‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 17 sur 215 · M'employer. 6. Les frondes · texte numérisé non relu

M'employer. 6. Les frondes

Ou pour jecter des fruicts jà meurs et beaux

A mes compaings, qui lendoient leurs chapeaux !

Aulcunesfois aux montaignes alloye,

Aulcunesfois aux fosses devalloye,

Pour trouver là les gistes des fouines,

Des hérissons ou des blanches hermines,

Ou pas à pas, le long des buissonnets

AUois cherchant les nids des chardonnels.

Ou des serins, des pinsons ou linottes :

Desjà pourtant je faisois quelques nottes

De chant rustic, et dessoubs les ormeaux.

Quasi enfant, sonnois des chalumeaux.

Si ne saurois bien dire ne penser

Qui m'enseigna si tost d'y commencer.

Ou la Nature aux Muses inclinée.

Ou ma fortune en cela destinée

A te servir' : si ce ne fut l'un d'eux,

Je suis certain que ce furent tous deux.

Ce que voyant, le bon Janot-, mon père.

Voulut gaiger à Jaquet son compère

Contre un veau gras deux aignelets bessons

Que quelque jour je ferois des chansons ;

Et me soubvient que bien souvent aux testes

En regardant de loing paistre nos bestes.

Il me souloit une leçon donner

Pour doulcement la musette entonner.

Ou a dicter quelque chanson rurale

Pour la chanter en mode pastourale.

Aussi le soir, que les trouj^eaux espars

Etoient serrés et remis en leurs parcs.

Le bon vieillart après moy travailloit

Et à la lampe assez tard me veilloit,

Ainsi que font leurs sansonnets ou pies

Auprès du feu bergères accroupies.

{Opuscules.)

Une lettre.

Qui eust pensé, que l'on peust concepvoir Tant de plaisyr pour lettres recepvoir ?

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