Se séparera. 5. sans un sou : les pièces de mon
4. Frère Lubin, nom donné aux naie portaient une croix sur leur face.
Prière pour une Malade.
Dieu qui voulus le plus haut ciel laisser. Et ta hautesse en la terre abaisser.
Là où santé donnas à maints et maintes; Vueilles ouïr, de toutes mes complaintes, Une sans plus : vueilles donner santé A celle-là par qui suis tourmenté.
Ta sainte voix en l'Evangile crie, Que tout vivant pour ses ennemis prie : Guéris donc celle, ô médecin parfait.
Qui m'est contraire et malade me fait.
Hélas ! Seigneur, il semble, tant est belle. Que plaisir prins à la composer telle ; Ne souffre pas advenir cest outrage.
Que maladie efface ton ouvrage ' .
[Chants.)
Au bon vieux temps !
Au bon vieulx temps vm train d'Amour regnoit. Qui sans grand art et dons se denienoit, Si- c[u'un bouquet donné d'amour profonde C'estoit donner toute la Terre ronde :
Car seulement au cueur on se prenoit.
Et si par cas à jouyr ou'venoit, Sçavez-vous bien comme on s'entretenoit^ : Vingt ans, trente ans : cela duroit un Monde Au bon vieulx temps.
Or est perdu ce qu'amour ordonnoit, Rien que pleurs fainctz, rien que changes' on n'oyt.
1 . Il y a daus cette élégie un senti- 2. En sorte que. meut tendre et discret, voilé de mélan- 3. Comme on gardait sa foi. colie : c'est la note la plus élevée que 4. laoonstaucjs. Marot puisse atteindre, et il faut avouer qu'elle laisse peu de chose à désirer.
CLEMENT :\IAROT. 47
Qui vouldra donc qu'à avmer je me fonde, 11 fault premier, que l'amour on refonde. Et qu'on la mené ainsi qu'on la menoit Au bon vieulx temps ' .
{Rondeaux.)
A un Créancier.
Ung bien petit de près^ me venez prendre. Pour vous paver : et si devez entendre Que je n'euz oncq Angloys de votre taille'^ : Car à tous coups vous crvez : baille, baille. Et n'ay dequoy contre vous me delTendre. Sur moy ne fault telle rigueur estendre. Car de pecune ung peu ma bourse est tendre, Et toutesfois, j'en ay, vaille que vaille, Ung bien petit.
?>Iais à vous veoir (ou l'on me puisse pendre^). Il semble ad vis qu'on ne vous vueille rendre Ce qu'on vous doibt : beau sire, ne vous chaille^. Quand je seray plus garny de cliquaille. Vous en aurez : mais il vous fault attendre Ung bien petit.
(Rondeaux.)
De l'Abbé et de son valets
Monsieur l'abbé, et monsieur son valet Sont faicts égaulx tous deux comme de cire : L'ung est grand fol, l'autre petit follet; L'ung veult railler, l'aullre gaudyr et rire; Lung boit du bon, l'aultre ne boit du pire : Mais ung débat au soir entre eulx s'esmeut,
1. Les grâces encore fraiclies de cette ciers qui pouvaient fondre sur le débipetite pièce fout songer à quelque ai- teur à l'improviste. Voy. Sauval^ Anraable et caressante poésie d'Alfred de tiquités de Paris, t. I, p. 115. Musset. -t. Dussé-je être pendu.