‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 210 sur 215 · Cf. la locution populaire : pour · texte numérisé non relu

Cf. la locution populaire : pour

, . I églises.

leurs beaux yeux.

MATIIURIX REGNIER. 351

Et traisncr sans confort, triste et désespérée, Une pauvre vieillesse, et tousjours altérée. »

(Satire xiii.)

Sur lui-même.

Ouy, j'escry rarement, et nie plais de le faire; Non pas que la paresse eu nioy soit ordinaire; Mais si tost que je prens la plume à ce dessein, Je croY prendre en galère une rame en la main; Je sens, au second vers que la Muse me dicte, Que contre sa fureur ma raison se despite.

Or, si par fois j'escrv, suivant mon ascendant ', Je vous jure, encor est-ce à mon corps delTendant. L'astre qui de naissance à la Muse me lie Me fait rompre la teste après ceste folie. Que je recognois bien; mais jîourtant, malgré moy. Il faut que mon humeur fasse joug à sa loy ; Que je demande en moi ce que je me desnie : De mon àme et du Ciel eslrange tyrannie! Et, qui pis est, ce mal, qui m'afllige au mourir-, S'obstine aux recipez et ne se veut guarir : Plus on drogue ce mal, et tant plus il s'empire; Il n'est point d'ellébore assez en Anticire ^; Revesche à mes raisons, il se rend plus mutin. Et ma philosophie y perd tout son latin. Or, pour estre incurable, il n'est pas nécessaire. Patient en mon mal, que je m'y doive plaire; Au contraire, il m'en fasche et m'en desplait si fort. Que durant mon accez je voudrois estre mort

Encor, si le transport dont mon ame est saisie Avoit quelque respect durant ma frénésie ; Qu'il se reglast selon les lieux moins importans. Ou qu'il fist choix des jours, des hommes ou du temps. Et que, lors que l'iiyvcr me renferme en la chambre. Aux jours les plus glacez de l'engourdy novembre,

1. Obéissant à mon inspiration. Tribus Anticyris caput insanabile.

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