Sorte de jeu de cartes. imposer leur loi par le fer
(Dont je suis bien mai-ry ) de m'avoir donné gage.
Je sers à qui Je veux, j'ay libre le courage.
Le roy, son frerc et niere, et les princes ont bien
Pouvoir de commander à mon luth Gynlhien.
Des autres je no suis ny valet ny esclave,
El, s'ils sont grands seigneurs, j'ay l'esprit haut et brave.
Tu dis que j'ay vescu maintenant escolier. Maintenant courtisan et maintenant guerrier, Et que plusieurs mesliers ont esbatu ma viei* Tu dis vray, predicant; mais je n'euz oncq' envie De me faire ministre ou comme toy, cafai"d, Vendre au peuple ignorant mes songes et mon fard. J'aimerois mieux ramer sur les ondes salées. Ou avoir du labeur les deux mains empoulées. Ainsi qu'un vigneron par les champs incogneu, Qu'estre d'un gentil-homme un pippcur devenu
Tu te mocques, aussy, de quoy ma poésie \e suit l'art misérable, ains va par fantaisie. Et de quoy ma fureur' sans ordre se suivant Esparpille ses vers comme fueilles au vent ; Ou comme au mois d'esté, ([uand Taire bien féconde Sent battre de Gérés la chevelure blonde. Et le vanneur my-nud, ayant beaucoup secoux Le blé, de ça. de là, dessus les deux genoux. Le tourne et le revire, et d'une^ plume espaisse Sépare les bourriers du sein de la déesse; Puis du dos et des bras ellorcés par-' l'ahan Fait sauter le froment bien haut dessus le van ; Lors les bourriers volans, comme poudre menue, Sans ordre ça et là se perdent en la nue. Et font sur le vanneur meint tour et meint retour; L'aire est blanche de poudre et les granges d'autour ' : Voilà comme tu dis que ma ^luse sans bride S'esgare respandue ou la fureur la guide.
Si tu avois les yeux aussi prompts et ouverts A desrober mon art qu'à desrober mes vers,