I. Comme le disent Ali, f^.p, et Neschri
sède les croyants dont les convictions ne se sont pas usées (on se rappelle les réflexions mélancoliques de La Bruyère sur l'influence deS voyages) au contact de civilisations et de religions difîerentes de la leur. Aussi la légende a-t-elle aimé à entourer la vie d'Osman de ces créations merveilleuses dont la Muse populaire est prodigue pour ses favoris.
La fille du scheik i Erdebali, Malkatoun (femme-trésor) , si souvent chantée par les poètes ottomans, avait inspiré à Osman une de ces passions dont la violence est énergiquement caractérisée par la poésie turque. Mais le docte et pieux scheik se défiait des sentiments d'Osman ou ne se souciait pas de donner sa fille à un prince qui la ferait sortir de l'existence modeste dans laquelle sa jeunesse s'était passée. Une manifestation céleste changea ses résolutions en lui montrant que d'Osman et de M alkotoun, figurée par la lune (la lune est pour les Orientaux le type de la beauté parfaite), devaient naître les vainqueurs des giaours.
Osman dormait chez le scheik qui lui avait donné l'hospitalité. Il rêva qu'il voyait s'élever