Conséquent. taures
3. De.si'.\utekke (1460-1524), gram- 7. Cf. Viugile, jé«., cli. I, vers 150: mairien belge, dont la grammaire, écrite p^^^^^. ,^^^^ ^linistrat.
en latin, faisait alors loi dans les écoles
françaises. Frappe?- Despaiiterre, c'est « La fureur leur fournit des armes.»
donc pécher contre la grammaire, 8. Allusion probable à un gentil-
comme plus tard parle/- VaugeJas si- homme gascon qui passait pour voler
gnifiera s'exprimer en un français cor- les manteaux, dans les compagnies où
rect. il se trouvait.
4. Onomatopée significative et popu- !•. Mettre une barre de séparation, laire pour exprimer le bruit des coups comme entre des chevaux vicieux, donnés et rendus. On la trouve déjà 10. Eiipprocher de cette satire : dans Rabelais, liv. II, chap. 29. Horace, liv. II, Sut. vu, et Boileau,
5. Qui.... qui, l'un.... l'autre.... <S((^. m. Horace fait preuve sui'tout
MATIIURIN REGNIER. 347
Macette.
Doiiiiaut des saincles loix à son affection,
Elle a mis son amoui- à la dévotion.
Sans art elle s'habille, et, simple en contenance,
Son teint mortifié prescliela continence.
Clergesse. elle fait jà la leçon aux prescheurs :
Elle lit sainct Bernard, le Guide des Pécheurs,
Les Méditations de la mère Thérèse,
Sçait que c'est qu'hypostase aveccjue synderèse' ;
Jour et nuict elle va de couvent en convent ;
Visite les saincts lieux, se confesse souvent ;
A des cas reservez grandes intelligences;
Sçait du nom de Jésus toutes les indulgences ;
Que A'alent chapelets, grains bénits enfilez,
Et Tordre du cordon des pères Recollez.
Loin du monde elle fait sa demeure et son giste :
Son œil tout pénitent ne pleure qu'eau beniste
Cette vieille chouette, a pas lents et posez,
La parole modeste et les yeux composez, Entra par l'évérence^, et resserrant la bouche.
Timide en son respect, sembloit saincte INitouclie
Enfin, me tapissant'' au recoin d'une porte, J'entendy son propos, qui fut de ceste sorte :
« Ma fille. Dieu vous garde et vous vueille bénir! Si je vous veux du mal, qu'il me puisse advenir ! Qu'eussiez vous tout le bien dont le ciel vous est chiche! L'ayant, je n'en seroy plus pauvre ny plus riche : Car. n'estant plus du monde, au bien je ne pretens. Ou bien, si j'en désire, en l'autre je l'attens; D'autre chose icy bas le bon Dieu je ne prie. A propos, sçavez vous.^ On dit qu'on vous marie. Je sçay bien vostrc cas : un homme grand, adroit. Riche, et Dieu sçait s'il a tout ce qu'il vous faudroit.
d'une légèreté, d'une mesure et d'une chargée parfois, mais d'une fantaisie
délicatesse de touche et d'expression pittoresque et digne de Molière,
inimitable?. Boileau insiste trop sur de 1. Termes de théologie : hyposlase,
menus détails, sur des longueurs qui substance ; synderèse, remords de con-
■donnent à sou œuvre le ton d'une ex- science.
position monotone bien plus que d'une 2. En faisant la révérence. — Ces
causerie. Mais aucun d'eux n'a la verve quatre vers sont une peinture fort ex-
et le reUef puissant de Régnier : sa pressive du personnage,
satire est une vraie comédie, nn peu 3. Me blottissant.
348 LA POESIE DE LxV KENAISSANCE.
Il vous aymc si fort! Aussi pourquoy, ma fille.
Ne vous aimcroit-il? vous estes si gentille,
Si mignonne et si belle, et d'un regard si doux.
Que la beauté plus grande est laide auprès de a'ous.
Mais tout ne respond pas au traict de ce visage
Plus vermeil qu'une rose et plus beau qu'un rivage.
Vous devriez, estant belle, avoir de beaux habits,
Esclater de satin, de perles, de rubis.
Le grand regret que j'ay ! non pas, à Dieu ne plaise.
Que j'en ay' de vous voir belle et bien à vostre aise;
Mais, pour moy, je voudrois que vous eussiez au moins-
Ce qui peut en amour satisfaire à vos soins :
Que cecy fust de soye et non pas d'estaniine '.
Ma foy, les beaux habits servent bien à la mine.
On a beau s'ageancer et faire les doux yeux.
Quand on est bien paré, on en est toujours mieux ;
Mais, sans avoir du bien, que sert la renommée-.^
C'est une vanité confusément semée
Dans l'esprit des humains, un mal d'oijinion.
Un faux germe avorté dans nostre allection.
Ces vieux contes d'honneur dont on repaist les dames
Ne sont que des appas pour les débiles âmes.
Qui, sans choix de raison, ont le cerveau perclus.
L'honneur est un vieux sainct que l'on ne chomme plus ''.
Il ne sert plus de rien, sinon d'un peu d'excuse.
Et de sot entretien pour ceux là qu'on amuse
C'est pourquoy, desguisant les bouillons de mon ame. D'un long habit de cendre enveloppant ma flame. Je cache mon dessein, aux plaisirs adonné. Le péché que l'on cache est demi pardonné. La faute seuUement ne gist en la delfence : Le scandale, l'oi^probrc est cause del'oilence; Pourveu qu'on ne le sçache, il n'importe comment : Qui peut dire que non ne pèche nullement''.
1. Etoffe d'uu tissa très léger. ilais les gens comme nous brûlent d'un