La mèche des ai-quebuses. dont voici le premier couplet
Rosette, pour un peu d'absence, Votre cœur vous avez changé, Et moi, sachant votre inconstance.
Le mien autre imrt j'ai rangé.
4. D'Aubigné sacrifie aux pointes et à l'affectation italienne dans ses ijoé^ies de jeuuesse. Le tour précieux de ces trois derniers vers en est un exemple.
L'un léger, et l'autre légère, A qui plus volage sera :
Le berger comme la bergère De changer se repentira.
L'un dit qu'en pleurs il se consume, L'autre jjense tout autrement.
Tous deux n'aiment que par coutume, N'aimant que leur conlentcment ; Tous deux comme la girouette Tournent poussés au gré du vent, Et leur amour rien ne souhaite Qu'à jouir et changer souvent.
De tous deux les caresses feintes Descouvrenl leur cueur inconstant; Ils versent un millier de lilaintes, Et le vent en emporte autant; Le menteur et la mensongère Gagent à qui mieux trompera!
Le berger comme la bergère De changer se repentira.
Ils se suivent comme à la trace, A changer sans savoir pourquoy ; Pas un des deux l'autre ne passe D'amovu-, de constance et de foy.
Tous les jours une amitié neuve Ces volages contentera.
Aussi vous verrez à l'épreuve Que chacun s'en repentira.
De tous deux les promesses vaines Et les pleurs versés en partant N'ont plus' duré que les haleines Qui de la bouche vont sortant :
Chacun garde son avantage A fausser tout ce qu'il dira.
Et chacun de son faux langage A son tour se repentira.
(Printemps.)
Jamais plus beauté si légère B'Aubigné n'est pas inférieur à Ini-
Sur moi tant de pouvoir n'aura. même dans la poésie h'gère.
Xous verrons, volage bergère, 1. X'out pas plus duré.
Qui premier s'en repentira.
AC^HIPPA DAUBKiNE. 243
Nonchalance.
Je sens bannir ma peur et le mal que j'endure. Couché au doux abri d'un myrte et dvm cyprès'. Qui de leurs verts rameaux s'accolant près à près Encourtinent la lleur qui mon chevet azuré;
Oyant virer au fil d'un musicien murmure Mille nymphes d'argent, qui de leurs Ilots secrets lîebrouillenl^ en riant les perles dans les prés Et l'ont les diamans rouler à laveature.
Ce bosquet de verbrun qui ceste ombre obscurcit D'échos harmonieux et de chants retentit. O séjour amiable, ô repos précieux!
O giron, doux support au chef qui se tourmente! U mes yeux bienheureux éclairés de ses yeux ! Heureux qui meurt ici et mourant ne lamente-M
(Printemps:.)
Idylle.
Nous ferons, ma Diane, im jardin fructueux; J'en serai laboureur, vous dame et gardienne. Vous donnerez le champ, je fournirai de peine, Alin que son honneur soit commun à nous deux.
Les fleurs dont ce parterre esjouira nos yeux Seront vert-florissants, leurs sujets sont la gi-aine''; Mes yeux l'arroseront et seront sa fontaine ; Il aura pour zéphirs mes souspirs amoureux.
Vous y verrez mêlés mille beautés écloses, Soucis, œillets et lis, sans épines les roses. Encolle et pensée, et pourrez y choisir
1. Lentus in umhi-ii (Viiic), « non- Du Bellay, pur sa tournure mùlaiicochalamment étendu à l'ombre ». lique et doucement indécise.
2. Redoublement pour OrouUlent. 4. Cet hémistiche manque de clarté,