‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 76 sur 215 · Un disciple de RousarJ, Eémy Navré je suis eu ceste sorte · texte numérisé non relu

Un disciple de RousarJ, Eémy Navré je suis eu ceste sorte

BzLLEAU, a également imité cette même D'un petit serpenteau, qui porte

pièce d'Anacréon. Xous citons cette Deux ailerons dessus le dos ;

imitation à titre de document : Aux champs une abeille on l'appelle :

Voyez donc ma playe cruelle,

Amour ne voyoït pas enclose t ... ,, ,,

„ r , , Las! il ma picque lusqu à 1 os. »

Entre les replis de la rose ,,. i- .. t^ . ,

~. ^ ,.,.,. « Mignon, dict Venus, si la pointe

ITne mouche a miel, qui soudain ^, . ■ • , 4. ,i 4.<. • i.

, . , . . , D une mouche a miel telle atteinte

En 1 un de ses doigts le vint poiudre : t, .^ ,. j- r •..

^ , , : , Droit au cœur, comme tu dis, fait.

Le miauou commence a se plaindre, r^ , ■ . ,

TT ^. ' Combien sont navres davantage

Ceux qui sout espoinds de ta rage, Et qui sout blessés de ton trait! »

Voyant enfler sa blanche main.

Aussi tost à Venus la belle,

Fuyant, il voile à tire d'aelle :

a Mère, dist il, c'est fait de moy, 2. Mercure passait pour avoir, le pre-

C'en est fait, et faut qu'à ceste heure mier, façonné une lyre avec une écaille

Navré jusques au cœur je meure, de tortue.

Si secouru ne suis de toy.

A cet enfant pour l'apprendre ; Mais luy, comme un faux garson.

Se moquoit de ma chanson.

Et ne la vouloit entendre.

« Pauvre sot, ce me dit-il, Tu te penses bien subtil !

Mais tu as la teste foie D'oser t'egaler à moy Qui jeune en sçay plus que toy.

Ni que ceux de ton escole. »

Et alors il me sourit.

Et en me flatant m'apprit Tous les œuvres de sa mère.

Il me dit tous ses attraits.

Tous ses jeux, et de quels traits Il blesse les fantaisies Et des hommes et des dieux ' Tous ses tourments gracieux.

Et toutes ses jalousies.

Et me les disant, alors J'oubliay tous les accors De ma lyre desdaignée.

Pour retenir en leur lieu L'autre chanson que ce dieu M'avoit par cœur enseignée-.

(Odes.)

La Rose.

A Cassaxdre.

Mignonne, allons voir si la rose '

Qui ce matin avoit desclose

Sa robe de pourpre au soleil,

A point perdu, cette vesprée.

Les plis de sa robe pourprée

Et son teint au vostre pareil.

1. Cf., dans Sophocle, Antigone, t'éviter ; et celui que tu tiens dérai- V. 785 et s., les vers où le cbœur célèbre sonne. »

la puissance de l'Amour : ic Xul, ni 2. Cette pièce fort gracieuse est imi- ])armi les immortels ni parmi les hommes tce de Bion, poète bucolique'' grec de qui ne vivent qu'un jour, nul ne peut Smyrne, qui vivait en Sicile, vers 290

avant J. C.

Las ! voyez comme en peu d'espace.

Mignonne, elle a dessus la place.

Las! las! ses beautez laissé cheoir!

O vrayment marastre Nature.

Puisqu'une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir!

Donc, si vous me croyez, mignonne, Tandis que vosti'e âge fleuronne' En sa plus verte nouveauté.

Cueillez, cueillez vostre jeunesse :

Comme à ceste fleur, la vieillesse Fera ternir vostre beauté.

(Odes.)

A Anthoine Chasteigner, abbé de Nantueil.

Ne s'effrayer de chose qui arrive 2,

Ne s'en fascher aussi, Rend l'homme heureux et fait encor qu'il vive

Sans peur ne sans souci.

Comme le temps, vont les choses mondaines

Suivans son mouvement; 11 est soudain, et les saisons soudaines

Font leur cours brèvement.

Dessus le Nil jadis fut la science,

Puis en Grèce elle alla; Rome depuis en eut l'expérience,

Paris maintenant l'a.

Villes et forts et royaumes périssent

Par le temps tout exprès.

Et donnent lieu^ aux nouveaux qui fleurissent

Pour remourir après

La mer n'est plus où elle souloit estre ;

Et aux lieux vuides d'eaux (Miracle estrangel) on la void soudain naistre

Hospital ' de bateaux.

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