Vos exemplaria Grœcii 2. Menues choses agréables uu goût
Nocturua versate manu, versate 3. Luth.
[diurna. 4. Ce sont là les premiers vers de
(Horace, Art poét., 38.) certaines pièces du temps.
« Feuilletez jour et nuit les livres grecs.... »
tient lu premier lieu entre les Satyriques. Sonne-moy ces Ixaux Sonnetz, non moins docte que plaisante invention Italienne, conforme de nom à l'Ode, et différente d'elle seulement, pource que le Sonnet a certains vers reiglez et limitez : et l'Ode peut courir par toutes manières de vers librement, voire en inventer à plaisir, à l'exemple d'Horace qui a chanté dix-neuf sortes de vers, comme disent les Grammairiens. Pour le Sonnet donc tu as Pétrarque et quelques modernes Italiens. Chantc-moy d'une musette bien résonnante, et d'une fluste bien jointe, ces plaisantes Eclogues Rustiques à l'exemple de Théocrit et de Virgile; ^Marines, à l'exemple de
Sennazar, Gentilhomme Neapolitain Quant aux Comédies et
Tragédies, si les Roys et les Républiques les vouloient restituer en leur ancienne dignité, qu'ont usurpée les Farces et Moralitez, je seroy' bien d'opinion que tu t'y employasses, et si tu le veux faire pour rorncment de ta langue, tu scays où tu en doibs trouver les Archétypes.
(Déf. et Illuitr. de la Lang. fr., liv. II, ch. iv.)
L'intérêt de ce passage est considérable : il annonce, en somme, le désir très vif, qu'ont eu les poètes de la Pléiade, d'aborder les grands gpnrps cultivés par l'antiquité, au lieu de^s genres secondaires traités par les nnti-iirs du \i\a- et du Xi:l-siàclê,s. Ils remplaceront ainsi le roman par l'épopée, la ballade ou le chant royal par l'ode, la lettre familière par répitre, le coq-à-Vànc de Marot par la satire. Enfin, comme il ne faut pas oublier que l'italianisme a été la condition même de notre Renaissance, ils ajouteront à cette liste le sonnet, qui est d'invention italienne, et que Burckhardt appelle avec raison un « précieux condensateur de l'émotion lyrique ». Les partisans de Marot eurent beau protester et crier, comme Barthélémy Aneau' dans le Qulntil Horatian , que c'était désigner des genres anciens et connus par des noms nouveaux, empruntés eux-mêmes, du reste, à l'antiquité gréco-romaine ; il n'en est pas moins évident que cette théorie de la Pléiade devait aboutir au relèvement de genres connus déjà, mais maintenus trop bas par les poètes antérieurs. Ainsi, aux formes étroites et compliquées, honorées par le moyen âge, âlTâîènt succéder les formes antiques, larges, simples et harmonieuses, qui, en ^vêtant une beauté supérieure, devaient donner à la poésie uné^ure efune tournure plus arislocra^iyxesT