats. (Wémes caractères.)
Sainte Martine (de Berettini, École romaine), — L'empereur Alexandre Sévère a voulu obliger Martine, chrétienne d'illustre naissance, à sacrifier aux faux dieux. À peine entrée dans le temple d’Apollon, elle fait le signe de la croix et la statue du dieu est renversée ainsi qu'une partie de l'édifice. La sainte est à genoux entourée de ruines et lève les yeux au ciel, ete. (Religieux, dramatique.)
La Vierge, l'Enfant Jésus et le jeune saint Jean (connu sous le nom de {a Belle Jardinière, de Raphaël.) — La Vierge assise contemple l'Enfant Jésus debout et appuyé sur elle. Le jeune saint Jean agenouillé tient une petite croix de jonc, etc. (Sémple, calme, religieux, affectueux.)
La Vierge, l'Enfant Jésus endormi et le jeune saint Jean (du même). — La Vierge, le front ceint d’un diadème, est accroupie devant son Fils qui repose sur un drap placé sur une pierre. Elle soulève le voile dont il est couvert pour le montrer au jeune saint Jean à genoux et en adoration. (Mémes caracléres.) |
Sainte Marquerite (du mème).— La sainte, debout et tenant une palme, foule du pied un monstre renversé. (Opposition entre la confiante fermeté de la sainte et la rage du monstre; dramatique.)
La Résurrection de Lazare (de Bonifazio, École vénitienne). — Marthe et Marie, sœurs de Lazare, sont agenouillées de chaque côté du Christ accompagné de ses disciples. Lazare, soutenu par deux hommes, sort de son tombeau en présence de plusieurs Juifs. (La souffrance et la reconnaissance en face de la simplicité et de la majesté du Christ; opposition des accents pénétrant et majestueux ; dramatique.)
L'Évanouissement d'Esther (de Caliari, dit Paul Véronèse). — Assuérus, assis sur son trône et entouré des grands de sa cour, regarde avec colère la reine évanouie dans les bras de ses suivantes, etc. (Passionné, dramatique.)
Le Christ entre les larrons (du même). — Jésus, la tête penchée, paraît rendre le dernier soupir. Saint Jean soutient la Vierge évanouie. La Magdeleine embrasse le pied de la croix et regarde avec douleur l’'agonie du Sauveur, etc.(Scène de profonde douleur; dramatique ; accent plaintif.)
Même sujet (de Mantegna). — Jésus vient d’être crucifié. Trois des gardes tirent aux dés ses vêtements. Saint Jean témoigne toute sa douleur. La Vierge, accompagnée des saintes femmes, verse des
LA POÉSIE DE LA MUSIQUE. 135 pleurs sur la mort de son Fils (WMémes caracteres.) Même sujet (de Rubens, École flamande. Musée d'Anvers), — Opposition entre le calme du Christ au moment où il reçoit le coup de lance d’un bourreau à cheval et les crispations nerveuses des larrons, dont l’un est parvenu à détacher son pied gauche déjà cloué sur l'arbre de sa croix. Un soldat, portant un casque et une cuirasse, regarde avec effroi le larron qui hurle et blasphème. Sainte Marie-Magdeleine et la Vierge brisée par la douleur sont au pied de la croix avec saint Jean-Baptiste en pleurs et une autre femme placée derrière la Vierge. (Expression dramatique ; accents calme, passionné, se souffrance, . de profonde tristesse.) Les Pelerins d’' Emmaüs (de Caliari, dit Paul Véro-
nèse, ou du Titien, Ecole vénitienne). — Le Christ,
assis à table entre deux disciples, bénit le pain. Domestiques; enfants jouant avec des chiens, ete. (Simplicité et grandeur à côté de la légèreté et de la grâce.)
La Vierge de la Victoire (de Mantegna). — La Vierge, assise sur un trône orné de marbres ct de bas-reliefs en or, tient l'Enfant Jésus debout sur ses genoux. Son manteau est soutenu par l’archange saint Michel et par saint Maurice, qui portent de riches armures. Derrière eux, saint Longin et saint
. André, protecteurs de la ville de Mantoue. Près de la
Vierge, le jeune saint Jean debout, et plus bas sainte
Élisabeth, sa mère, à genoux. Sur les marches du trône, Jean-François de Gonzague, marquis de Mantoue, rendant grâce à la Vierge qui lui tend la main tandis que son fils lui donne sa bénédiction, ete. (Brillant, majestueux, religieux.)
Le Paradis (de Robusti). — Entouré de la gloire céleste, Jésus-Christ couronne la Vierge. Près de lui sont rangés les apôtres, les évangélistes, les pères et docteurs de l’Église, les vierges, les martyrs, etc., et tous chantent ses louanges et le glorifient. (Wapestueux, enthousiästique.) R
Le Couronnement d'épines (de Tiziano Vecellio). — Le Christ, un roseau à la main et couvert d’un manteau écarlate qu’on lui a mis par dérision, est assis sur les degrés du prétoire. Un soldat lui tient les mains liées; d’autres lui crachent au visage, le frappent et font entrer de force sur sa tête une couronne d’épines.(Scène de souffrance; accent plaintif opposé à la haine et à la fureur des soldats.)
