‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 16 sur 215 · L?s brisées, les sentiers. Cf. l'exprès · texte numérisé non relu

L?s brisées, les sentiers. Cf. l'exprès

Rhadamantus la faict pendre ou fesser ; Mais si la langue elle refraind et mord, Souventcs foys eschappe peine et mort.

Ce nonobstant, si tost qu'il vient à veoir

Que par doulceur il ne la peult avoir,

Aulcunes foys encontre elle il s'irrite,

Et de ce pas ' , selon le démérite

Qu'il sent en elle, il vous la faict plonger

Au fonds d'enfer, ou luy faict alonger

A'eines et nerfz ; et par tourmenlz s'efforce

A esprouver s'elle dira par force

Ce que doulceur n'a sceu d'elle tirer.

O chers amys, j'en ay veu martyrer

Tant, que pi lié m'en mettoit en csmoy,

Par quoy vous pry de plaindre avecques raoy

Les innocents qui en telz lieux damnables

Tiennent souvent la place des coupables.

(V Enfer.)

Enfance de Marot.

Sur le printemps de ma jeunesse folle Je ressemblois l'arondelle qui vole Puis çà, puis là; l'aage me conduisoit; Sans paour ne soing, ou le cueur me disoit. En la forest, sans la crainte des loups, Je m'en allois souvent cueillir le houx, Pour faire gluz à prendre oyseaux ramages-. Tous difTorents de chants et de plumages; Ou me souloys, pour les prendre, entremettre-* A faire bries • ou caiges pour les mettre; Ou transnooys"^ les rivières profondes; Ou renforçoys sur le genouil les fondes''. Puis d'en tirer droict et loing j'apprenois Pour chasser loups et abbatlre des noix. O quantesfois aux arbres grimpé j'ai Pour desnicher ou la pie ou le geai,

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