‹ La poésie des OttomansChapitre 13 sur 79 · Le Balkan · texte numérisé non relu

Le Balkan

2. Saadeddin, f. 9, qui raconte le songe en vers ; Ali, f. 9; Solakzadé, f. 3; Loufti, 11$; Djikannuma, p. 676) ne connaissent pas ce détail.

la LA POESIE DES OTTOMANS.

Osman allait mettre à son doigt cet anneau merveilleux lorsqu'il s'éveilla.

S'il avait pu hésiter sur le sens prophétique de ce rêve, un autre prodige lui aurait enlevé tous les doutes.

L'oiseau, en communiquant avec le monde supérieur, a été considéré partout comme un intermédiaire entre le ciel et la terre. Le vautour royal (houmaï) remplace dans la légende turque l'aigle, l'autour^ ou la colombe qui viennent ailleurs annoncer leur mission aux favoris du ciel. Ce vautour mythique ne se nourrit de la chair d'aucun être vivant, mais seulement des fibres saignantes d'animaux qu'il n'a pas tués; il rivalise avec le pélican par son amour maternel pour ses petits, qu'il couvre de son aile comme d'un bouclier quand quelque danger les menace. De là est née chez les Orientaux la conviction que le prince sur lequel plane l'oiseau houmaï sera la terreur des ennemis de son peuple, dont il dispersera les débris, tandis qu'il sera pour ses sujets un protecteur humain *et vigilant. Or un pieux derviche vit le vautour

I. J'ai montré quel est son rôle dans la Poésie populaire des Magyars {Revue des Deux Mondes du premier août 1870).

LES EPOPEES NATIONALES. 13

sacré planer sur la tête d'Osman et lui déclara que sa domination devait s'étendre sur l'Asie et sur l'Europe *.

Le phénomène prophétique, qu'il se produise dans le sommeil ou dans la veille, doit être considéré comme la manifestation du sentiment confus, que l'instinct de leur force et les passions religieuses donnent dans certains moments aux individus ainsi qu'aux peuples, comme il leur révèle dans d'autres circonstances, par de sinistres pressentiments, leur incurable impuissance à lutter contre les arrêts du destin. L'Islam poussait les Turcs contre l'empire byzantin, comme à une époque antérieure l'Odinisme guerrier avait lancé contre Rome les innombrables bandes germaniques. Plus d'une fois le pressentiment d'un avenir glorieux avait dû parler au cœur des chefs de la famille turque. Mahmoud le Ghaznévide n'avait pas inutilement contemplé, dans la poussière les dieux de l'Inde. AlpjVrslan, dont « la gloire, disait son épitaphe, s'éleva jusqu'aux astres », n'avait pas en vain placé son pied sanglant sur la tête d'un vaillant autocrate de Byzance, trahi par la fortune et couvert

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