‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 95 sur 215 · Avec. emprunté ainsi à la langue des métiers · texte numérisé non relu

Avec. emprunté ainsi à la langue des métiers

4. On remarquera l'ample et pitto- excellente manière d'enrichir notre voresque comparaison coutenue dans les cabulaire d'une foulu d'expressions techdouze vers qui précédent; elle est d'un niques. (V. p. 73 du présent volume.;

Tu dirois que ma Muse est pleine d'artifice, El ma brusque vertu ne te sex'oit' un vice.

En l'art de poésie, un art il ne faut pas Tel qu'ont les predicans, qui suivent pas à pas Leur sermon sceu par cœur, ou tel qu'il faut en pi'ose, Où tousjours l'orateur suit le fil d'une chose.

Les poëtes gaillars ont artifice à part; Ils ont un art caché, cjui ne semble i^as art Aux versificateurs, d'aulant qull se promeine D'une libre contrainte où la Muse le meine.

As-tu point veu voler en la prime saison L'avette ciui de fleurs enrichit sa maison? Tantost le beau narcisse et tantost elle embrasse Le vermeil hyacinthe, et sans suivre une trasse Eri'e de pré en pré, de jardin en jardin, Portant un doux fardeau de mélisse ou de thin.

Ainsi le bon esprit c{ue la Muse espoinçonne. Porté de la fureur, sur Parnasse moissoime Les fleurs de toutes parts, errant de tous costez. En ce poinct- par les champs de Rome esloient iiortez Le damoiseau^ TlbuUe et ccluy qui fit dire Les chansons des Grégeois à sa romaine lyre''.' Tels ne furent jamais les versificateurs, Des Muses avortons, ny tous ces imposteurs. Dont l'ardente fureur d'Apollon n'a saisie L'àme d'une gentille et docte frenaisie. Tel bien ne se promet aux hommes vicieux. Mais aux hommes bien nés qui sont aimés des cieux.

Tu dis c[u'auparavant j'estois fort renommé Et cju'ores je ne suis de personne estimé. Penses-tu que ta secte embrasse tout le monde .^ Penses-tu que le ciel, l'air, et la terre et londc Se faschcnt contre moy pour fe voir en courrons.^ Tu te trompes beaucoup : Dieu est père de tous!

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