Sans limites
Poui- l'hyver, tant soit-il cruel; L'anis, le chevrelueil qui porte La manne qui vous reconforte, Y Verdoyé perpétuel.
Mais, je vous pri', gardez-vous bien, Gardez-vous qu'on ne l'eguillonne' ; Vous apprendrez bien tost combien Sa pointure est trop plus félonne; Et de ses fleurs ne vous soûlez Sans m'en garder, si ne voulez Que mon ame ne m'abandonne.
(Poésies diverses.)
A la source du Loir.
Source d'argent toute pleine, Dont le beau cours éternel Fuit pour enrichir la plaine De mon pays paternel,
Sois donc orgueilleuse et lîère De le baigner de ton eau :
Nulle françoise rivière N'en peut laver un plus beau.
Que les Muses éternelles D'habiter n'ont dédaigné.
Ne Phœbus qui dit par elles L'art où je suis enseigné-;
Qui dessus ta rive herbue
Jadis fut énamouré
De la nymphe chevelue,
La nymplie au beau crin doré-^;
Et l'attrapa de vitesse.
Fuyant le long de tes bords, Et là ravit sa jeunesse Au milieu de mille elîorts ;
1. Qu'on ne la pique avec Faiguillou. 3. Aux beaux cheveux dorés.