‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 36 sur 215 · Pour avoir mangé · texte numérisé non relu

Pour avoir mangé

L'embonpoint.

Dieu te doint Santé bonne, Ma miijnonne.

{Epitres.)

Papillon'

Me pourmenant dedans le parc des Muses, Prince, sans qui elles seroient confuses. Je rencontrai sur un pré abattu Ton papillon-, sans force ne vertu :

Je l'ai trouvé encor avec ses aisles, Mais sans voiler, comme s'il fust sans elles. Luy qui, tendant à son Roy consoler •^ Pour ton plaisir souloit si bien voiler, Qui surpassoit le vol des alouettes.

Roy des François, c'est l'un de tes poètes.

Papillon peinct de toutes les covdeurs

De poésie, et d'autant de douleurs :

L'autr'bier '' le vy aussi sec, aussi palle

Comme sont ceux qu'au sépulcre on devalle.

Lors de la couche où il estoit gisant,

Je m'appi-ochay, en amy lui disant

Ce que j'ai peu pour lui donner courage

De brièvement cschaijper cest orage :

Et luy offrant tout ce que Dieu a mis

En mon pouvoir pour ayder mes amis.

Dont il est l'un, tant pour l'amour du style

Et du sçavoir de sa muse gentile.

Que pour autant^ qu'en sa plume, en santé,

A la louenge il a tousjours chanté.

M'ayant ouy, un bien peu séjourna :

Puis l'œil lerny, triste, Aers nioy tourna,

1. Papillon , valet de chambre de 2. Il y a ici un jeu do mots auquel

François I'"'^ et page de "Marguerite de prête le nom de Papillon.

Valois ; il fut fait prisonnier à Pavie. 3. Lui qui ne désirait que plah-e au

Il était malade au moment où Marot roi.

éci-ivit au roi cette épitre, pour le lui 4. L'autre jour, je le vis...

recommander. 5. Pour ce motif que sa plume, lors-

qu'il se portait bien.

Sa seiche main dedans la mienne a mise.

Et d'une voix fort débile et soubmise

M'a respondu : Glier amy csprouvé,

Le plus grand mal qu'en mes maulx j'ay trouvé,

C'est un désir, qui sans tin m'importune,

D'escrire au Roy la fascheuse fortune

Qui en ce poinct malade m'a rendu;

Mais je ne puis : car il m'est delTendu

Du' médecin, c|ui à ma plume ordonne

Un long repos, qui long travail me donne.

— Amy très cher, ce lui réponds-je alors, De c[uoy te plains? jette ce soing dehors; Car sans ta peine adviendra ton désir, Si oncqucs ^luse à l'autre^ feit plaisir. Certes la tienne est du Roy escoutée : Mais de luy n'est la nostre reboutée-^ Courage donc, Marot s'enhardira D'escrire au Roy, et ton cas lui dira. Que pleust à Dieu que ton mal si pei'vers Se peust guérir par rimes et par vers. Ou qu'en moy fust tout ce qui est duisant ' A divertir cela qui t'est nuisant !

Ces mots finis, plus de cent et cent foys Me merci a. Lors de là je m'en voys Au mont Parnasse escrire ceste lettre.

Pour tcsmoingnage à ta bonté transmettx-e Que Papillon teuoit en main la plume.

Et de tes faicts laisoit un iîeau volume. Quand maladie extrême lui a faict Son œuvre cmpris demeurer imparfaict, Et puis l'ouvi icr a mis en tel decours Qu'il a besoing de ton royal secours.

C'est tout cela cjue mon escript désire Te faire entendre : ayant ccst espoir, Sire, Que ne diras en moy prcsumption.

Quand de mon cucui s;.auras l'intention,

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