‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 178 sur 215 · Quand les monts.... aux impies, qui sont à sa gauche · texte numérisé non relu

Quand les monts.... aux impies, qui sont à sa gauche

A ce mot tout se change en beautez éternelles. Ce changement de tout est si doux aux fidellcs! Que de parfaicts plaisirs! ô Dieu, cju'ils trouvent beau Cette terre nouvelle et ce grand Ciel nouveau 1

Mais d'autre part, si tost que l'Eternel faict bruire A sa gauche ces mots, les foudres de son ire. Quand ce Juge, et non Pore, au front de tant de Rois. Iirevocable, pousse et tonne cette voix : « Vous qui avez laissé mes membres aux froidures. Qui leur avez versé injures sur injures. Qui à ma seiche soif et à mon aspre faim Donnastes fiel pour eau et pierre au lieu de pain; Allez, maudits, allez grincer vos dents rebelles Au gouffi'e ténébreux des peines éternelles! » Lors ce front qui ailleurs portoit contentement Porte à ceux cy la mort et l'espouvantement. Il sort un glaive aigu de la bouche divine ; L'Enfer glouton, bruyant, devant ses pieds chemine...

O enfants de ce siècle, à abusez mocqueurs, Imployables' esprits, incorrigibles cœurs. Vos esprits trouveront en la fosse profonde Vray ce cju'ils ont pensé une fable en ce monde. Ils languiront en vain de regret sans mercy. ^"ostre ame à sa mesure- enflera de soucy. Qui vous consolera.^ L'amy qui se désole Vous grincera les dents au lieu de la parole. Les Saincts vous aymoient-ils? Un abysme est entr'eux- Leur chair ne s'esmeut plus, vous estes odieux. Mais n'esperez-vous point fin à votre soulfrance.'*

Point n'esclaire aux enfers l'aube de l'espérance"'

Transis, désespérez, il n'y a plus de mort Qui soit pour vostre mer des orages le port : Que si vos yeux de feu jettent l'ardente veuë A l'espoir du poignard, le poignard plus ne tuë. Que la Mort (direz-vous) estoit un doux plaisir ! La Mort, morte, ne peut vous tuer, vous saisir; Voulez- vous du poison.^ en vain cest artifice! Vous vous précipitez, en vain le précipice!

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