Ce que. Seignenries leur sont raines
Clerc ue maistreue s'y appelle.,
Enyvré de cent maux divers, Je chancelle et vais de travers.
Tant mon âme en regorge pleine :
J'en ay l'esprit tout hebesté.
Et si peu qui m'en est resté.
Encor me fait-il de la peine.
La mémoire du temps passé, Que j'ay folement dépensé, Espand du fîel en ines ulcères :
Si peu que j'ay de jugement Semble animer mon sentiment, Me rendant plus vif aux misères.
Ha! pitoyable souvenir!
Enfin, que dois-je devenir?
Où se réduira ma constance ?
Estant jà défailly de cœur.
Qui me don'ra de la vigueur Pour durer en la pénitence.''
Qu'est-ce de moy.' foible est ma main; Mon courage, hélas! est humain; Je ne suis de fer ny de pierre.
En mes maux moulrc-toy plus doux.
Seigneur; aux traits de ton courroux.
Je suis plus fragile que verre.
Je ne suis à tes yeux, sinon Qu'un fétu sans force et sans nom, Qu'un hibou qui n'ose paroistre.
Qu'un fantôme ici-bas errant.
Qu'une orde escume de torrent.
Qui semble fondre avant que naistre' :
Où toy-, tu peux faire trembler L'univers, et désassembler
1. On seut ici, comme en phisiem-s teiiti': de croire que Théophile VrAUD
antres passages de cette pièce, les n'est pas étranger à ces vers,
traces d'un goût moins sobre que le 2. Toi, au contraire.... goût habituel de Régnier : on serait
Du firmament le riche ouvrage, Tarir les flots audacieux, Ou, les eslevant jusqu'aux cieux.
Faire de la terre un naufrage.
Le soleil fléchit devant toy ; De toy les astres prennent loy :
Tout fait joug dessous ta parole ; Et cependant tu vas dardant Dessus moy ton courroux ardent, Qui ne suis qu'un bourrier qui vole.
Mais quov! si je suis imparfait.
Pour me défaire m"as-tu fait?
Ne sois aux pécheurs si sévère :
Je suis homme, et toy Dieu clémonl.
Sois donc plus doux au châtiment.
Et punis les tiens comme i^ère.
J'ai l'œil scellé d'un sceau de fer; Et desjà les portes d'enfer Semblent s'entr'ouvrir pour me prendre; Mais encore, par ta bonté.
Si tu m'as osté la santé, O Seigneur! tu me la peux rendre.
Le tronc de branches devestu.
Par une secrète vertu Se rendant fertile en sa perle.
De rejetons espère un jour Ombrager les lieux d'alentour.
Reprenant sa perruque' verte.
Où l'homme"^ en la fosse couché.
Après que la mort l'a touché, Le cœur est mort comme l'écorce ; Encor, l'eau reverdit le bois; Mais l'homme étant mort une fois, Les pleurs, pour luy, n'ont plus de force.
(Œuvres posthumes.