‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 177 sur 215 · Matière · texte numérisé non relu

Matière

AGRIPPA DAL'BIGNE. 295

Car s'ils doivent hoaviconp, Dieu leur en a faicl don' :

Ils sont vestus de blanc et lavez de pardon.

O tribus de Judal vous estes à la dexlre;

Edoni, Moab, Anar. tremblent à la seneslre;

Les tyrans, abattus, pasles et criminels,

Changent leurs vains honneurs aux tourments éternels.

Ils n'ont plus sur le front la furieuse audace;

Ils soulTrent en tremblant limpérieuse face-.

Face qu'ils ont frappée, et remarquent assez

Le chef, les membres saincts qu'ils avoient transpercez.

Ils le virent lié, le voicy les mains hautes;

Ces sévèi'es soui'cils viennent conter leurs fautes

Ores viennent treinbler à cet acte dernier

Les condamneurs aux pieds du juste ijrisonnier.

A'oicy le grand héraut d'une estrange nouvelle,

Le messager de mort, mais de mort éternelle.

Qui se cache.'» Qui fuit devant les yeux de Dieu?

Vous, Caïns fugitifs, où trouverez-vous lieu-'!'

Quand aous auriez les vents souftlant sous vos aisselles.

Ou quand l'aube du jour vous presteroit ses aisles,

Les monts '• vous ouvriroient le plus profond rocher.

Quand la nuict tàcheroit en sa nuict vous cacher.

Vous enceindre la mer, vous enlever la nue-'.

Vous ne fuirez de Dieu ny le doigt ny la veue

La Sentence^'.

« Vous qui m'avez vestu au temps de la froidure. Vous qui avez pour moy soutTert peine et injure, Qui à ma seiche soif et à mon aspre faim Donnastes de bon cœur vostre eau et vostre pain; Venez, race du Ciel, venez, esleus du Père; Vos péchez sont estcints, le juge est votre frère, Venez donc, bienheureux, triompher à jamais Au Royaume éternel d'une éternelle paix. »

1. S'ils ont (les dettes, Dieu les leur 5. Si la mer essayait de vous ena remises. ceindre, la nue de vous enlever.

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