‹ La poésie des OttomansChapitre 12 sur 79 · I . Ascète contemplatif, prédicateur · texte numérisé non relu

I . Ascète contemplatif, prédicateur

LES EPOPEES NATIONALES. xi

du sein de Malkatoun la lune qui, grossissant à vue d'œil, devenait pleine et se perdait dans sa propre poitrine. Ensuite un arbre gigantesque sortait de ses reins et, pareil à une immense tente verdoyante, couvrait de ses innombrables rameaux la terre et les mers, les sommets da Caucase et de l'Atlas, les cimes du Taurus et de THémus *. De ses racines s'élançait le Nil africain, avec le Tigre et l'Euphrate asiatiques, avec le Danube européen, qui, chargés de navires, comme des mers, traversaient d'opulentes campagnes, retentissant du chant des rossignols, e des villes couronnées de dômes, d'obélisques, de pyramides, sur le sommet desquels le croissant resplendissait. Enfin un vent d'orage se mit à souffler, et les feuilles, pareilles à des lances de cimeterre, si l'on en croit Idris 2, se tournèrent vers les cités de l'univers et surtout vers la ville de Constantin, bâtie entre deux mers et deux continents, comme un diamant entre les saphirs et les émeraudes d'un anneau, dont le possesseur est destiné à être le maître du monde.

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