Au miUen de la nuit paisible. G. Tais ou tests, crânes
Les enfans innocens onl preste leurs moelles, Leurs graisses et leur suc à fournir des chandelles, Et, pour faire trotter les esprits aux: tombeaux. On offre à Belzebub leurs innocentes peaux.
En vain, Roine, tu as rempli une boutique De drogues du mestier et mesnage magique ; En vain fais lu amas dans les tais des detfuns De poix noire, de canfre h faire tes parfuns; Tu y brusles en vain cyprès et mandragore, La ciguë, la rue et le blanc hellébore, La teste d'un chat roux, d'un céraste la peau, D'un chat-huant le fiel, la langue d'un corbeau. De la chauve-souiis le sang, et de la louve Le laict chaudement pris sur le poinct qu'elle 4rouve Sa tasniere voUee et son fruict emporté. Le nombril frais-couppé à l'enfant avorté, Le cœur d'un vieil crapaut, le foie d'un dipsade. Les yeux d'un basilic, la dent d'un chien malade Et la bave qu'il rend en contemplant les flots, La queue du poisson', ancre des matelots. Contre lequel en vain vent et voile s'essaie. Le vierge parchemin, le palais de fresaie : Tant d'estranges moyens tu recerches en vain^. Tu en as de plus prompts en ta fatale main. Car quand dans un corps mort un démon lu ingères. Tu le vas menaçant d'un fouël de vipères ; Il fait semblant de craindre, et pour jouer son jeu. Il s'approche, il refuse, il entre peu à peu, Il louche le corps froid, et puis il s'en esloigne. Il feint avoir horreur de l'horrible charongne : Ces feintes sont appas; leur maislre, leur seigneur Leur permet d'atlronter, d'efficace d'erreur. Tels esprits que le tien, par telles singeries.
Mais toi qui' par sur eux triomphes, seigneuries^. Use de ton pouvoir : tu peux bien triompher Sur eux. puisque tu es vivandière d'enfer.
1. Ce poisson estVédiiiieîs, qui, selon l'importance que U'Aubigné, esprit forti Rabelais (iv, C2), a arreste contre tous superstitieux, attachait aux pratiques! les vents.... les plus fortes navires qui de la magie. i soient sur mer ». 3. Du verbe seigneurier, toi qui do-J