‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 211 sur 215 · L ellébore de 1 lie dAnticyre était, , ., j · texte numérisé non relu

L ellébore de 1 lie dAnticyre était, , ., j

. , . lebore ne trois Anticyres. »

croyait-on, un lemede souverain pour

guérir la folie. Cf. Hoi'.ack :

Apollon m'obsedast: j'aurois en mon malheur Quelque contenlement à flatter ma douleur.

Mais aux jours les plus beaux de la saison nouvelle, Que Zephyre en ses rets surprend Flore la belle; Que dans l'air les oyseaux, les poissons en la mer, Se pleignent doucement du mal qui vient d'aymer; Ou bien lors que Cérès de fourment se couronne. Ou que Bacchus souspire, amoureux de Pomonc, Ou lors que le satîran, la dernière des fleurs', Dore le Scorpion de ses belles couleurs; C'est alors que la verve insolemment m'outrage. Que la raison forcée obeyt à la rage.

Et que, sans nul respect des hommes ou du lieu. Il faut que j'obéisse aux fureurs de ce Dieu : Comme en ces derniers jours, les plus beaux de l'année, Que Cybelle est partout de fruicts environnée-. Que le paysant recueille, emplissant à milliers Greniers, granges, chartis, et caves el celliers, Et c|ue Junon, riant d'une douce influence.

Rend son œil favorable aux champs qu'on ensemence

Comme im hibou qui fuit la lumière et le jour, Je me lève, et m'en vay dans le plus creux séjour Que Royaumont-* recelle en ses foresls secreltes. Des renards et des loups les ombreuses retraittes; Et là, malgré mes dents, rongeant'' et ravassant. Polissant les nouveaux, les vieux rapetassant. Je fay des Aers, qu'encor qu'Apollon les advoue, Dedans la Cour, peut estre, on leur fera la moue; Ou s'ils sont, à leur gré, bien faicts et bien polis, J'auray pour recompense : « Ils sont vrayment jolis. » Mais moy, qui ne me reigle aux jugemens des hommes; Qui dedans et dehors cognois ce c[ue nous sommes; Comme"', le plus souvent, ceux qui sçavent le moins Sont témérairement et juges et tesmoins.

1. Le safran fleurit en autonme, au avec l'abbé, aimait beaucoup ce séjour, moment où la terre passe sous le sigue où il fut inhumé.

imaginaire du Scorpion. 4. Cf. Horace, Sut., I, x, v. 71 :

2. En automne, par conséquent. — Cyhiile df->igne la terre nourricière.

3. Royuutmml, abbaye île l'ordre de « Il se rongerait les ongles jusqu'au

Vivos et roderet ungues.

Citeau.x, fondé, eji 12. ;o par Louis IX, vif. »

et située près de Beauvais. Régnier, lié 5. Combien.

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l'our blasme, ou pour louange, ou pour froide parole, Je ne fay de léger banqueroute à lescolle Du bon homme Empedocle, où son discours m'apprend Qu'en ce monde il n'est rien d'admirable et de grand Que l'esprit desdaignant une chose bien grande.

Et qui, roy de soy-mesme, à soy-mesnie commande

(Satire xv.)

Sonnet.

Sur la mort de monsieur Passerat'.

l'asserat, le séjour et l'honneur des Charités-,

Les délices du Pinde et son cher ornement.

Qui, loing du monde ingrat que bienheureux tu quittes,

Comme un autre Apollon reluis au firmament,

Afin que mon devoir s'honore en tes mérites. Et mon nom par le tien vive éternellement. Que dans l'éternité ces paroles escrites Servent à nos neveux comme d'un testament :

<( Passerai fut un Dieu soubs humaine semblance. Qui vit naistre et mourir les Muses en la France, Qui de ses doux accords leurs chansons anima.

« Dans le champ de ses vers fut leur gloire semée; Et, comme un mesme sort leur fortune enferma. Ils ont. à vie égallc, égalle renommée-'. >>

Stances'.

Quand sur moy je jette les yeux, A trente ans me voyant tout vieux.

1. Jean Passerat (1534-1602), pro- Eégnier eut pourtant des heures de fesseur au Collège du PlessU, puis au puissant recueillement et de retour sur Collège Royal, a laissé des travaux d'éro- lui-même. Bien que ces vers fassent dition, des poésies latines et françaises, partie des pièces ajoutées à l'édition Il fut l'un des poètes qui collaborèrent de 1652, et dont l'authenticité est conà la ,Hutiie Mtnipjite (1593). testée, nous les donnons cependant,

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