Communion de saint François d'Assises (de Rubens, École flamande, Musée d'Anvers). — Expression de bonheur malgré la souffrance. L'espoir et la confiance à côté de la mort. (Dramatique et religieux.)
L’'Adoration des mages (de van Orley. Musée d’Anvers). — L'un des mages, agenouillé, tient un encensoir. Un autre apporte des présents. Tous regardent l'Enfant Jésus avec avidité. (Pompe, majesté, grandeur, richesse, ou caractères bréllant, grandiose, ma-
LA POËSIE DE LA MUSIQUE. 137 jestueur, en opposition avec la snplicité, la douceur et la grâce de la Vierge, au milieu de l’étable où vient de naître le Sauveur.)
Mort de Rubens (de van Brée. Musée d'Anvers). — Sanglots étouffés de sa femme soutenue par van Dyck. Recueillement de l'assistance agenouillée. Gravité de l'officier de l’état civil qui, la plume à la main, consigne sur le papier les dernières volontés du mourant. Le prêtre récite des prières, la main appuyée sur le dossier du fauteuil où Rubens est couché, un crucifix dans la main.(7riste, dramatique, religieux.)
Tous les tableaux dont la nomenclature précède offrent autant de sujets où les compositeurs peuvent puiser des inspirations. Les instrumentistes consciencieux et réfléchis pourront aussi s’en pénétrer pour rendre les œuvres des maîtres avec leur véritable accent. Enfin le public s’aidera de leur poésie pour mieux apprécier les beautés musicales qui, étant pour ainsi dire mises en scène, ne peuvent manquer de produire tout leur effet. Il est une vérité incontestable que j ai eu maintes fois occasion de vérifier par moi-même, c'est que, toutes choses égales d’ailleurs, la musique de chambre acquiert infiniment plus de charme
quand on sait la pottiser. Que l’on entende un
quatuor, par exemple, exécuté par des artistes de talent, et que l’on ait en même temps devant les yeux de beaux ‘tableaux de genre, des figures gracieuses, des paysages variés, des scènes de la vie intime ou des sujets historiques, on verra si les impressions éprouvées ne seront pas plus vives que si l’on écoutait avec indifférence ou que l'esprit ne s’attachät qu’au
plus ou moins de perfection de lexécution.
Tant 1l est vrai que les beaux-arts sont étroitement liés et se rehaussent réciproquement!
La plupart du temps, on n’applaudit que le talent des artistes ; mais si l’on savait ce qu'ils veulent exprimer, on applaudirait bien davantage encore.
Maintenant que nous avons défini Les diverses sortes d’accents applicables à la musique instrumentale, il importe de faire ressortir leurs affinités et leurs dissemblances, afin de facihiter leur recherche quand ils n'apparaissent pas de prime abord avec assez d'évidence et de faire aussi mieux saisir les contrastes auxquels ils donnent lieu.
En général, la simplicité s'allie bien avec la douceur et la grâce, la retenue, l'affection et la tendresse, la gaieté, l'animation, la vivacité et
ER
la légèreté, les accents pastoral, rustique et villageois, voilé ou concentré, calme et reli- SIeUX.
On peut ranger dans une même catégorie les accents noble, fier, martial, majestueux, brillant, comme on peut mettre ensemble les accents vague et indécis, plaintif et suppliant, pénétrant, de mélancolie, de tristesse, de souffrance, sombre et sévère, énergique, véhément, agité, passionné, dramatique, enthousiastique.
On pourra opposer la simplicité à la noblesse, à la majesté, à la fierté; la gaieté à la sévérité ou à la tristesse; la douceur ou la grâce à l'énergie et à la véhémence ; le vague au brillant; le calme à l'agitation, au passionné, au dramatique, etc.
Il y a aussi des degrés dans l'accent. Ainsi, de même qu'on ne passe pas sans transition d’une nuit obscure à un jour éclatant, de même il y a progression entre Le simple contentement et la joie folle ; comme entre une contrariété et le désespoir, il y a l'inquiétude, la mélancolie, la tristesse, la profonde douleur.
Chacun sent que toutes ces expressions et tous ees contrastes se rencontrent dans la musique instrumentale ; mais on ne s’en rend pas
généralement assez compte. Et pourtant la nature nous les révèle pour ainsi dire d'une manière constante. En effet, le pays que nous habitons peut être simple, gracieux, mélancolique, pittoresque, grandiose, suivant les conditions topographiques et géologiques du sol. Les saisons, l’état du ciel et de l'atmosphère lui impriment un caractère parliculier qui se reflète sur nos visages et dans tout notre être. Voyez la campagne sous un ciel bleu, réjouie par un soleil resplendissant, et voyez-la par un temps sombre et pluvieux. Quel contraste dans les physionomies de la nature et des êtres animés qui la peuplent!
Parmi les plantes qui ornent le paysage, 1l y a depuis l’arbrisseau modeste, depuis le petit chène rabougri, compagnon habituel des terrains secs et pierreux, jusqu'à cette végétation touffue et élancée due à la profondeur du sol et à l'humidité des vallées, jusqu'à ces palmiers gigantesques qui étalent leurs richesses dans les contrées tropicales.
D'un côté, ce sont des campagnes riantes ; de l’autre, une nature désolée, glacée comme celle de l'extrême nord,ou bien des sables brülants comme ceux des déserts africains où
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