La rosée
« Et nous, ayans mémoire « Du renom de sa gloire, « Luy ferons, comme à Pan', i< Honneur chaque an. »
Ainsi dira la troupe, Versant de mainte coupe Le sang d'un agnelet, Avec du lait.
Dessus moy. qui à l'heure - Seray par la demeure Où les heureux esprits Ont leur pourpris.
(Odes.)
Jeunesse de cœur.
l'ourlant si j'ay le chef plus blanc Que n'est d'un lys la fleur esclose.
Et toy le visage plus franc Que n'est le bouton d'une rose,
Pour cela moquer il ne faut Ma teste de neige couverte :
Si j'ai la teste blanche en haut.
L'autre partie est assez verte-'.
jNe sçais-tu pas toy qui me fuis. Que pour bien faire une couronne Ou quelque beau bouquet, d'un lis Tousjours la rose on environne''.^
(Odes.)
1. Pan, le dieu champêtre d'Arcadie ; Cependant j'ai quelques charmes
il avait les jambes velues et les oreilles Qui sont assez éclatants,
d'un bouc, comme les Satyres. Pour n'avoir pas trop d'alarmes
'2. A ce moment. De ces ravages du temps.
3. Ce passage rappelle quelque peu (l'oésies diverses, LVIII.)
les stances de Corneille à Jl"i: du Parc. ^ „ ^^ ., ,.. -x. ,,. i
,> , i- ,• , 4. 1, 4. Cette pièce est imitée dAnacreon. — Uapprocher en particulier la strophe
suivante :
La joie de vivre.
Nous ne tenons en nostre main Le joui" qui suit le lendemain :
La vie n'a pas d'asseurance.
Et pendant que nous désirons La faveur des roys, nous mourons Au milieu de nostre espérance.
L'homme après son dernier trespas
Plus ne boit ne mange là bas,
Et sa grange qu'il a laissée
Pleine de blé devant ' sa fin
Et sa cave pleine de vin
Ne luy viennent plus en pensée.
Hél quel gain apporte l'esmoy?
Va, Corydon, appreste-moy Un lict de roses espanchées :
Il me plaist, pour me defascher.
A la renverse me coucher Entre les posts et les jonchées.
Fay-moy venir Daurat^ icy, Fay-y venir Jodelle^ aussi, Et toute la Musine troupe :
Depuis le soir jusqu'au matin Je veux leur donner un festin.
Et cent fois leur tendre la coupe.
Verse donc et reverse encor Dedans ceste grand' coupe d'or :
Je vay boire à Henry Estienne ', Qui des enfers nous a rendu Du vieil Anacréon perdu
La douce lyre Teienne-'
(Odes.)
1. Avant la fin de sa vie. gédie intitulée Didoii se sacrifiant, et
2. Jean Daurat, principal du collège une comédie, Eugène ou la Rencoiitie. de Coqueret, initia Honsard à liutelli- 4. Hexhy Estienne, célèbre imprigeuce des œuvres antiques. meur et érudit français, donna le pre-
3. JoDEi.LE ( lft32-1573 ) , l'un des mier une édition d'Anacréon, eu 1554 poètes de la Pléiade ; il dut sa renom- (111-4°, grec-latin).
mée à ses essais dramatiques. Sa Cleo- 5. Anacréox, poète lyrique grec, né pâtre captive (1552) est la première tra- à Téos, en lonie, vers 56U av. notre ère. gédie régulière ; ou cite encore la tra-
Ode à Calliope'.
Descends du ciel, Calliope, et repousse Tous les ennuis de nioy ton nourrison, Soit par ton luth, ou soit par ta voix douce, Et mes soucis charme de ta chanson.
Par toy je respire.
Par toy je désire Plus que je ne puis :
C'est toy, ma princesse.
Qui me fait sans cesse Fol comme je suis.
Heureux celui que ta folie^ affole Heureux qui peut par tes traces errer : Celuy-là doit, dune docte parole, Hors du tombeau tout vif se déterrer.
Pour t'avoir servie.
Tu as de ma vie Honoré le train -^ :
Suivant ton escole.
Ta douce parole M'eschauffe le sein.
Dieu est en nous, et par nous fait iniracles :
D'accords mêlez s'esgaye l'univers :
Jadis en vers se rendoient les oracles.
Et des hauts Dieux les hymnes sont en vers.
Si dès mon enfance Le premier en France J'ay pindarisé.
De telle entreprise Heureusement prise Je me vois prisé.
1. Calliope, l'une des neuf Muses, pri-- « Descnds du cie!, Calliope, reiue des sidait :i la poésie épique. Muses, et prolonge les accords de ta
Desceude coelo, et die, âge, tibia,
Begina, lougum, Calliope, melos. f" ^! {".'.!"'' l'O-'t'I'^e-
(HoiiACE, Odes, III, IV.)
M. Lu poésie de la Renaissance.
flûte. »