I. Voy. Y Epopée asiatichCj dans VAntologia
brer la lutte des fils de Tour (le nom d*Afrasiab ne peut être pris que comme le nom d'une dynastie) contre la race aryenne. Comment les poëtes ottomans n'auraient-ils pas été tentés de raconter la suite d'une lutte qui semblait devoir se terminer à l'honneur de leur race } Dans le siècle de Mohammed II le Conquérant, les imaginations étaient assez excitées pour que les Ottomans fussent portés à croire que la race aryenne entière serait obligée de reconnaître leurs lois. Cette disposition était assurément favorable à la création d'une épopée. Sous Mourad II, Saïfi consacre une épopée aux exploits de ce prince. Monla Aarif en compose une autre en l'honneur d'Ahmed, prince de la famille Danischmend. Fakhari chante les Ottomans, dont les hauts faits excitaient déjà Padmiration des poëtes. Sous Mohammed II, Schehdi veut transformer l'histoire nationale en épopée. Au temps de Souleïman le Magnifique, l'âge d'or de la poésie ottomane, Soukri et Derouni célèbrent le règne de Sélim P""; Hayati, Aarif et Makreni, celui de Souleïman *. Même
I . Voy., pour les autres compositions du même genre, mon Histoire des Poëtes ottomans, dans la Rivista europea (Florence, février-mars 1877).
SOUS le règne d'Osman II, époque qui ressemblait si peu à celle de Mohammed II et de Souleïman I-^', la poésie, qui console les peuples comme les individus, essaye encore d'idéaliser le padischah. Nadiri compose deux mille distiques sur le régne du prince qui subit à Hotin un si grand désastre ^.
Mais en imitant Firdousi les poètes ottomans devaient s'approprier tout ce qui dans son immense poëme exige une inspiration moins élevée. En effet Firdousi, qui sommeille encore plus souvent que le bon Homère, a trop de goût pour la chronique versifiée. La poésie ottomane penchait trop fortement de ce côté pour n'y pas tomber promptement, et s'ils n'ont pas manqué de poètes pour célébrer les régnes et les époques les plus glorieux de leur histoire, les Ottomans ont
I. Le mesnévi, ainsi que le vers alexandrin français, est regardé, en tant que la forme la plus imposante de toutes, comme celle qui convient le mieux au genre épique et aux grands poëmes consacrés à quelque sujet historique ou à quelque thème d'une nature élevée. I>ans le mesnévi un hé* mistiche du vers doit rimer avec l'autre. La forme jouant un si grand rôle dans la poésie, il vaut beaucoup mieux, surtout quand elle diffère si complètement de la nôtre, en faire connaître l'esprit et les tendances que d'en donner des traductions.
prouvé qu'ils étaient impuissants à lutter avec cet Aboulkasim à qui un des grands hommes de la race turque, Mahmoud le Ghaznévide, avait, dit-on, donné le surnom de Paradisiaque (Firdousi).