M'employer. 6. Les frondes
Ou pour jecter des fruicts jà meurs et beaux
A mes compaings, qui lendoient leurs chapeaux !
Aulcunesfois aux montaignes alloye,
Aulcunesfois aux fosses devalloye,
Pour trouver là les gistes des fouines,
Des hérissons ou des blanches hermines,
Ou pas à pas, le long des buissonnets
AUois cherchant les nids des chardonnels.
Ou des serins, des pinsons ou linottes :
Desjà pourtant je faisois quelques nottes
De chant rustic, et dessoubs les ormeaux.
Quasi enfant, sonnois des chalumeaux.
Si ne saurois bien dire ne penser
Qui m'enseigna si tost d'y commencer.
Ou la Nature aux Muses inclinée.
Ou ma fortune en cela destinée
A te servir' : si ce ne fut l'un d'eux,
Je suis certain que ce furent tous deux.
Ce que voyant, le bon Janot-, mon père.
Voulut gaiger à Jaquet son compère
Contre un veau gras deux aignelets bessons
Que quelque jour je ferois des chansons ;
Et me soubvient que bien souvent aux testes
En regardant de loing paistre nos bestes.
Il me souloit une leçon donner
Pour doulcement la musette entonner.
Ou a dicter quelque chanson rurale
Pour la chanter en mode pastourale.
Aussi le soir, que les trouj^eaux espars
Etoient serrés et remis en leurs parcs.
Le bon vieillart après moy travailloit
Et à la lampe assez tard me veilloit,
Ainsi que font leurs sansonnets ou pies
Auprès du feu bergères accroupies.
{Opuscules.)
Une lettre.
Qui eust pensé, que l'on peust concepvoir Tant de plaisyr pour lettres recepvoir ?